dimanche 25 mai 2008

Laeticia,de Bertrix, et Sabine ,de Kain, retrouvée vivantes !


Laeticia,de Bertrix, et Sabine ,de Kain, retrouvée vivantes !

LA MEUSE du vendredi 16 août 1996 page 10

Elles auraient été victimes d'un réseau de pédophiles

COUP de théâtre, hier vers 19 h 30. On apprenait que la petite Laetitia Delhez (14 ans), disparue depuis vendredi en début de soirée de Bertrix (province de Luxembourg), avait été retrouvée vivante dans la région de Charleroi. Mieux, la jeune Sabine Dardenne (12 ans), disparue de Kain (Tournai), le 28 mai dernier, à également été retrouvée saine et sauve. Les deux fillettes ont vraisemblablement été victimes d'une bande de malfaiteurs belges utilisant des enfants afin d'assouvir certaines perversités sexuelles.

Depuis trois jours, l'enquête sur la disparition de Laetitia avait progressé à grands pas. Elle s'était orientée dans la région de Charleroi, où mardi soir, le procureur du Roi de Neufchâteau, M. Bourelet, tenait une conférence de presse pour demander à l'ensemble des médias de ne rien révéler qui pourrait mettre la vie de l'enfant en danger. La plupart des journaux, dont le nôtre, ont «joué le jeu ».

A ce moment, trois personnes étaient déjà placées sous mandat d'arrêt et, semble-t-il, des aveux sur l'enlèvement de Laetitia, avaient été recueillis. On croît savoir que les ravisseurs auraient alors déclaré avoir relâché Laetitia. Mais les enquêteurs n'avaient toujours pas retrouvé la fillette. Raison pour laquelle le silence était demandé.

Selon nos informations, parmi les trois personnes arrêtées se trouverait un couple de Sars-la Buissière (région de Thuin),

Marc Dutroux et son épouse née Martin. Ceux-ci auraient déjà été condamnés à de lourdes peines, il y a quelques années, pour des faits de moeurs concernant des enfants. Quant à la troisième personne arrêtée, il s'agirait d'un pédophile. Les trois personnes ont été placées sous mandat d'arrêt pour enlèvement et séquestration d'enfants.

Une camionnette blanche

Des perquisitions auraient été opérées au domicile des époux Dutroux, où des véhicules auraient été saisis. Notamment,une camionnette blanche qui aurait servi à l'enlèvement de Laetitia.

Selon certaines sources, une tache de sang aurait été retrouvée dans ce véhicule.
C'est, semble-t-il, grâce à ce véhicule que les enquêteurs ont pu remonter jusqu'au couple
Dutroux.

La camionnette blanche aurait été vue, par deux personnes, aux abords du complexe sportif de Bertrix

-là où l'on a perdu la trace de Laetitia-, vers 21 h, vendredi dernier. L'un des témoins aurait même pu donner des éléments du numéro minéralogique de ce véhicule...

Sur base des interrogatoires et des indices recueillis, les enquêteurs ont, semble-t-il, perquisitionné une dizaine de maisons,souvent insalubres, maisons qui appartiennent aux personnes interpellées ou qui ont été louées par elles.

Mercredi déjà, des recherches avaient été entreprises, notamment grâce à un hélicoptère, à Sars-la-Buissière et aux environs de Marcinelle où le couple Dutroux aurait également une maison. Les recherches se sont poursuivies durant la journée d'hier.

C'est d'ailleurs à Marcinelle, au 138 avenue de Philippeville, que l'opération finale a été menée, hier vers 18 h. Ce qui a permis, environ une heure plus tard, d'annoncer la formidable nouvelle: les deux fillettes étaient retrouvées en vie.


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L’arrestation de Dutroux et de sa femme à Sart la Buissière

LA MEUSE vendredi 16 août 1996 page 10

Mardi, la piste aboutissait chez le ferrailleur

MARDI, Sars-la-Buissière (Lobbes) était le théâtre d'un important déploiement de forces de police et de gendarmerie. C'est là, chez Marc Dutroux, que la piste « Laetitia » venait d'aboutir.

A Sars-la-Buissière, il ne se passe jamais rien ». Comme pour contredire ce client du bistrot L'Embuscade de la rue de Rubignies, mardi dernier, ce petit village entre Lobbes et Merbes-le-Château a connu un événement peu banal.

