mardi 31 mars 2009

« Mélissa, je t'aime ! » «Soir Illustré»23 octobre 1996 pages 32 à 33


- Ou par les parents de Mélissa Russo.

Je voudrais vous dire merci, non pas en mon nom propre, mais au nom de Mélissa, dit Gino Russo. J'ai voulu faire un petit texte mais il n'y avait qu'une phrase qui me venait: « Mélissa, je t'aime »!

- S'adressant directement à sa fille, la mère de Mélissa, a ajouté ces paroles poignantes: - « Mélissa, quand tu es née, ce fut un grand jour... Qu'étais-tu d'autre qu'un cadeau de la vie, une princesse, notre princesse. Nous avons cru que l'institution judiciaire pourrait nous aider. Mais il s'est imposé à nous que l'on ne pouvait compter dessus. Jusqu'au jour où un juge est venu... Un juge qui a traité le dossier, comme lorsqu'il y a des princesses à sauver... Je ne revendique qu'une chose: le droit pour tous les enfants d'être considérés comme des princes et des princesses. »

- Mme Bouzet, la maman de la petite Élisabeth Brichet, qui a eu l'idée de cette marche blanche, s'est également adressée à la foule.

« Nous devons beaucoup aux enfants morts; nous devons beaucoup aussi aux enfants vivants car nous devons être des parents responsables et de nouveaux citoyens. Quand j'étais petite, on utilisait une expression que je ne comprenais pas: «la foi, cela soulève les montagnes». Et bien maintenant, je la comprends. »

- Quant au père d'An Marchal qui, très émouvant également, fit peut-être le discours le plus «politique», il lançait à la foule: - « Vous êtes l'avenir, vous êtes la chaleur du pays... Quant à nous, nous continuerons à faire notre travail... «Si on nous laisse faire» (en français).

UNE VAGUE DE SILENCE

- Et sous un ciel gris, au pied des hauts buildings qui marquent le début du boulevard Jacqmain, le fleuve des marcheurs blancs a commencé à se déverser vers le centre de la ville avec une infinie lenteur. Tellement lentement qu'à un certain moment on a pu se demander si la manifestation pourrait se dérouler comme prévu, tant les rues de la capitale étaient engorgées. Mais, petit à petit, la foule s'est mise en mouvement. Au bout du boulevard Jacqmain, certaines personnes ont piétiné pendant plus de trois heures avant de pouvoir avancer.

- C'est une foule blanche, incroyablement compacte, incroyablement silencieuse. Contrairement aux manifestations habituelles, où l'on donne la consigne aux manifestants de s'espacer, ici, les gens se tiennent très proches les uns des autres. Les gens marchent calmement, mais de manière déterminée. Seules, d'inexplicables vagues d'applaudissements qui partent de la tête du cortège, viennent la faire frémir régulièrement. Parfois, c'est le passage d'un hélicoptère qui provoque la liesse.

- Bien après quatorze heures trente, les trains déversent encore les derniers manifestants. En effet, en raison de l'engorgement total de la zone proche de la gare du Nord, la gendarmerie a donné ordre à la SNCB de ralentir l'arrivée des trains afin de permettre le dégagement des couloirs de la gare.

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