lundi 26 mai 2008

Julie et Mélissa parmi les cadavres


Julie et Mélissa parmi les cadavres

"UNE" du Journal « Dimanche Matin » du 18 août 1996

Un linceul de plastique pour les fillettes qui étaient encore enchaînées
Cruel détail: les policiers avaient manqué de peu les fillettes en août 95


Le cri de colère des parents:

« L'ancien ministre Wathelet avait-il la conscience tranquille? »
Le troisième squelette est celui d'un complice de Dutroux
Une Citroën CX fait craindre le pire pour Ann et Eefle

Depuis qu'on avait appris que Marc Dutroux se livrait fréquemment à de mystérieux travaux de terrassement nocturnes, maniant la pelleteuse, la grue ou la bétonneuse posait évidemment la question: allait-on découvrir à, l’instar de ce qui s’est passe récemment à Gloucester, en Grande Bretagne, où un autre couple pervers tuait des jeunes filles après leur avoir fait subir des abus sexuels -une ou des "maison de l'horreur"?

Dès vendredi soir, le juge d'instruction de Neufchâteau, M.Connerotte (celui-là même à qui on avait retiré le dossier Cools et de la piste des titres volés) lançait une vaste opération: perquisitions en série tous azimuts interpella et, surtout, des fouilles approfondies,tant a Sart la Buissière qu’a Marcinelle.

La maison principale de Dutroux et toutes ses dépendances ont été fouillées. Même le puits a également été visité de fond en comble. Un dépôt proche de carcasses de véhicules a également fait l'objet toutes les attentions. "S'il faut, déclarait un gradé, on retournera toutes les terres pour trouver des indices..." Tous ces travaux de creusement furent mené a bien toute la nuit de vendredi à samedi et toute la journée de samedi. Et ce avec l'appui de pas moins de150 gendarmes, membres de la PJ, de la Protection Civile ou de la Police scientifique.

Des spécialistes venus des Pays Bas étaient dotés d'équipements perfectionnés pour sonder les sols. A Marcinelle, au milieu d'un désordre extrême, les enquêteurs ont découvert ainsi,au milieu d'un désordre total, dans la véranda, un puits, dans la véranda, fermé par une très épaisse dalle de béton. On y a retrouvé divers ossements, mais ceux-ci sont apparus me provenant de petits animaux: chiens ou chats...

Mais les enquêteurs ont rapidement mis fin, vers 18 heures,à recherches, rue de Philippeville. En effet, on apprenait que Marc Dutroux, qui semble ne parler qu'au seul juge d'instruction, avait avoué "plusieurs assassinats d'enfants au cours des dernières et avait conseillé aux policiers de ne plus perdre leur temps à Marcinelle où II "n'y avait rien d'autre à trouver depuis la découverte miraculeuse, jeudi, de Sabine et Laetitia, lesquelles ont d'évidence échappé au pire.

Selon certaines sources, Dutroux aurait indiqué, dans sa propriété, l'endroit de son jardin où il avait enterré le corps de ses victimes. C'est vers le domicile des époux Dutroux-Martin et de leurs trois enfants, ou de multiples cassettes vidéo ont été par ailleurs saisies, que tous les regards se portaient donc.

D'autant plus que les recherches entamées dans le terrain vague où Dutroux stockait des véhicules, avaient abouti, à la découverte d'une voiture Citroën CX de teinte grise suspecte, qui pourrait avoir un rapport avec l'enlèvement de Ann Marchal (19 ans) et Eefje Lambreks (17ans) disparues à Ostende, le 22 août 1995.

La Citroën a d'ailleurs été enlevée pour être passée au peigne fin par le laboratoire des polices judiciaires de Neufchâteau et de Charleroi, qui travaillent de concert. Ses pneus ont notamment attiré l'attention des enquêteurs qui les mettaient en rapport avec des traces retrouvées sur le lieu de la disparition des deux jeunes filles, à Ostende.


Le père d'une des deux disparues d'Ostende s'étonnait, hier soir, de n'avoir jamais été informé de la découverte d'une telle empreinte de pneu. "La police, disait-il, a mis plus de dix jours avant de commencer les recherches. Comment aurait-il pu y avoir encore des traces de pneus?". Par contre, un témoin avait bel et bien fait état d'une camionnette blanche aperçue au littoral.

Dans le même temps, l'insupportable angoisse montait encore de plusieurs crans puisque le nouveau Procureur du Roi de Liège, Anne Tilly, se rendait une première fois à Grâce-Hollogne, chez les parents des petites Julie et Melissa, accompagnée - élément révélateur - d'un psychologue de la gendarmerie.

