lundi 11 mai 2009

Nouveaux hommages à Julie et Mélissa(«Dernière Heure » du mercredi 30 octobre 1996 pg 3)


UN ENDROIT DE PÈLERINAGE ?

Nouveaux hommages à Julie et Mélissa

« La Dernière Heure » du mercredi 30 octobre 1996 page 3

FLÉMALLE - Après-demain, c'est la Toussaint. « La fête des morts, mais aussi celle des vivants », explique quelqu'un en se penchant sur les tombes de Julie et Mélissa.

C'est qu'ici, dans ce petit cimetière ancre sur les hauteurs de Flémalle, le jour des Morts aura plus que jamais la couleur du deuil et le goût des larmes: l'enterrement des deux gamines est encore dans toutes les mémoires et nombreux seront sans doute ceux qui, vendredi et samedi, se presseront aux grilles du cimetière pour rendre un dernier hommage aux deux gamines.

On a préféré venir un peu avant les autres pour éviter le monde et la cohue » confient, dans un français approximatif, Giuseppa et Salvatore. « Des choses pareilles, ça ne peut pas arriver

On sait tous que nos enfants peuvent disparaître, emportés par la maladie ou un accident, mais pas comme ça... Avec eux, la petite Vanessa, cachée derrière un grand bouquet de chrysanthèmes blanches: « C'est notre petite nièce. Elle habite Charleroi mais elle a voulu passer au cimetière. C'est l'occasion pour nous de la mettre en garde, de lui apprendre que certains adultes peuvent lui vouloir du mal et qu'il ne faut jamais monter en voiture avec quelqu'un qu'elle ne connaît pas.

Une affluence exceptionnelle

Quand la pluie s'arrête, c'est comme un signal. Venus d'on ne sait où, des petits groupes de personnes font leur entrée dans le cimetière, la plupart ont en main une rose ou un lys blanc. « Le blanc, c'est la couleur de l'innocence, c'est celle qu'on brandissait le jour de la marche blanche, c'est devenu un symbole ».

Face aux deux petites tombes, c'est un immense tapis de fleurs, des bouquets a peine fanés, des messages d'encouragement à l'attention des parents, des couronnes venant de la Belgique entière, et même de plus loin. « Et encore, il y avait trois fois plus de fleurs au lendemain de l'enterrement », prévient Julie, une commerçante Flémalloise. « Tous les jours, samedi et dimanche compris, c'est le même défilé. Certains disent que ce cimetière deviendra un lieu de pèlerinage et on serait tenté de les croire, regardez toutes ces fleurs qui ne sont pas encore fanées ! Et ce conteneur, là-bas sur la pelouse. C'est la première fois qu'il est là.Il faudra bien ça quand on voit le nombre de bouquets, de couronnes, et de potées qui recouvrent la pelouse.

Particuliers affligés

Des dizaines de plaques de marbre ou de pierre, dons d'autant de particuliers affligés, participent aussi à l'émotion. « Nous n'avions que 8 ans et beaucoup de rêves »,

« Pour Julie et Mélissa, que nous aurions tant voulu connaître » ou encore un énigmatique « Ici reposent les corps de Julie et Mélissa, lâchement assassinées par des crapules, signé d'une « Mme X et les assistants à ses séances. »

Rarement sans doute, cimetière aura donc connu une telle affluente.

Et comme le dit quelqu'un à son voisin: « Ce n'est pas à une tombe qu'on rend visite, c'est à un symbole. Le symbole d'une jeunesse bafouée et sacrifiée au nom de l'argent. Le symbole aussi, espérons le, d'un monde où les politiciens et les magistrats seront plus responsables. »

Puis la même dame de poursuivre, en fixant les deux photos accrochées à la pierre tombale «Espérons qu'elles ne soient pas mortes pour rien, que cet électrochoc fera changer les choses. »

Non, cette fête de la Toussaint ne sera pas comme les autres. Rien ne sera plus jamais comme avant.

JO. M.

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ROSES BLANCHES

Des bouquets de partout...

« La Dernière Heure » du mercredi 30 octobre 1996 page 3

FLÉMALLE - À quelques centaines de mètres d u cimetière, Véronique Arcé, la fleuriste, n'en finit pas d'emballer roses blanches, lys, iris et chrysanthèmes. « Depuis le jour de l'enterrement, ça n'arrête pas.

Il vient des gens tous les jours, samedi et dimanche compris. De partout en Belgique mais aussi de plus loin : France, Angleterre, Pays-Bas, Allemagne et même Danemark. Tout e monde a entendu parler de cette histoire et chacun a été horrifié (...) Alors comme ces gens là viennent par l'autoroute, ils passent devant mon magasin, s'arrêtent pour demander leur chemin et repartent le plus souvent avec une fleur ou un bouquet. Blanc de préférence, c'est la couleur de l'innocence. » Mais si elle emballe les fleurs à tours de bras,

Véronique distribue aussi des photos à l'effigie des deux gamines: «A cette heure ci, elles doivent circuler un peu partout en Europe. » Preuve d'une demande inhabituelle, une tente a été dressée devant le magasin afin de pouvoir agrandir la surface d'exposition. « Si je me fie à tous les clients que j'ai vus défiler ces jours derniers, on peut prévoir un monde fou pour le jour de la Toussaint et le lendemain.

Et c'est tant mieux car il ne faut pas que les gens oublient, il ne faut pas que la pression retombe tant que les choses n'auront pas changé.

Jo. M.

