vendredi 8 août 2008

Une dizaine d'affaires toujours non élucidées('DH'4 septembre 1996 p4)


LES DOSSIERS QUI INTÉRESSENT LES ENQUÊTEURS

Une dizaine d'affaires toujours non élucidées

« La Dernière Heure » du mercredi 4 septembre 1996 page 4

BRUXELLES - Après les terribles aveux de Marc Dutroux sur la présence de nouveaux cadavres dans la propriété de son complice Bernard Weinstein, les gendarmes spécialisés dans l'identification des corps ont rassemblé, dès la semaine dernière, un maximum de renseignements sur les enfants disparus ces dix dernières années.
Des dossiers complets ont été envoyés à Neufchâteau (celui de An et Eefje entre autres), alors que, dans d'autres affaires, les gendarmes reprenaient directement contact avec les familles.

Mise à jour des dossiers
La liste des vêtements ou des bijoux que portaient les enfants au moment de leur disparition a été remise à jour, complétée parfois par de nouvelles informations en provenance des parents. Les signes distinctifs (particularités physiques ou autres) et les fiches médicales et, surtout, dentaires ont été ras semblés et transmis au team d'identification, pour faciliter et accélérer son travail. Outre les disparitions d'An et d'Eefje, près d'une dizaine d'autres affaires toujours non résolues ont alors été analysées, pour autant de familles plongées dans une angoisse terrible.

La liste de l'angoisse

•Gevrye Cavas
Ce jeune enfant de 6 ans, d'origine turque, disparaît le 6 février 1985 à Molenbeek. Son père lui avait interdit de sortir jouer au football. Gevrye a tout de même voulu suivre son grand frère. On ne l'a plus jamais revu. La PJ de Bruxelles n'a jamais ménagé ses efforts, enquêtant jusqu'en Australie. Sans succès.

•Ilse Stockmans
Originaire d'Aarschot, Ilse (19 ans) a disparu près de la gare de Louvain, e 12 février 1987. Elle devait prendre le train pour regagner Aarschot. Personne ne sait ce qu'elle est devenue.

•Elisabeth Brichet
En rentrant d'une visite chez une copine, Elisabeth (12 ans) disparaît à quelques centaines de mètres de sa maison, à Saint-Servais, près de Namur, le 20 décembre 1989. Sa maman a mené elle-même l'enquête. On ignore ce qu'est devenue la fillette.

•Nathalie Geijsbregts
Le 26 février 1991, son papa la dépose à un arrêt de bus scolaire à Leefdaal, près de Louvain. Nathalie (10ans) disparaît. Des témoins affirment avoir vu une voiture grise rôder dans les parages.

• Loubna Benaïssa
Loubna, une petite Marocaine de 9 ans, disparaît le 3 août 1992, à Ixelles. Elle se rendait dans un supermarché tout proche de sa maison, rue Gray, pour y acheter du yaourt. On ne l'a plus jamais revue.

•Ken Heyrman
Le 4 janvier 1994, après avoir joué avec des amis, à Anvers, Kim et son frère Ken Heyrman décident d'aller au terrain de football de Merksem. Ils disparaissent ensemble. Quelques semaines plus tard, on retrouve la petite Kim (11ans) dans les eaux du port d'Anvers. Violée, assassinée.
On est sans nouvelles de son frère Ken, 8 ans.

•Sylvie Carlin
Agée de 19 ans, Sylvie disparaît à Roucourt, le 15 décembre 1994. Elle était partie à pied vers le domicile de sa soeur, à deux kilomètres environ de chez elle. Personne ne l'a revue. Son oncle habite Sars-la-Buissière.

•Liam Van Den Brande
Le 3 mai 1996, ce petit garçon de 2 ans et demi était en train de jouer près de sa maison, à Malines, quand il a disparu. Ses parents ne croient pas que Liam a pu se diriger seul vers la route et pensent qu'il a été enlevé. La police a privilégié l'accident, sondant des étangs voisins.

B. F.
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PARTOUT DANS LE MONDE

Traque aux pédophiles


« La Dernière Heure » du mercredi 4 septembre 1996 page 4

LONDRES - L'horrible dossier de pédophilie qui secoue la Belgique semble avoir servi de détonateur dans le monde entier. Un peu partout, les consciences se réveillent et la justice traque sans pitié les pervers.
C'est ainsi qu'un diplomate britannique, ancien premier secrétaire à l'ambassade de Tokyo, a comparu mardi devant un tribunal de Southwark (sud de Londres),pour avoir importé en Grande-Bretagne des vidéos pornographiques, dont la majorité montrant des actes de pédophilie homosexuelle.