On apprenait également que divers magistrats instructeurs ayant tous en charge des dossiers de disparition étaient convoqués à Charleroi et ce alors qu'un médecin légiste débarquait à son tour sur les lieux. En début de soirée, des corbillards arrivaient à Sart-la-Buissière et se confirmait la découverte de trois cadavres dont deux, après autopsie, se révélaient être ceux de Julie et Melissa.

Vers 20h30, le Procureur du Roi de Liège, Anne Tilly, presque en pleurs le visage tendu, revenait chez les parents de Julie et Melissa pour confirmer la tragique nouvelle: on avait bien retrouvé, dans un linceul de plastique, les petites Julie et Melissa dont la mort remontait apparemment à plusieurs mois. Une des petites filles portait encore ses boucles d'oreille, ce qui a facilité l'identification.

On vit alors les parents interpeller l'ancien ministre de la Justice,le PSC Melchior Wathelet responsable, contre l'avis du Parquet, de la libération conditionnelle en 1993 du meurtrier, condamné à 13 ans de réclusion en Assises pour des viols de mineures, et libéré après trois ans!

Et M. Russo d'afficher à sa porte cette terrible phrase accusatrice "L'ancien ministre Wathelet a-t-il la conscience tranquille?"
Tragique précision: il se confirmait samedi soir que Dutroux avait fait l'objet l'an dernier d'une surveillance policière suivie après l'enlèvement de Julie et Melissa. Deux perquisitions avaient eu lieu à Marcinelle, là où ont été assassinées les deux petites filles, dont l'une en août 95, soit quelques semaines à peine après l'enlèvement. Sans doute Julie et Melissa étaient elles encore vivantes à l'époque, à l'instar de Sabine et Laetitia. Les enquêteurs n'avaient, hélas, pas découvert la fameuse cache de Dutroux.

Vers 22h30, hier soir, l'identification du troisième squelette réservait une nouvelle surprise: c'est en fait le corps d'un ancien complice de Dutroux, un certain Weinstein, porté disparu en France, "dont ce dernier s'était débarrassé parce qu'il ne voulait plus participer à des enlèvements", annonçait le Procureur du Roi.

Les recherches, tant externes qu'internes, étaient, au même moment, interrompues, une émeute manquant d'éclater au départ de Dutroux. Les enquêteurs recherchent obstinément tout indice, aussi maigre soit-il, qui ferait le lien avec d'autres disparitions.


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Le dégoût, l’horreur, le désarroi !

Journal « Dimanche Matin » du 18 août 1996 ( « Une » et page 4)

Il y a d'abord eu la joie.


Une joie immense après la libération de Sabine et Laetitia. Joie et soulagement indescriptible des familles qui ont retrouvé leurs fillettes. Joie aussi de l'opinion publique toute entière qui avait déjà montré sa solidarité pendant toute la durée du drame et qui a salué son dénouement avec des cris, des feux et des larmes de joie. Joie aussi dans les rangs de l'association "Marc et Corinne" qui a enfin pu récolter les fruits de son travail obstiné d'information et de mobilisation. Joie des gendarmes de la Cellule nationale des Disparitions, dont la création ne date - hélas - que de septembre dernier, et qui a pu mettre la main sur les ravisseurs, à l'aide de son matériel informatique.

"Tous les membres de la cellule ont eux-mêmes des enfants; vous comprendrez que cela constitue pour eux une motivation supplémentaire", disait l'un d'eux, vendredi soir. L'administration "à langage humain", enfin!

Il y a ensuite le dégoût.


Dégoût à l'égard des salauds qui ont pu "faire ça". Dégoût également à l'égard des "clients" de ces réseaux de pédophilie - car les autorités paraissent enfin convaincues qu'il s'agit bien de bandes organisées et de trafics d'enfants. Elles doivent donc adapter leurs moyens d'action en fonction d'une réalité scandaleuse que certains ont mis tant de temps à découvrir.
Ce dégoût s'est transformé en colère, vendredi devant le palais de justice de Neufchâteau, lors dé la première comparution des inculpés. Il faut comprendre ces débordements vengeurs de la part de centaines de personnes, bouleversées par la bassesse et la lâcheté d'individus qui considèrent des enfants comme une source de plaisirs ou de commerce.
Ce ne sont pas des malades : ce sont avant tout des criminels de la pire espèce. Et la seule façon de répondre à ce désir de lynchage, sera, pour la justice, de traiter comme tels l'assassin Marc Dutroux et ses complices.

Et puis, très vite, il y a eu l'horreur.


