mardi 31 mars 2009

l'enquête sur l’enquête (« Soir Illustré » 23 octobre 1996 pg 40 et 41)


La commission d’enquête de... l'enquête sur l’enquête démarre laborieusement

Drôle d’atmosphère !

« Soir Illustré » du mercredi 23 octobre 1996 pages 40 et 41

La commission parlementaire d'enquête concernant l'enquête sur l'enquête Dutroux s'est finalement mise en place. Au détriment de l'enquête sur l'enquête Cools. Elle va devoir démêler un solide sac de noeuds.

L'enquête sur l'enquête Dutroux a déjà connu de sérieux soubresauts. Dans un premier temps, c'est la Gendarmerie qui se trouvait au coeur du débat: tant le rapport du procureur général près la Cour de cassation Jacques Velu que celui du nouveau procureur général de Liège Anne Thily accusaient clairement la Gendarmerie de ne pas avoir transmis des informations capitales sur les suspicions concernant Marc Dutroux dans le cadre de l'enquête sur l'enlèvement de Julie et Mélissa. On se souviendra que le ministre de la Justice Stefaan De Clerck (CVP) en avait lu des extraits à la Chambre, titillant ainsi le courroux du ministre de l'Intérieur Johan Vande Lanotte (SP) qui exerce la tutelle sur cette même Gendarmerie.

On savait néanmoins que le parquet de Charleroi avait reçu à plusieurs reprises des informations sur l'opération Othello, une opération de surveillance menée par la Gendarmerie. Celle-ci visait Marc Dutroux. Mais ces informations avaient été classées sans suite par le parquet de Charleroi qui ne les avait pas communiquées à son homologue liégeois.

LE COMITÉ « P » CRITIQUE LA MAGISTRATURE

- Depuis, deux nouveaux rapports sont arrivés sur la table des députés membres de la commission de la Justice de la Chambre, commission chargée d'examiner l'enquête sur l'enquête Dutroux.

Tous deux mettent violemment en cause la magistrature liégeoise dans les dysfonctionnements de l'enquête

Julie et Mélissa. Pour le premier, c'est relativement normal puisqu'il émane de la Gendarmerie elle- même et qu'il a été défendu par son commandant le général De Ridder. Mais le rapport du comité P, le comité de surveillance des services de police, est lui aussi cinglant pour la magistrature. Les extraits de ce rapport sont parfaitement clairs: « Les lignes de conduite données aux enquêteurs n'étaient pas claires. Et certainement pas en ce qui concerne les critères permettant de traiter les informations recueillies».

Ce rapport donne aussi raison aux parents de Julie et Mélissa lorsqu'il explique que la juge d'instruction Martine Doutrewe a pris le dossier en charge alors qu'elle partait quelques jours plus tard en vacances en Italie et qu'elle est encore partie par la suite faire le tour des châteaux de la Loire. Cinq juges d'instruction se sont ainsi succédés dans cette enquête, avec toutes les perturbations qu'on imagine.

COMMISSION D'ENQUÊTE SUR COOLS RETARDES

Pour faire le tri face à cet embrouillamini et à ces informations contradictoires, la commission de la Justice de la Chambre a décidé de créer une commission parlementaire d'enquête sur l'affaire Dutroux. Contrairement à la commission de la Justice, la commission d'enquête dispose des pouvoirs d'un juge d'instruction, en ce compris les possibilités de faire prêter serment aux témoins, de les contraindre à déposer des documents ou d'organiser des perquisitions.

On a cependant constaté à cette occasion que certains partis francophones tentaient de présenter des candidats à la présidence de cette commission qui n'étaient peut-être pas les mieux placés.

Au PS, ce fut Thierry Giet, fils de l'ancien procureur général de Liège.