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POUR AN ET EEFJE : Un petit nounours

« La Dernière Heure » du mercredi 30 octobre 1996 page 3

HASSELT - Dans le Limbourg comme partout en Belgique, la population n'a pas oublié le sort horrible réservé par le monstre aux petites filles. Les cimetières où sont enterrées Eefje Lambrecks et An Marchal, dans la région d'Hasselt, ne désemplissent pas. En cette semaine de Toussaint, les signes de solidarité envers les petites victimes se multiplient. Si les deux fillettes ne sont pas enterrées ensemble, c'est néanmoins sans aucune distinction que la foule se presse sur leurs tombes pour y déposer des gerbes de fleurs.

« Nous sommes ici aujourd'hui pour montrer que nous ne les avons pas oubliées. Je crois qu'il faut que la mobilisation continue. Non seulement dans les rues, pour que les choses changent et que la justice soit plus transparente, mais aussi de manière plus intime, ici, où elles reposent pour l'éternité », raconte une maman venue spontanément déposer quelques chrysanthèmes.

De Belgique et d'ailleurs

Près de trois mois après l'enterrement des deux petites limbourgeoises, le sentiment d'indignation est toujours aussi vif dans la population. Et le phénomène dépasse largement le cadre belge. Les gens arrivent de partout. « Bien sûr, il y a des familles d'Hasselt, qui viennent en nombre tous les jours pour déposer des fleurs ou un petit nounours. Mais les gens arrivent de toute la Belgique, et même de France et de Hollande pour se recueillir un instant », raconte le responsable du cimetière de Kuringent où repose le corps d'Eefje Lambrecks. Le petit cimetière, situé à l'Ouest d'Hasselt, n'a jamais vu autant de monde dans ses allées, et les quelques places de parking qui entourent le mur d'enceinte ne suffisent plus à accueillir les visiteurs.

Au fond à droite, une tombe est plus fleurie que les autres. Plus entourée aussi. « Même les gens qui viennent ici pour visiter un membre de leur famille font un détour par le petit coin de jardin d'Eefje pour y déposer des fleurs, ou tout simplement se recueillir.

En un mois, nous avons reçu plus de 500 gerbes, si bien que je suis obligé de faire un roulement et de les retirer dès qu'elles sont fanées » confie le préposé à l'entretien des lieux. Tout autour du parterre de pétales, le sol creusé témoigne de la fréquence du passage. Au milieu, c'est le blanc qui domine. Comme pour la marche bruxelloise, les familles ont choisi la couleur de la pureté pour témoigner leur solidarité.

Parmi les fleurs, quelques petits nounours se regardent avec un air innocent, comme pour rappeler à tous le drame de l'enfance brisée.

Ours fétiche

A quelques kilomètres de Kuringen repose une autre petite victime du monstre. An Marchal est enterrée à Hasselt, dans la nouvelle partie du cimetière. Malgré le temps exécrable, la foule à tenu à marquer sa solidarité. Ici aussi, la petite croix en bois est inondée de fleurs blanches. Sur la croix, un petit ours prend une signification particulière. An ne s'en séparait jamais. Il était reste a la maison au moment de la disparition de la petite fille, ce qui avait fait dire à ses parents qu'il ne pouvait pas s'agir d'une fugue. Ils avaient raison... Le petit animal a quand même accompagné An jusqu'à sa dernière demeure.

De l'autre côté de la rue, le magasin de fleurs ne désemplit pas. « On n'a jamais vu ça. Ce sont des dizaines de bouquets chaque semaine qui partent vers la tombe de An. On pensait que ça allait s'estomper avec le temps, mais les gens sont toujours fidèles. Et il y a fort à parier que vendredi sera une journée formidable.

Frédéric De Backer

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L’anniversaire de Sabine

ENTOURÉE DES SIENS

« La Dernière Heure » du mercredi 30 octobre 1996 page 3

Sabine Dardenne a fêté lundi son 13eme anniversaire.

(Photo. Didier Bauweraerts)

MALINES -C'est entourée de l'affection des siens que Sabine Dardenne a fêté, lundi, en son domicile de la rue du Renard, à Kain (Tournai), son 13e anniversaire. La jeune fille qui avait été enlevée par Marc Dutroux sur le chemin de l'école - avant d'être retrouvée saine et sauve, en août dernier, aux côtés de Laetitia dans les caches du pédophile à Marcinelle - essaie aujourd'hui d'oublier les longues semaines de séquestration que le monstre de Sars-la-Buissières lui a fait endurer.

Avis de recherche

Par ailleurs, le parquet de Malines a lancé mardi un avis de recherche relatif à la disparition de Liam Vanden Branden. Elle demande à deux personnes qui étaient roches du lieu de la disparition de se faire connaître. La thèse de l'enlèvement n'a jamais été retenue formellement pour Liam Vanden Branden. Cet enfant de deux ans avait échappé à la vigilance de ses parents et l'éventualité d'une chute dans une rivière proche n'a jamais été écartée.

Vendredi 3 mai, vers 17 heures 15, un enfant de 2 ans, Liam Vanden Branden, a disparu le long d'une digue à Malines. Au moment de sa disparition deux personnes ont été aperçues au café le Zennegat situé à côté de l'écluse du canal Louvain Malines, non loin du lieu de la disparition. Ces personnes, qui seraient originaires de

Wilrijk, sont, d'après des témoins, arrivées sur place à bord d'une voiture particulière. Ils se seraient garés sur la première des places de parking dessinées au sol le long du canal. Ces personnes ont en plus pris part aux premières recherches.

Le parquet de Malines demande à ces gens de se faire connaître auprès de la police malinoise, section recherches. Tél. 015/20.01.11, ou auprès du poste de police ou de gendarmerie le plus proche de leur domicile.

B.D.

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