Au fil des heures d'une attente infinie, les informations filtraient au compte gouttes et les pires appréhensions devenaient réalité. Marc Dutroux avouait samedi après-midi, avoir tué "d'autres filles". La procureur général de Liège se rendait auprès des parents de Julie et Métissa et il n'était plus permis d'espérer, dès lors, que les fillettes soient encore en vie. On devait d'ailleurs, en début de soirée, exhumer leurs corps ensevelis dans le jardin de Dutroux. Ainsi, le salaud n'était pas seulement un violeur et un bourreau d'enfants: il était, aussi, un assassin.

Pour assouvir leurs plaisirs ignobles, les membres des réseaux de pédophilie sont donc capables de tout. Y compris de faire disparaître peurs victimes, quand ils ne parviennent plus à les fourguer à leurs ignobles clients.


Enfin, il y a le désarroi.


Le désarroi de l'opinion publique devant les dysfonctionnements de l'appareil judiciaire et policier dans cette affaire gravissime de pédophilie. Dutroux n'en est pas à son premier crime.


En 1989, déjà, il avait été condamné par !a Cour d'assises de Mons, à 13 ans de prison pour rapt et viols de plusieurs filles mineures et pour vol avec violence commis la nuit. Mais Dutroux avait été libéré, trois ans plus tard, par le ministre de la Justice, Melchior Wathelet (et non en vertu de la grâce du Roi, comme plusieurs journaux l'ont écrit vendredi). Le ministre de la Justice avait pris cette mesure de clémence en vertu de !a loi Lejeune qui permet de libérer des détenus ayant eu une bonne conduite en prison, après un tiers seulement de leur peine.

On dira que le titulaire du Département de la Justice est dans l'impossibilité matérielle de s'occuper personnellement de chaque cas qui lui est soumis.

C'est sans doute d'autant plus vrai, lorsqu'il détient un portefeuille supplémentaire, comme ce fut le cas de Wathelet qui fut en même temps ministre des Affaires économiques. Ou encore du regretté Jean Gol, qui cumula Justice, Commerce extérieur et Réforme des institutions.
Nous avons suffisamment dénoncé ces cumuls absurdes, ici même, pour ne pas y revenir aujourd'hui.

Mais, alors que treize pour cent seulement des demandes de libération après un tiers de la peine reçoivent une réponse positive, comment ne pas s'étonner du fait que permis ces privilégiés puissent figurer des pédophiles, dont tous les "psy" affirment qu'ils sont "des délinquants d'habitude" et, par conséquent, des récidivistes en puissance?


La vérité n'est elle pas, plutôt, que, pendant longtemps, la Justice a fait preuve d'une mansuétude particulière à l'égard des pédophiles?

Qui ne se souvient de son laxisme à l'égard d'un membre du personnel de l'Unicef-Belgique qui profitait de ses fonctions "d'aide à l'enfance" pour attirer des mineurs d'âge dans son bureau et en abuser?

Qui ne se souvient du libidineux curé de Quinquempoix, en faveur duquel les autorités cléricales obtinrent du ministre Wathelet -encore lui- qu'il puisse s'acquitter de sa peine dans un monastère plutôt qu'en prison?

Où, plus récemment encore, de ce vieillard condamné pour atteinte à la pudeur d'une fillette et auquel on permit de revenir s'installer pas loin du domicile de sa petite victime, dans un village du Brabant flamand?
II faut rappeler, par ailleurs, que l'application de la loi Lejeune, dépend uniquement du département de la Justice, après réception d'un avis du parquet. Un avis dont le ministre et son administration font exactement ce qu'ils veulent. C'est dire qu'ils ont le pouvoir discrétionnaire d'en tenir compte ou de le jeter à la poubelle.

On sait que dans la première affaire de Dutroux, le procureur général de Mons s'était opposé à sa libération mais que l'administration Wathelet ne tint aucun compte de l'opinion de ce magistrat...

Quand ils ont bénéficié d'une remise partielle de leur peine, les anciens condamnés sont soumis, théoriquement, à un contrôle régulier. En fait, on leur attribue un "tuteur" qui doit "suivre" le détenu libéré, mais a pour seule obligation véritable d'adresser, tous les trois mois,un rapport au Parquet.


On serait curieux de lire les rapports que rédigea le tuteur de Marc Dutroux! D'ailleurs, cet individu était passé maître dans l'art de la dissimulation comme le prouve la cellule qu'il construisit dans une des ses maisons, pour y mettre ses proies en cage. Le tuteur de Dutroux n'a, sans aucun doute, jamais été au courant des activités réelles de son pupille!


