lundi 26 mai 2008

Nous sommes tous en deuil


Nous sommes tous en deuil

«La Meuse» du lundi 19 août 1996 « UNE »

Quatorze mois d'espoir se sont fracassés, samedi soir, contre une réalité qu'on se refusait d'envisager. Les corps de Julie et Mélissa, les petits anges de l'autoroute, ont été retrouvés, enfouis sous terre à Sars-la-Buissière.

Précipitées de la douceur de l'enfance dans la violence la plus noire, les petites sont mortes, d'une mort atroce, après dix mois d'épouvante aux mains de personnages monstrueux qui les avaient kidnappées.

Jour déchirant pour les familles, jour bouleversant pour tous les autres qui les aimaient, jour de colère pour ceux qui avaient fait de Julie et Mélissa une sorte de symbole: celui - espérait-on - qui verrait la solidarité et l'entraide triompher de la sauvagerie. Combien nous avons tous espéré que le Destin leur épargne cet enfer! En vain.

Ce samedi, restera comme un jour de honte qui témoignera que notre culture, nos religions, notre civilisation n'ont pas su, partout, conjurer la barbarie.

Aujourd'hui, nous sommes tous en deuil. Partout, cette tragédie a fait mal. Tous veulent témoigner leur émotion.

Hier après-midi, déjà, la pelouse de la maison de Mélissa à Grâce-Hollogne était noyée de bouquets de fleurs (photo de W.Leclercq), modestes témoignages qui voudraient tant atténuer la douleur des parents.

D'autres téléphonent, écrivent un mot. Le jour des funérailles (sans doute mercredi), toute la Belgique ne devrait-elle pas s'arrêter silencieusement une minute pour dire à Julie et Mélissa qu'on les a beaucoup aimées et qu'elles ne seront jamais oubliées.

Reste la terrible enquête. Laetitia et Sabine, ont certes échappé de justesse à la mort; Julie et Mélissa ont, elles, dû mourir par un acte d'une cruauté perverse qui fait frémir; Ann et Eefje, on espérait encore les retrouver vivantes un an après leur kidnapping.
Les monstres de Marcinelle déchaînent la haine et la colère. Mais, comme les parents des deux petites, chacun doit tenter de conserver de la dignité.

Dans une lettre qu'il ont diffusée hier, et dans laquelle ils interpellent la Justice « Pour qu'elle soit au service des familles et non seulement d'elle-même », ils forment ce voeu poignant: «Que chaque enfant puisse vivre en sécurité dans notre pays, et nos deux petites filles seront toujours vivantes ».

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