lundi 26 mai 2008

Toute l’europe en émoi


Toute l’europe en émoi

«La Meuse» du lundi 19 juin 1996 page 15

La monstrueuse histoire belge fait la Une chez nos voisins français et britanniques Journaux et télévisions s'interrogent sur l'efficacité de notre système judiciaire

Que ce soit en France ou en Grande-Bretagne, la découverte des corps de Julie et Melissa ce week-end, plus d'un an après leur disparition, n'est pas restée inaperçue. En France, les trois chaînes principales ont ouvert leurs journaux parlés sur cet atroce fait-divers belges.

C'est sur TFl que le développement des récentes informations sur l'affaire a été le plus complet: rappel de l'affaire en cours et de la progression de l'enquête,le tout sur fond d'images du corbillard emmenant les corps des deux petites victimes...

Sentiment d'indignation et de colère

En France, que ce soit à la télévision ou dans la presse écrite, tous s'accrochent à l'espoir que les deux adolescentes, An et Eefje, disparues en août 1995 à Ostende n'ont pas connu le même sort.


Mais si le sentiment d'indignation et de colère est vif chez nos voisins d'outre-Quiévrain, leur interrogation est tout aussi prononcée : quelle est l'efficacité du système judiciaire belge ?

Marc Dutroux avait déjà été condamné pour kidnappings et viols de gamines en 1989. Trois ans plus tard, il retrouvait sa liberté, sans suivi psychologique.
« Comment cela est-il possible ? », s'indigne l'Hexagone qui connaît le système des peines incompressibles pour crimes contre les enfants.


Le Figaro entend également se pencher sur la question dans son édition de lundi.


Pourtant en France, il n'est pas rare non plus que des condamnés à 18 ou 30 ans de prison pour viol ou pédophilie ne purgent pas leur peine dans sa totalité et se voient libérés bien avant le terme qui leur avait été imposé.


En Belgique, des pétitions circulent déjà pour demander la révision du Code pénal. 4.000 signatures auraient déjà été récoltées à Bertrix, la localité de la petite Laetitia...

France Soir, dans son édition de lundi,devait consacrer trois pleines pages à cette monstrueuse histoire belge. Les Français s'interrogent également sur l'ampleur que prend la pédophilie par tout en Europe. De plus, les cas de récidive sont fréquents, de quoi interpeller l'opinion sur le phénomène qui a pris d'énormes proportions depuis la disparition des deux fillettes de Grâce-Hollogne.

La Grande-Bretagne se souvient

Outre-Manche, la presse suit de près l'actualité belge concernant l'affaire. Il est vrai que les faits de ce week-end ne vont pas sans rappeler la « maison de l'horreur» de Gloucester.


Les époux West avaient séquestré et martyrisé des jeunes filles avant de s'en débarrasser en dépeçant les corps pour les enfouir dans d'innombrables recoins de leur propriété.

Un scénario qui comporte des similarités avec l'horrible procédé utilisé par Marc Dutroux. Voilà pourquoi les quotidiens londoniens de ce lundi, comme le Daily Telegraph ou le Daily Express, n'hésitent pas à accorder de nombreuses colonnes à l'enquête et à ses débouchés macabres.

S.D.

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Fantasmes sexuels et meurtriers dans la maison de l’horreur

«La Meuse» du lundi 19 août 1996 page 15

C’est le 25 février 1994 que l'on découvrait le premier cadavre d'une longue série dans une maison sise dans une rue ordinaire d'une petite ville anglaise.
Le numéro 25 de la Cromwell Street devenait alors l'endroit le plus maudit de Grande-Bretagne.

Depuis Jack L'Éventreur, aucun criminel n'a pris autant d'ampleur dans les tabloïds londoniens.
Désormais un nouveau tueur en série, dénommé Frederik West, est entré dans l'histoire des meurtriers les plus sanglants.
Il est aujourd'hui encore difficile de se prononcer sur le nombre exact de jeunes filles qui ont perdu la vie dans les murs de cette maison.

Toutefois, selon les estimations des enquêteurs, une vingtaine de meurtres auraient été commis sur une période de 25 ans. Beaucoup s'accordent à penser que les premiers assassinats perpétrés par Frederik West ont débuté peu après la mort de sa mère.