Il est évident, enfin, que la police et la gendarmerie ne disposent pas des moyens suffisants pour combattre les bandits de la pédophilie. Nous avons cité déjà la Cellule nationale des disparitions. Elle compte, très exactement cinq hommes à temps plein.

Mais restons-en là. Le coeur et la voix nous manquent ce samedi soir, pour poursuivre l'analyse d'un système judiciaire et policier dont les faiblesses viennent d'apparaître de façon aussi tragique.

Seuls nous viennent à l'esprit des mots d'immense chagrin et la solidarité avec les familles qui ont appris la terrible nouvelle: celle qu'elles redoutaient le plus et qu'elles n'avaient jamais voulu envisager.

Il sera encore temps, plus tard, d'exiger que toutes les responsabilités soient établies et que toute la justice soit faite.

Francis MONHEIM


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Les deux fillettes racontent ce quelles ont vécu

Journal « Dimanche Matin » du 18 août 1996 page 3

1. Comment Laetitia a été enlevée


Laetitia a raconté en détails: "Un homme m'a demandé un renseignement: que se passe-t-il sur la grand place de Bertrix? Je lui ai répondu qu'on préparait les 24 heures de mobylettes. A cet instant, et de manière brutale, il m'a prise à la gorge, devant la piscine, pour me faire monter dans la camionnette. On m'a mis la main sur la bouche. Après on m'a forcé à avaler des médicaments que j'ai tenté de recracher.
La deuxième fois, j'ai bien dû les avaler... On m'en a remis à nouveau. Puis, après, je ne me souviens plus très bien, j'étais comme dans un demi-sommeil. Les individus étaient deux dans le véhicule. On a roulé, roulé... Arrivés sur place, on m'a enfermée dans une pièce emmurée dans laquelle se trouvait une autre jeune fille... On dormait dans le même lit et on nous nourrissait au pain sec, parfois même moisi.,,

2. Ils ont attendu Sabine pendant plusieurs jours


Sabine Dardenne a été enlevée brutalement, elle, à une centaine de mètres du collège Notre-Dame. Dans la rue su stade communal, en bordure du terrain de football de la Montkainoise. C'était le 28 mai, vers 7h35. L'endroit, sans être isolé n'est pas bordé d'habitations. Ils l'attendaient à la rue du Stade communale. Apparemment depuis plusieurs jours. Ils cherchaient le lieu et attendaient l'instant propice. Elle était seule dans cette rue qui n'est pas habitée dans sa partie la plus longue. Ils l'ont arrêtée, jetée dans leur camionnette avec son vélo et son cartable. Ils l'ont droguée. Cela n'a sans doute pas pris une minute. La camionnette blanche avait des rideaux aux vitres latérales et amères et un lit pour deux personnes y était aménagé.

3. Après avoir enlevé Laetitia, Dutroux est revenu à Marcinelle


"Je me souviens, a raconté un témoin, qu'il a arrêté sa camionnette devant la maison et qu'il en est sorti avec, dans ses bras, un enfant enveloppé dans une couverture ou un drap, je ne m'en souviens plus. Je n'ai en fait vu que des cheveux blonds dépasser. J'ai cru que c'était un de ses enfants. Si j'avais su..."

4. Ceux qui ont eu la puce à l'oreille


C'est une religieuse de Bertrix qui a d'abord eu l'attention attirée par le véhicule de Dutroux dont le pot d'échappement faisait beaucoup trop de bruit. "Ça ressemblait à une camionnette de cirque. Il y avait plein d'autocollants sur les carreaux".
Autre témoignage: celui d'une jeune fille qui, le même vendredi se trouvait, a-t-elle raconté à la Dernière heure dans un vestiaire du hall des sports lorsqu'un quinquagénaire s'est introduit dans le local pour... uriner. Ce comportement avait évidemment troublé cette jeune fille qui a raconté l'aventure aux gendarmes. Spécifiant: "mon petit ami était là aussi"
D'où la visite chez le petit ami qui lui, habite presqu'en face de la piscine.
Mais le jeune homme, un étudiant ingénieur, a parlé de tout autre chose. "Vendredi, je me suis rendu compte que j'avais oublié de fermer la porte du garage. Or, mon frère venait d'y ranger son nouveau vélo. De surcroît, on parlait de vol de vélos à Bertrix. Je suis donc sorti pour fermer la porte. J'ai vu la camionnette blanche, une Renault. J'ai aussi vu le conducteur. Le genre de personne à qui l'on ne confierait pas son portefeuille..."

