samedi 21 novembre 2009

« Je pars en étant serein » (« La Dernière Heure » 31 décembre 1996 pg 10)


GEORGES DEMANET, PROCUREUR GÉNÉRAL DE MONS :

« Je pars en étant serein »

« La Dernière Heure » du mardi 31 décembre 1996 page 10

MONS - Le procureur général près la Cour de cassation de Mons va quitter ses fonctions (voir encadré ci-contre). Le 26 décembre, Georges Demanet a rencontré le chef de cabinet du ministre de la Justice pour lui faire part de ses intentions.

A 62 ans, le PG de Mons souhaite prendre une retraite anticipée, l'âge de la pension pour les magistrats étant fixé à 67 ans. Georges Demanet s'en va donc. Après 13 ans de bons et loyaux services au poste de PG ?

Il en est convaincu...

Quelles ont été les motivations profondes de votre départ anticipé ?

G. Demanet : "Pour exercer sa mission, un Procureur Général doit bénéficier d'une sérénité totale.

Compte tenu des récents événements, ce n'était plus tout à fait le cas. C'est donc dans l'intérêt de la fonction que j'ai pris ma décision. Mais j'ai d'abord tenu à ce que l'enquête menée à mon sujet par Mme Liekendael soit terminée avant de passer à l'acte. C'était une question d'honneur. Mais il fallait au préalable que cette enquête soit terminée pour ne pas que l'on puisse me soupçonner de quoi que ce soit. Aujourd'hui, c'est le cas. Et

il me semble que l'on ne peut rien me reprocher".

N'avez-vous subi aucune pression qui vous aurait gentiment incité à prendre votre retraite?

G. Demanet : « Il s'agit d'une décision strictement personnelle.C'est moi, et moi seul, qui ai demandé ma mise à la retraite anticipée »

Mais cette décision n'aurait elle pas pu être influencée. Notamment par les ennuis judiciaires rencontrés par votre fils Philippe?

G. Demanet : « Là encore, je vais être très clair,il est évident que j'ai été perturbé par ces événements. Mais à aucun moment je n'ai nourri un quelconque sentiment de vengeance envers qui que ce soit. À ce propos, je voudrais affirmer que je n'ai rencontré le juge d'instruction Laffineur, en charge du dossier, qu'une seule fois : lors de la perquisition menée au domicile de Philippe, qui est aussi le mien. Je n'ai plus eu aucun contact avec M. Laffineur. L'instruction se poursuit normalement. Elle dira si mon fils est coupable ou non. D'ici là, comme tout citoyen, il bénéficie de la présomption d'innocence ».

On a dit que vous étiez intervenu personnellement pour faire pression contre l'inspecteur de la PJ Georges Zicot, qui est à la base de l'inculpation de votre fils...

G. Demanet : « On a dit aussi que j'avais transmis une note aux enquêteurs de Neufchâteau. En fait, la veille de la conférence de M. Bourlet annonçant que M. Zicot était arrêté, un magistrat national m'a téléphoné pour m'en avertir.

Le reste, je l'ai appris par les médias. J'ai effectivement transmis des documents concernant l'inspecteur de la PJ à Neufchâteau. Mais sans aucun commentaire de ma part. C'est la procédure habituelle ».

Et en ce qui concerne la maison de M. Di Rupo à Mons ?

G. Demanet : « le n'ai jamais classé sans suite ce dossier I le vous rappelle d'ailleurs qu'une instruction à charge d'un membre de la famille Di Rupo est toujours en cours à Tournai. Pour le PG, c'est un travail normal que de surveiller le déroulement d'une enquête. J'ai parcouru le dossier et d'initiative, j'ai dressé un rapport au ministre de la Justice de l'époque, estimant qu'il n'y avait aucun indice à charge de M. Di Rupo.

Le ministre a d'ailleurs été d'accord avec moi ».

Parmi les dossiers chauds dont vous avez eu la charge durant ces 13 ans, on ne peut omettre celui des Tueurs du Brabant wallon...

G. Demanet : « C'est vrai, j'ai tenu ce dossier à bout de bras. l'ai toujours pensé que pour la démocratie, il fallait donner une réponse à l'opinion publique. le suis fier d'avoir contribuer à doter les enquêteurs de moyens humains supplémentaires. Mon regret fondamental sera finalement de ne pas avoir pu apporter de réponse sur l'identité des auteurs ».

Nourrissez-vous d'autres regrets?