Daisy Hannah West adorait ses trois fils et particulièrement l'aîné, Frederik. Lorsqu'elle meurt en 6 février 1966, « Freddie » a 27 ans. A cette époque, il vivait avec sa femme Catherine Rena Costello, qu"il avait épousée en 1962. Cette femme aurait été une prostituée qui aimait à recevoir ses clients sous le toit de son mari. Ce dernier se plaisait d"ailleurs à assister aux ébats de son épouse.

En 1969, Rena disparaît mystérieusement. On estime aujourd'hui qu'elle fut La première victime du monstre de Cromwell Street.
La même année, West rencontre une jeune fille de 15 ans, Rose mary Letts. Elle se soumet rapidement aux fantasmes de Frederik West. Une fille naît de cette relation en 1970, Heather West.
Son corps sera le premier a être formellement identifié par la police parmi des dizaines de restes découverts dans la villa de Gloucester. Elle avait disparu en 1987. Lors de son inculpation, West a 52 ans et exerce le métier de maçon.
Pendant de longues années pourtant, il touche à de nombreux petits boulots qui lui permettent de repérer ses victimes: il est tour à tour marchand de glaces, routier et chauffeur-livreur.

Dans les années septante, le 25 de Cromwell Street devient le «Bedand Brekfast» le moins cher de la région, le plus meurtrier aussi.
Parmi les jeunes filles qui ont logé chez les époux West et qui ont échappe au pire, certaines évoquent aujourd'hui les jeux pervers qui leur étaient proposés par les West.

Pendant plus de vingt ans, les époux West commettent les actes les plus horribles qui soient. Puisant leurs victimes parmi les locataires qui pensaient trouver gîte et couvert a bon prix, mais aussi parmi leurs propres enfants.

Ils s'adonnaient à des orgies de sexe qui finissaient dans le sang. Les cadavres étaient dépecés, puis répartis dans les bâtiments de la maison.


Pendant vingt ans, Frederik lest ne cessera d'agrandir les murs de sa bâtisse afin de mieux dissimuler les corps de ses victimes. Ces corps ont été exhumés du dallage du jardin, du sol de la salle de bains et d'autres dans de multiples recoins des fondations de la cave.

Pendant deux décennies, les West accomplissent leurs horreurs sans inquiéter le voisinage ou les autorités.
C'est au début des années 1980 que le pot aux roses va être découvert. En 1991, Rosemary West tente de se suicider. Dés lors, les services sociaux vont commencer â s'occuper de la famille.
En 1993, les deux époux diaboliques sont d'ailleurs suivis psychologiquement pour dépression. Mais l'étau se resserre en 1994 lorsque des rumeurs commencent à circuler concernant les circonstances de la disparition de Heather West, la première fille du couple.

Le 23 février 1994, des magistrats ordonnent une perquisition dans le jardin. Deux jours plus tard, les West sont arrêtés. Inculpé d'abord pour l'assassinat de sa propre fille, Frederik West nie, rapidement, la liste des victimes s'allonge et le monstre de Gloucester se fait emprisonner. Lors de sa détention, il se pend dans sa cellule.

Sa femme, Rosemary West, veuve et présumée complice de l'assassin, est seule à comparaître devant la cour d'assises de Winchester qui la condamne à la prison à perpétuité...


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La liste de l’horreur

Marc Dutroux allonge la liste ces tueurs en série, auteurs d'enlèvement et de viols de mineurs.

1980: aux Etats-Unis, John Gacy est condamné à mort à Chicago pour les meurtres avoués de 33 jeunes garçons.

1982: aux Etats-Unis, William Bonin, 34 ans, surnommé « Le tueur de l'autoroute », est condamné à mort à Los Angeles pour le meurtre de 10 adolescents. Entre 1972 et 1980, 44 corps avaient été découverts le long des autoroutes, affreusement mutilés.

Février 1982: aux Etats Unis, Wayne Williams, 23 ans, condamné à la prison à vie, est reconnu coupable du meurtre de deux enfants, après une série de 28 assassinats de jeunes gens noirs survenus à Atlanta.