Le jeune homme n'en resta pas là. "Je regarde toujours les numéros d'immatriculation. Ici, j'ai utilisé un moyen mnémotechnique". Le hasard a alors joué d'une façon extraordinaire. Écoutons le témoin:
"Facile. Les lettres de la plaque correspondaient aux premières lettres du prénom de ma soeur. Plus la première lettre de mon prénom". Et les chiffres? "C'était l'année de naissance de ma soeur." Dont nous ne dévoilerons pas l'âge Avec le numéro quelque peu erroné donné par le garçon, les gendarmes ne trouvèrent pas la camionnette blanche. Mais grâce à un système informatique bien au point, ils réessayèrent en inversant les chiffres et ils tombèrent sur le nom de Marc Dutroux.

5. La cache secrète des ravisseurs


Dutroux a utilisé un système ingénieux pour dissimuler la cache aménagée dans le fond de son garage. Il avait construit un mur dans lequel se trouvait une simple étagère remplie de bouteilles et d'objets. Cette étagère encastrée camouflait un pan de mur amovible monté sur roulette avec des rails invisibles de l'intérieur du garage. Cette fausse étagère, une fois ouverte, donnait accès à une petite pièce de quelques mètres carrés sans fenêtres et aérée par un système de ventilation électrique.

6. Les conditions de leur détention


Laetitia a été enchaînée au cou et aux pieds, violée et était sans cesse menacée de mort. Les deux jeunes filles étaient obligées de prendre leur bain avec leur ravisseur.

Au domicile de Dutroux, des cassettes vidéo ont été saisies. Selon les proches de la petite Laetitia, celle-ci n'a pas été filmée durant sa détention. Dans l'état actuel des choses, il semble que les gamines étaient destinées aux seuls "jeux" pervers de Dutroux.

L'alimentation de Sabine a été très peu variée au cours de ces deux mois et demi (c'était souvent du pain, des lettres nic-nac avec lesquelles elles composaient leurs prénoms, des choses très sèches).


Pire, à partir du moment où les trois ravisseurs ont été mis au secret, il n'y avait plus personne dans la maison pour donner à manger aux deux jeunes fille.


Elles n'avaient plus rien mangé depuis quarante-huit heures quand la police est arrivée. Laetitia dormait avec Sabine sur des planches recouvertes d'un fin matelas. C'était très étroit, les jeunes filles devaient se coucher pratiquement l'une sur l'autre. Elles vivaient dans une toute petite pièce sale sans fenêtre où on leur diffusait de la lumière.

Pour les divertir Dutroux leur avait donné une console de jeux Sega. Laetitia trop perturbée ne voulait pas jouer. Sabine est restée, seule, les quatre-vingt jours au même endroit, jusqu'à ce que Laetitia soit enlevée à son tour. La cave était murée par une paroi qu'un enfant, et même deux, étaient incapables de déplacer. Il n'y avait ni portes, ni fenêtres. Juste une lumière et un point d'eau. Sabine a d'abord passé le temps avec ses affaires d'école. Il semble qu'elle a pu de temps à autre regarder la télévision, sous surveillance.

Les ravisseurs lui mentaient sans arrêt.
Par exemple, ils lui disaient d'écrire à sa maman, qu’il porterait la lettre.
Sabine a écrit plusieurs fois, ils n'ont jamais posté les lettres. Les ravisseurs lui racontaient alors des histoires en fonction de ce qu'elle avait écrit. Les ravisseurs ont menti constamment à l'adolescente. On lui a même raconté qu'un contact téléphonique avait été établit et qu'une rançon avait été demandée.

7. D'où venait l'argent de Dutroux?


Les enquêteurs s'interrogent sur les ressources financières de Dutroux.
Dutroux n'a pas de travail. Il est domicilié à Marcinelle, route de Philippeville, tandis que sa femme réside officiellement à Sars-la-Buissière, dans l'entité de Lobbes où une villa de plus de trois millions a été achetée. Or ils disposaient de plusieurs maisons dans la région de Charleroi (la villa de Sars-la-Buissière, le n°128 de l'avenue de Philippeville à Marcinelle, le n°17 de la rue Destrée à Marchienne Docherie et une maison rue des Hayettes à Mont-sur-Marchienne) et à Waterloo.

A Sars-la-Buissière, on le soupçonnait de "chipoter" dans les voitures, d'avoir des filières dans les pays de l'Est, où il se rendait fréquemment, notamment en Tchéquie.

1 commentaires:

À 26 mai 2008 à 09:47 , Anonymous Jean a dit...

L'horrible mort de Julie et Mélissa nous a fait un choc énorme !

Depuis ce 17 août 1996, la vie n'est plus la même et beaucoup de chose ont changés !

On n'oubliera JAMAIS les petites martyres !!

 

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