Robert Coghlan, 54 ans, père de deux enfants, a introduit en Grande-Bretagne 109 vidéos pornographiques dont 70 contenaient des scènes de pédophilie, selon l'accusation.

Ce diplomate venait d'être nommé à l'ambassade de Madrid lorsqu'il a été arrêté en mars dernier par les douaniers britanniques. Les vidéos ont été découvertes par les douaniers dans son déménagement, en transit en Grande-Bretagne.

En Espagne, le parquet de Séville a demandé l'ouverture d'un procès contre 48 personnes, dont un ancien juge et deux artistes, accusées notamment de prostitution de mineurs et de vente de matériel pornographique.
Cette affaire avait éclaté en 1995 après la découverte d'un réseau de corruption de mineurs. l'enquête avait conduit à la fermeture, début novembre, de trois clubs homosexuels de Séville. Les mineurs victimes de ce réseau dépassaient la vingtaine, la plupart âgés entre 15 et 17 ans.
Parmi les accusés, figurent le juge responsable du tribunal des mineurs à Séville, Manuel Ricotara, et deux artistes, le chanteur et acteur davier Gurruchaga et l'humoriste forge Cadaval.

Haut magistrat français en garde à vue
En France, un haut magistrat de la cour d'appel de Chambéry a été interpellé mardi matin par les gendarmes et placé en garde à vue, dans le cadre de l'instruction par le parquet de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) d'une affaire de moeurs.
Le magistrat ayant eu vent, par un hebdomadaire local de HauteSavoie, de sa prochaine interpellation, s'est présenté lui-même, vers 14 h, à la section des recherches de la gendarmerie de Chambéry.
II serait entendu dans le cadre d'une enquête ouverte pour « attouchements à caractère sexuel sur mineure » à la suite d'une plainte déposée par la DDASS de Haute Savoie.

Enfin, quatre hommes ont été mis en examen et écroués à Marseille pour le viol d'une adolescente de 12 ans, à la fin du mois de juillet. Les auteurs présumés avaient enlevé leur victime le 27 juillet, à proximité de son domicile, situé dans un quartier populaire de Salon-de-Provence. Elle avait été séquestrée et violée pendant trois jours avant d'être relâchée sur le parking d'un centre commercial.

Les quatre hommes ont été interpellés au début du mois d'août, grâce aux indications de l'adolescente, dont les parents avaient déposé plainte plusieurs jours après les faits. Ce viol n’à aucun rapport avec un réseau de pédophilie, a-t-on précisé de source judiciaire.
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IDENTIFICATION

Le pénible travail du DVI


« La Dernière Heure » du mercredi 4 septembre 1996 page 4

BRUXELLES - Appuyant le travail du médecin-légiste, une unité spéciale de la gendarmerie a été charmée de l'identification des resteshumains retrouvés.

Ces gendarmes du Desaster Victims Identification, ou team DVI, ont déjà fait preuve de leurs compétences dans des affaires terribles comme l'explosion d'un stand de tir à Jette, le naufrage du Herald of free Enterprise, l'incendie de l'hôtel Switel ou la catastrophe aérienne de Bucarest.

Depuis plus d'une semaine, le DVI se préparait au pire, rassemblant un maximum de détails concernant une dizaine d'enfants disparus.
Le travail pénible d'identification consiste à comparer les données post mortem (tout ce qui a été recueilli sur place) et les informations ante mortem rassemblées grâce aux témoignages des proches.

Quand l'état du corps ne permet pas une reconnaissance immédiate, les premiers éléments à comparer sont les vêtements, les fragments de documents, les bijoux ou les montres, et leur emplacement. Il peut être capital de savoir que telle alliance est portée à tel doigt de la main gauche ou droite.

Si ces données ne suffisent pas,entrent alors en ligne de comte la morphologie générale, la forme des oreilles (percées ou non), du nez ou de la bouche, la couleur, la longueur et la texture des cheveux.