« Vers 1 heure de l'après-midi, nous raconte la serveuse, plusieurs camionnettes et voitures de gendarmerie et aussi de police sont arrivées dans l'impasse juste à côté. Il y avait même une ambulance sur la place communale. Il y avait la BSR et la PJ, enfin je crois, ce n'était pas marqué sur leur front... Et mercredi, un hélicoptère a survolé le quartier et les environs ».
Aucun nom ne circule et subitement, quand nous questionnons, plus personne n'est de Sars-la-Buissière...

«Ils ont arrêté la femme et l'homme qui habitent juste ici derrière. Avec les policiers, il y avait aussi des psychologues,pour s'occuper des enfants du couple ».

Une petite fille de 4 ou 6 mois, un garçon de 4 ans et un autre de 12 ans, comme nous l'expliquera un adolescent habitant une maison voisine. « Mais là derrière, on a aussi arrêté un jeune homme,plus jeune. Il devait avoir 20-25 ans »,» ajoute la serveuse.

« Là derrière », c'est au cœur du Hameau de Rubignies. On y accède par une impasse venant de la rue du même nom, entre les numéros 37 et 41.
Le couple habite une maison sans numéro, au fond à droite de l'impasse.


De hauts sapins cachent l'entrée, gardée par un ou des chiens comme nous le dira un petit garçon rencontré devant. Un parterre et une avant-cour, avec des meubles de jardin et une sorte de puits. A l'arrière, des caravanes.

L'homme qui habite, là est ferrailleur, ainsi que l'explique son voisin, patron d'un garage.
« Je viens de rentrer de Marseille, je ne sais rien. On m'a raconté. Je ne sais pas comment ils s'appellent, je n'avais pas beaucoup de contacts avec eux. Bonjour, au revoir, c'est tout... »

Des voisins calmes?

« Oui, enfin, il a déjà eu les policiers chez lui pour tapage nocturne, parce qu'il travaillait sur des voitures le soir ».

C'est à peu près tout ce que nous pourrons tirer des personnes rencontrées sur place. La prudence à parler n'ayant d'égale que la réticence à se laisser photographier.

Le sommet sera atteint par cette dame, sortant d'une maison du Hameau de Rubignies et qui se dirige vers la maison du couple arrêté. Elle ne se retourne pas. Elle presse le pas et son petit garçon : «Allez Fredo, donne les clés». Elle ouvre la porte, s'engouffre dans la maison, referme sans avoir répondu à nos questions. Elle ne ressortira plus tant que nous serons là.

Yvan Scoys


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LES RAVISSEURS

Marc Dutroux: un récidiviste qui avait été condamné pour cinq viols

LA MEUSE vendredi 16 août 1996 page 10


Marc Dutroux et son épouse Hélène Martin avaient déjà été condamnés pour des faits très semblables en 1989.

Le couple vivait alors à Goutroux, près de Charleroi. Ils avaient été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Charleroi en compagnie d'un troisième larron, Jean Van Peteghem, né en 1965, également de Goutroux. Jean Van Peteghem était poursuivi pour trois viols et Marc Dutroux pour cinq viols et un vol avec violences commis pendant la nuit.

Les viols concernaient tous des jeunes filles âgées de 12 à 18 ans et avaient été commis en 86 et 87 à Carnières, Couillet, Gilly et Nalinnes. Déjà à l'époque, Dutroux avait utilisé la même méthode que pour l'enlèvement de Laetitia. Les gamines avaient été enlevées sur la voie publique, chloroformées dans une camionnette et emmenées dans un endroit reculé où elles avaient subi des sévices corporels et sexuels hallucinants et écoeurants.

Grâce à l'habileté de leurs avocats, les trois prévenus avaient été renvoyés par la chambre du conseil devant le tribunal correctionnel.


Cependant, suivant le réquisitoire du substitut M. Thierry Marchandise (l'actuel procureur du Roi de Charleroi) le tribunal correctionnel de Charleroi s'était déclaré incompétent car le vol avec violences perpétré par Dutroux était du ressort exclusif de la cour d'assises.

Marc Dutroux s'était introduit en pleine nuit dans une maison. Il avait agressé l'occupante, l'avait déshabillée, ligotée, bâillonnée et torturée de manière odieuse pendant trois heures avant qu'elle ne révèle où étaient cachées ses économies.

Ce vol avec violences perpétré pendant la nuit relevant de l'article 473 du code pénal était punissable des travaux forcés à perpétuité et n'était donc pas susceptible d'être correctionnalisé.

Le trio avait été jugé par la cour d'assises de Mons.


Marc Dutroux a été condamné à 13 ans de prison et son épouse Hélène Martin à 6 ans de prison. Cependant, ce pervers particulièrement dangereux a été remis en liberté avant la fin de sa peine à la suite d'une grâce royale.


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