Au PRL, ce furent Antoine Duquesne et Didier Reynders. Le premier n'est autre que le mari de l'actuel procureur du Roi de Liège Anne Bourguignont; et le second, le frère d'une juge d'instruction qui a remplacé Mme Doutrewe pendant ses vacances et le mari d'une magistrate liégeoise.

Finalement, après de longs conciliabules dont des contacts informels avec le ministre de la Justice Stefaan

De Clerck, c'est le libéral flamand Marc Verwilghen, apprécié par tous, qui a été désigné président de cette commission d'enquête.

Dans la foulée, la Chambre a également décidé d'ouvrir une enquête sur l'enquête Cools. Mais celle-ci n'aura lieu qu'après la remise des conclusions soit de la commission Dutroux, soit de la commission Tueries-bis.

ATMOSPHERE, ATMOSPHÈRE

Reste que l'ambiance autour de l'enquête Dutroux continue à être profondément malsaine. Ainsi, on a appris que le parquet de Liège avait organisé une nouvelle fuite concernant les écoutes téléphoniques consécutives à l'inculpation de l'inspecteur de la PJ de Charleroi Georges Zicot et de son chef, le commissaire André Vanderhaegen. Le parquet de Liège a ainsi vendu la mèche, expliquant qu'un avocat de Charleroi, ainsi que la soeur d'un syndicaliste de la PJ travaillant au cabinet de Jean-Claude Van Cauwenbergh auraient été placés sur écoute.

Dans le climat actuel de guerre entre la Gendarmerie et la PJ, on imagine l'effet de cette information émanant du parquet de Liège. C'est dans ce cadre qu'il faut analyser le rapprochement entre la magistrature d'une part et la PJ de l'autre, cette dernière ayant peur de se faire avaler par la Gendarmerie.

Car si l'arrêt de la Cour de cassation dessaisissant le juge Connerotte mais laissant le dossier à Neufchâteau a été perçu comme un moindre mal, d'autant qu'il se traduit par un accroissement des effectifs à Neufchâteau,

le parquet général de Liège ne semble pas avoir avalé les déclarations du procureur de Neufchâteau Michel Bourlet, expliquant que les rapports de Velu et de ThiIy ne correspondaient pas aux informations dont il disposait dans ses dossiers.

Plusieurs dossiers impliquant des personnalités» dans des réseaux de pédophilie seraient actuellement en train de «monter». Le parquet général de Liège crie haut et fort que le parquet de Neufchâteau ne l'informe pas de ses découvertes. Ce dernier rétorque que les autorités compétentes sont informées.

Cette guérilla judiciaire montre à suffisance que l'arrêt de la Cour de cassation est loin d'avoir arrêté les passions Liégeoises

Philippe Brewaeys

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NIHOUL INCONNU À « L’AQUARIUM »

« Soir Illustré » du mercredi 23 octobre 1996 page 41

Nous avons reçu des exploitants de l'Aquarium la réponse suivante: «La Sprl Gereti, exploitant l'établissement de nuit à l'enseigne «L'Aquarium», dément catégoriquement les informations publiées dans l'édition 3353 du Soir illustré sous le titre « Nihoul, dossier à tiroirs », informations selon lesquelles Monsieur Michel Nihoul serait un habitué de l'endroit et s'y révélerait être «un client parfois très brutal particulièrement avec les jeunes filles mineures dont il abusait». Ces informations sont fausses, sans fondement, et portent gravement atteinte à l'honorabilité de l'Aquarium.

1. L'Aquarium est un cercle privé interdit aux mineurs

2. Monsieur Nihoul y est parfaitement inconnu

3. Monsieur Nihoul n'a jamais été membre de sa clientèle

4. La direction se réserve le droit d'entrée selon des critères de sélection basés sur la correction, la bonne tenue et le respect de la loi

5. L'Aquarium veille prioritairement à la sécurité de son personnel. Il n'a jamais été toléré qu'un client fasse preuve de brutalité ou de violence à l'égard du personnel ou de toute autre personne présente dans l’établissement»

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