Janvier 1989: aux Etats Unis, Ted Bundy, 42 ans, condamné pour le meurtre de deux jeunes filles et d'une fillette, confesse, trois jours avant de passer sur la chaise électrique à Starke (Floride), une vingtaine d'assassinats de jeunes femmes.

Octobre 1989: en Suisse, Michel Peiry, 30 ans, surnommé le « Sadique de Romont »,avoue avoir violé, supplicié, puis immolé par le feu trois adolescents, alors que les enquêteurs le soupçonnent d'au moins une demi-douzaine de meurtres.

Février 1992: au Brésil, le « Vampire de Rio », Marcelo Costa de Andrade, 25 ans, avoue avoir assassiné 14 garçonnets pauvres de la banlieue de Rio de Janeiro entre avril et décembre 1991 après les avoir violés.

Octobre 1992: en Russie,l'« Ogre de Rostov », Andreï Tchikatilo, 56 ans, est condamné à mort par un tribunal russe pour 52 meurtres sexuels commis principalement sur des enfants et des adolescents entre 1978 et 1990.

Janvier 1994: en Afrique du Sud, l'« étrangleur de la gare », un instituteur de 29 ans, est soupçonné d'avoir sodomisé et étranglé 22 jeunes garçons entre 1986 et 1994. Norman Afzal Simons sera reconnu coupable d'un meurtre.

Mai 1994: en Grande-Bretagne, Robert Black, un chauffeur-livreur de 47 ans, est condamné à perpétuité pour le viol et le meurtre de trois fillettes de 5,10 et 11 ans. Le meurtrier purgeait déjà une peine de prison à vie pour le viol d'une petite fille de 6 ans.

Septembre 1995: au Canada, un comptable au chômage, Paul Bernardo, est condamné à la prison à vie pour viol, torture et assassinat d'adolescentes de 14 et 15 ans. Il avoue également avoir tué la soeur de Karla Homolka, son ex-épouse, et violé 14 jeunes femmes.

Novembre 1995: en Grande-Bretagne, Rosemary West, 42 ans, est condamnée à dix peines de prison à vie pour dix meurtres, et elle est soupçonnée de neuf autres. Dans la «Maison de l'horreur» à Gloucester, où les époux West ont sévi pendant plus de 20 ans, 10 cadavres ont été retrouvés dont les corps de leurs propres filles âgées de 8 et 16 ans


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DERNIERE MINUTE

Grâce-Hollogne: révolte et dégoût


Hier après-midi, lors de la conférence de presse donnée par les parents de Julie et Mélissa, de nombreuses personnes étaient venues, apporter leur soutien. Il n était pas rare d'entendre de te les réflexions: «Ce n'est pas possible de vivre dans des conditions pareilles. J'ai l'impression que le pays recule. »
Certains sont inquiets pour leurs enfants, et déplorent l'insécurité qui les menace: « Les enfants sont traumatises. On leur impose des tas d'interdits, et il faut tout le temps les surveiller. Ce n'est pas une vie, ni pour nous, ni pour eux. »

Enfin, l'incompréhension alimente la révolte:
«Travailler la nuit avec une grue n'est pas courant. Pourquoi les voisins n'ont-ils pas appelé la police? »
« Pourquoi prend-on tant de soin, pour évacuer Dutroux par hélicoptère, alors qu'on n'est même pas capable de protéger nos enfants ? »

Aux « dé» marche du palais

Priées en fin de journée de venir récupérer au palais de justice les quelques objets personnels de Julie et Mélissa, dont un noeud de cheveux et une boucle d'oreille, qui auraient servi a l'identification des corps, les mamans se sont rendues sur place. L'entrevue s'est très mal déroulée et les deux mères ont refusé de se faire accompagner par les inspecteurs de la BSR

Ferblatil: solidarité
Les ouvriers de la pause de nuit 22h-6h de la division Ferblatil Cockerill-Sambre à Tilleur ont observé, au cours de la nuit de samedi à dimanche,un arrêt de travail- en solidarité avec leur collègue
M. Russo, le papa de la petite Melissa, qui est occupe en tant qu'ouvrier au laminoir de l'usine. L'action a été suivie par l'ensemble des ouvriers, des employés et du personnel de maîtrise, en accord avec la direction et les syndicats.

