lundi 11 mai 2009

Instrument de lutte contre les pédophiles(«Dernière Heure» du mercredi 30 octobre 1996 pg 2)


À WASHINGTON, LE PREMIER MINISTRE SERA, CET APRÈS-MIDI, UN VISITEUR TRÈS ATTENTIF

Instrument de lutte contre les pédophiles

« La Dernière Heure » du mercredi 30 octobre 1996 page 2

De notre envoyé spécial, Patrice Bertrand

WASHINGTON - La création d'un Interpol pour les enfants disparus basé en Belgique et à vocation européenne... C'est ce sur quoi pourrait déboucher la visite aujourd'hui de Jean-Luc Dehaene au Centre National des Enfants Disparus, près de Washington. Une institution américaine privée unique au monde, qui permet d'avoir accès de façon quasi-instantanée a toutes les données sur les milliers de cas de disparitions.

Le Premier ministre, qui profite d'un voyage aux États-Unis, doit en effet, en compagnie d'Elio Di Rupo, rencontrer cet après-midi les responsables du National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC) pour discuter de la mise en place éventuelle d'un organisme équivalent en Belgique. Au programme: la visite du centre et de son équipement informatique puis une séance de travail d'une heure destinée a poser les fondements d'une collaboration entre le NCMEC et les autorités belges.

Situé à Arlington dans un banal immeuble de briques rouges, le NCMEC est devenu aux Etats-Unis un des outils indispensables dans toutes les enquêtes impliquant des disparitions d'enfants soit qu'ils fugent ou aient été enlevés et la lutte contre la pornographie et les réseaux pédophiles. « Le ministre est ici pour discuter de ce que nous pourrons faire par la suite, affirme son directeur Ernest AIIen. Mais je crois que l'idée principale est de créer pour l'Europe une sorte d'interpol des enfants disparus et d'un vaste réseau mondial qui permette de lutter contre un problème qui ne connaît pas de frontières.

En fonctionnement depuis une douzaine d'années, le NCMEC est considéré comme le nec plus ultra dans le secteur très spécialisé des disparitions d'enfants (voir encadré).

«Il a été créé voici 14 ans dans des circonstances similaires à l'affaire Dutroux, explique Ernest Allen. En 1979, 1980, une série de meurtres et de disparitions avait traumatisé Atlanta et sa région, ce qui avait forcé le FBI a créer une section pour les enfants disparus.

Mais !e problème est qu'il y a aux États-Unis 17.000 départements de police et que manquait un centre de coordination. En outre, à la différence de l'Europe, il est très facile de disparaître dans ce pays.

Nous avons décidé de créer le centre. Aujourd'hui, nous sommes la seule organisation privée qui a accès aux dossiers du FBI. Depuis sa création, nous avons travaillé avec la police sur 49.000 cas d'enfants disparus et contribué à retrouver 33.000 enfants.

Si la nécessité d'un tel centre en Europe se justifie sans doute facilement, une des questions qui sera abordée est probablement son financement.

« Le budget annuel, précise Ernest Allen, est de 7 millions de dollars par an. La moitié est financée par le gouvernement américain. Le reste provient de donations par des compagnies privées dont de nombreuses compagnies d'informatiques. Celles-ci nous aident beaucoup, notamment pour combattre la pornographie qui s'est développée sur lnternet. L'idéal serait aussi de créer un vaste réseau mondial et de diffuser instantanément sur le web la photo d'un enfant disparu. »

Le NCMEC: accessible 24 h sur 24

Le NCMEC fonctionne à travers plusieurs unités et services qui, depuis sa création en 1984, lui permettent d'aligner des statistiques saisissantes. Le NCMEC a en effet participé à la formation de 138.000 policiers et publié plus de 13 millions de documents - gratuits -, travaillé sur 49.000 disparitions d'enfants et contribué à en retrouver 33.000. Il fonctionne 24 heures sur 24 grâce à un numéro d'appel gratuit. Parmi ses outils, résolument axés sur la diffusion rapide de l'information • Un puissant réseau informatique relié à la plupart des polices internationales - Interpol, Scotland Yard, le Département d'État américain, etc. - qui permet la transmission instantanée d'archives.