Dans le cas de corps masculins, l'avancée de la calvitie et sa forme peuvent être très utiles. La présence de traces d'opérations chirurgicales (cicatrices) peut être déterminante. Les fiches de soins dentaires se révèlent aussi souvent capitales dans les cas les plus difficiles.
S'il ne reste que des fragments de corps, une analyse génétique comparative (victime / parent) permet d'obtenir une certitude quasi absolue.

B. F.
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Les parents de Mélissa bouleversés

Si seulement on avait été écoutés

« La Dernière Heure » du mercredi 4 septembre 1996 page 4

LIÈGE - « J'ai peur. Oui. Mais pour moi, la pire des choses, ce serait de ne plus revoir le corps de ma fille; qu'on mette un sceau sur le cercueil sans que je ne puisse plus la voir »...

Les déclarations de Marie-Noëlle Bouzet, la maman d'Elisabeth Brichet, hier à nos confrères de RTL TVi, ont une nouvelle fois mis en évidence la douleur des parents de Julie et de Melissa qui n'ont pu identifier le corps de leurs enfants avant l'inhumation.

Nous l'avions demandé, mais cela nous a été refusé, pour notre bien psychologique. Une nouvelle fois, on a décidé à notre place de ce qui était bien ou non pour nous!», explique Carine Russo.

Hier, la maman de Julie a désiré rencontrer la juge d'instruction liégeoise Martine Doutrewe, qui s'est chargée de l'enquête. « Nous ne l'avions plus vue depuis le mois d'avril, quand elle nous avait lu la lettre macabre envoyée au journal la Meuse. Carine voulait absolument la rencontrer et je suis allée avec elle.

Mais après un quart d'heure, quand j'ai entendu qu'elle ressortait encore le même discours, j'ai préféré quitter le bureau », souligne Gino Russo.

Terrible doute
La maman voulait éclaircir cer tains points, concernant notamment l'enquête et l'identification des petites. « Le samedi, Mme Thily nous a dit que les petites étaient reconnaissables et portaient des vêtements.
Le lendemain, un commissaire de la PJ nous disait le contraire. Deux sons de cloche en deux jours, c'est beaucoup.

Quand j'ai demandé à Martine Doutrewe comment on pouvait être certains qu'il s'agissait de nos enfants, elle nous a répondu que Dutroux avait lui-même désigné l'endroit et les identités ! Finalement, j'ai récupéré des boucles d'oreilles identiques à celles de Mélissa. Mais ça ne prouve rien.

Après que notre avocat fut intervenu - parce qu'on nous le refusait ! -, on nous a aussi remis une mèche de cheveux de nos gamines.

C'est la même texture mais pas la même couleur... Il faut qu'on se rende à !'évidence, mais ce n'est pas facile. L’identification n'a pas été faite de manière scientifique et rigoureuse. Et pour moi, il reste malgré tout un doute... »,poursuit Mme Russo.

Ce n'est pas fini!
La terrible nouvelle tombée hier a bouleversé les parents des petites liégeoises. « Ça me fait mal deux fois. D'abord, parce que nous sommes devenus amis avec les pa vents d'An et que nous sommes de tout coeur avec eux. Mais aussi parce que je pense à toutes les démarches qu'on a faites pour que l'enquête se déroule mieux, avec plus d'hommes. Si au moins on avait voulu nous prendre en considération... Si on avait été écoutés, les choses auraient peut-être été différentes ! Nous en sommes sûrs », remarque M. Russo.

A Liège, l'enquête sur l'enquête touche à sa fin. « Chacun reste sur ses positions, se rejetant la faute.

C'est trop facile... Il faut que quelqu'un prenne ses responsabilités ! Seuls les enquêteurs de terrain ont pris notre affaire à coeur.

Ce sont les seuls. Alors, que les autres arrêtent de chercher des excuses et, surtout qu'ils cessent de leur jeter la pierre ! », explose Carine Russo. « Martine Doutrewe n'a jamais manifesté beaucoup d'intérêt pour notre affaire. Elle n'a d'ailleurs pas eu l'air bouleversée... Nous n'avons été entendus qu'à Neufchâteau, mais c'était trop tard pour sauver les petites.
Attention, malgré la découverte des corps, tout n'est pas résolu. Pour nous, ça reste important de savoir ce qu'il s'est passé durant toute la détention de nos filles.

On n'est qu'au début de l'enquête, c'est loin d'être fini...

Nathalie Evrard

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