Louis Michel
Le président du PRL,Louis Michel, a demandé, hier, la convocation d'urgence de la commission de la Justice de la Chambre.
Il souhaite en effet interpeller le ministre de la Justice sur les conditions d'octroi des libérations conditionnelles et les conditions effectives du suivi des bénéficiaires de telles mesures.
Le PRL entend par ailleurs réintroduire, sous forme de proposition de loi, les conditions de peines incompressibles à l'encontre d'individus condamnés pour des crimes contre des mineurs d'âge.

Marie-France Botte
Hier en début de soirée, Marie-France Botte, connue pour son action en faveur des enfants victimes de pédophiles,a réagi aux événements de ces derniers jours.
Elle se demande: « Combien d'enfants devront-ils s'ajouter sur une liste déjà trop longue, pour que la pédophilie, ce crime, soit sanctionnée avec la sévérité qui s'impose ? »


Elle fait remarquer que,selon certaines études, plus de 50% des agresseurs enfants récidivent dans les 48 heures suivant leur libération. Excellents dissimulateurs, les pédophiles sont, en effet, souvent libéré s pour «bonne conduite» (en prison, évidemment).
Le 27 août, les autorités belges seront représentées, à Stockholm, lors d'un premier sommet mondial contre les violences sexuelles à l'encontre des enfants.

Marie France Botte fait observer que « nos autorités y tiendront certainement un discours bien construit » alors qu'« en réalité, il n'existe aucune mesure, chez nous, adaptée à ce fléau ».

Elle demande à chaque, citoyen d'écrire à Opération Marie-France Botte afin de réclamer que, dans les plus brefs délais, des mesures concrètes soient prises et des budgets suffisants déployés pour être efficaces. L adresse: Avenue de la Jonction,
1060 Bruxelles.

Bertrix : des profiteurs odieux !
IL semble que ce samedi,dans Bertrix accablé par les nouvelles, de mystérieux démarcheurs aient fait du porte-à-porte, au nom d'un «comité de soutien» pour Julie et Melissa. Ils ont récolté de l'argent, sans toutefois délivrer le moindre reçu en échange.
Des responsables des ASBL Marc et Corine et Bertrix Initiatives déploraient ce genre d'agissements. Non sans raison: la collecte n'a pas duré bien longtemps avant que les démarcheurs disparaissent...

Entendu à Jupille
A Jupille dans la banlieue liégeoise, les visiteurs de la «Fête médiévale » de dimanche ne parlaient que de «ça», d'autant que la manifestation, programmée de longue date,se déroulait au profit de l'ASBL Marc et Corine.

Quelques «réflexions» épinglées ici et là: « Tu te rends compte, il aurait laissé les petites mourir de faim !» ...
« Je te le ferais pendre à un croc dle boucher, celui-là!» ...
« Un croc de boucher? Ce serait encore trop bon pour un type pareil...
»

De Clerck
Dans un communiqué diffuse à l'Agence belga, dimanche peu avant 18 heures, le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, se dit profondément choqué par les développements récents de l'enquête concernant les disparitions d'enfants.
« Ses premières pensées vont aux familles Russo et Lejeune qui, depuis près d une année, ont vécu un véritable calvaire dans l'incertitude du sort de leurs enfants.
Il leur adresse, au nom du gouvernement et en son nom personnel ses condoléances émues et les assure de sa profonde sympathie.
« Il partage le sentiment de révolte qui s'est manifesté dans la population, ces dernières heures, face aux situations d'horreur vécues par les jeunes victimes.
« Ses pensées vont aussi à Sabine et Laetitia, qui ont retrouvé la liberté après avoir vécu un véritable cauchemar.« Il encourage les forces de police et les magistrats chargés de l enquête a poursuivre es efforts entrepris pour faire toute la lumière sur les agissements des auteurs, en particulier pour retrouver An et Eefje et peut-être d'autres victimes.
Il conviendra demain d'analyser ces faits tragiques et d'en tirer toutes les conséquences politiques, de manière a mettre tout en œuvre pour éviter leur répétition », conclut le communiqué du ministre de la Justice.


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