- Le projet ALERT qui, en collaboration avec 14 associations de policiers, utilise les services de volontaires et de policiers à la retraite.

- Un efficace système de relations publiques avec les médias, qui les tient au courant de développement d'affaires, particulièrement les émissions à grande écoute lançant des avis de recherche comme «America's Most Wanted ».

Depuis 1995, le NCMEC possède en outre une homepage sur le web dont l'adresse est la suivante http://www.missingkids.org

- Enfin, le NCMEC forme non seulement les policiers ou le personnel hospitalier mais aussi les parents pour les inciter à donner à leurs enfants un passeport, un moyen sûr de les identifier en cas de disparition, d'assurer leur sécurité et aussi les inciter à faire des films vidéos de manière à laisser autant de moyens d'identifications que possible.

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NIHOUL : BARZOTTI DÉMENT TOUT LIEN

« La Dernière Heure » du mercredi 30 octobre 1996 page 2

Le chanteur Claude Barzotti a tenu à se distancier de Michel Nihoul qui avait fait état de liens qu'il entretenait avec le chanteur.

M. Barzotti rappelle que Michel Nihoul l'a bien contacté il y a plus de dix ans: Michel Nihoul a abusé de sa confiance et a été condamné à rembourser l'argent que Claude Barzotti lui avait prêté.

Dans un communique diffusé mardi, le chanteur écrit que Michel Nihoul l'a contacté en 1985, comme beaucoup d'autres, pour lui demander de participer à des galas de SOS Sahel. Le chanteur a accepté et lui a même prêté de l'argent pour ses activités prétendûment caritatives.

M. Nihoul n'a pas respecté ses promesses et a été assigné par M. Barzotti. Le tribunal a condamné Michel Nihoul à rembourser l'argent. M. Barzotti n'a rien reçu car M. Nihoul était insolvable.

Par ailleurs, ce dernier, ainsi que Michel Diakostavrianos, comparaissait, hier, à liège devant la chambre des mises en accusation. La chambre communiquera en principe sa décision ce matin.

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COUR DE CASSATION ET MINISTRE DE LA JUSTICE

Les dures critiques de Mme Éliane Liekendael

« La Dernière Heure » du mercredi 30 octobre 1996 page 2

Éliane Liekendael estime qu'il faut se méfier de futures mesures de crise visant à un contrôle interne et externe du pouvoir judiciaire.

(Ph. Isopress)

BRUXELLES - La position adoptée par le procureur général de la cour de Cassation, Mme Éliane Liekendael, dans l'affaire Connerotte avait déjà démontré à suffisance sa rigueur froide. Le droit, rien que le droit, même au milieu de la tempête.

Cette indépendance suprême des magistrats, Mme Liekendael l'avait déjà revendiquée dès sa prise de fonction (début octobre), dans un discours dont le journal De Morgen a fait écho mardi.

Dans ce discours, prononcé devant les plus grands magistrats et avocats du pays, Mme le procureur général mettait en garde les hommes politiques qui pensent à de nouvelles règles de contrôle, où la séparation des pouvoirs serait mise en cause.

Mme Liekendael a notamment attaqué le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, qui avait demandé que deux professeurs d'université puissent avoir accès au dossier des tueries du Brabant. La Cour de cassation avait renvoyé vertement le ministre, estimant que l'immixtion des professeurs violerait le secret de l'instruction, que la désignation de ces experts contrevenait au principe constitutionnel de séparation des pouvoirs.

En pleine affaire Dutroux, Éliane Liekendael estime qu'il faut se méfier de futures mesures de crise, évoquées par le gouvernement, visant à un contrôle interne et externe du pouvoir judiciaire.

Le procureur général dénonce le projet gouvernemental qui donne au ministre de la Justice des compétences, au même titre que les 5 procureurs généraux, en matière d'orientation des recherches et des poursuites.

Sur le projet d'instauration d'un tribunal d'application des peines, Mme Liekendael marque son accord, en précisant toutefois que les hommes politiques ne doivent pas chercher à aller plus loin.

B. F.

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