G. Demanet : « Oui, concernant l'assassinat de Simon Poncelet. Je connais très bien son père, le Procureur du Roi de Tournai. Nous étions ensemble aux cours. J'aurais souhaité mettre fin à cette affaire et retrouver les auteurs. Hélas... ».

Vous partez quand même avec le sentiment du devoir accompli?

- G. Dernanet : « Je crois avoir fait ce qu'il était humainement possible de faire. J'ai peut-être commis quelques maladresses. Mais en 13 ans de carrière, qui n'en commet pas ? Aujourd'hui, ma seule préoccupation est d'assumer à 100 % mes fonctions jusqu'au 31 janvier. Après, on verra... ».

Propos recueillis par Valéry Saintghislain

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UN PROCUREUR S'EN VA : Une sortie par la petite porte

« La Dernière Heure » du mardi 31 décembre 1996 page 10

MONS le doyen des premiers magistrats du Royaume rêvait d'une autre fin de carrière ! Certains disent que c'est contraint que Georges Demanet quittera ses fonctions au soir du 31 janvier. les ennuis de M. Demanet débutent avec l'enquête menée à charge de son fils Philippe, expert automobile auprès des parquets, suspecté d'avoir fraudé à l'assurance en maquillant le vol de sa Porsche.

A la base de cette enquête, l'inspecteur Georges Zicot, celui-là même qui est apparu dans des dossiers connexes à l'affaire Dutroux.

Le PG est soupçonné d'avoir mis des bâtons dans les roues du PJ man carolo. Le père a beau crier haut et fort qu'il n'est pas intervenu pour blanchir son fils, dans le contexte actuel, le mal est fait. Le PG prend alors en septembre un congé exceptionnel de trois mois, avec l'accord (le soulagement ?) du ministre de la Justice. Ce premier intermède est renouvelé, le temps que M. Vellu mène son enquête.

Celle-ci est favorable au PG qui réintègre ses fonctions. Mais pour peu de temps... Mme Liekendael s'en mêle et se penche sur le dossier de la maison de M. Di Rupo. M. Demanet est suspecté d'être intervenu pour le classer sans suite.

Les conclusions de Mme Liekendael sont-elles à la base du départ précipité de Georges Demanet ? Lui, dément et prétend être parti de son plein gré.

Val. S.

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M.-F. BOTTE À LA PJ

Elle est encore menacée

« La Dernière Heure » du mardi 31 décembre 1996 page 10

BRUXELLES Nouvelles menaces sur la vie de Marie-France Botte, la meilleure spécialiste belge de la lutte contre le tourisme sexuel et la pédophilie dans le sud est asiatique. Marie-France Botte a passé une bonne partie de la matinée d'hier au Groupe de répression du banditisme (GRB) de la PJ de Bruxelles, en particulier dans le bureau de l'inspecteur Luc Moreau.

Arrivée très tôt au matin, Mme Botte n'a quitté le bâtiment que peu avant midi. Un proche, l'illustrateur de l'ouvrage Mimi fleur de Cactus réalisé pour aider nos enfants à mieux combattre les abus sexuels, accompagnait la jeune femme.

Le parquet de Bruxelles nous a confirmé, hier soir, que MFB n'était pas du tout entendue après qu'une plainte ait été déposée sur les dessous financiers de l'asbl Opérations Marie-France Botte. Cette autre enquête est d'ailleurs confiée a un tout autre service de la PJ, la section financière.

Depuis début octobre, Mme Botte se plaint régulièrement d'être menacée. Trois fois au moins. Le mercredi 9, un inconnu l'avait attaquée alors qu'elle regagnait son domicile, à Forest.

Certains se sont posés des questions, surtout sur la description qu'elle a donné de son agresseur. Celui-ci ressemble comme deux gouttes d'eau à Eric Van der Haegen, l'un de ceux à l'accuser de malversations.

Depuis lors, il est vrai que d'autres témoins-clés ont été attaqués. Marie-France Botte a même changé de domicile.

Hier soir, la police de Bruxelles indiquait que de nouvelles mesures de sécurité avaient été prises pour assurer sa sécurité. Il lui a fallu près de quatre heures d'audition pour détailler les nouvelles menaces apparemment donc très précises – qui pèsent sur sa personne et son entourage.

Gilbert Dupont

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Légende photo :

Marie-France Botte fait [objet de nouvelles menaces. Lundi, elle en a expliqué la teneur à la PJ, durant quatre heures. (Ph. Way Press)

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