samedi 21 novembre 2009

« Connerotte, le véritable héros »(« La Dernière Heure » 31 décembre 1996 pg 9)


« Connerotte, le véritable héros »

LES PARENTS LEJEUNE ET RUSSO LUI RENDENT HOMMAGE

« La Dernière Heure » du mardi 31 décembre 1996 page 9

GRÂCE-HOLLOGNE Au travers d'un long communiqué, les parents de Julie et Mélissa ont tenu, lundi, à rendre hommage au juge Connerotte. Pour eux, et pour beaucoup de citoyens d'ailleurs, il est l'homme de l'année.

Les parents s'étonnaient que les lecteurs du journal Het Laatste Nieuws aient placé parmi les personnalités de l'année le jeune homme de Bertrix qui avait relevé le numéro de plaque de la camionnette de Dutroux, le 9 août (précisons que ces mêmes lecteurs ont placé le juge Connerotte en numéro 1).

« Dans toute enquête, c'est le juge saisi qui a le pouvoir de faire tout ou rien de l'élément qu'on lui apporte. Dans l'enquête sur la disparition de Laetitia, c'est Jean Marc Connerotte qui a été capable de tirer le meilleur parti des éléments donnés, dont ce numéro de plaque.

Chacun est-il encore bien conscient que c'est à cet homme précisément que doivent aujourd'hui la vie Sabine et Laetitia ? »

Carine et Gino Russo, Louisa et Jean-Denis Lejeune déplorent les critiques formulées à l'égard du juge dessaisi.

« On persiste à l'appeler le petit juge de Neufchâteau. On va même jusqu'à lui reprocher d'avoir ouvert un numéro vert (ce monstrueux instrument de délation). Ici, déjà, c'est oublier un peu vite que d'autres téléphones verts existent et qu'il y a plus d'une façon de faire de la délation. Tout est question de conscience. De valeur. Peut-on considérer comme délation l'enfant qui donne le nom de son tortionnaire ? L'adulte qui l'aide à en parier ?

C'est aux acteurs du pouvoir judiciaire de faire preuve de civisme et de conscience en utilisant avec précaution les éléments d'information qui lui parviennent. L'affaire Di Rupo, citée en exemple de dérive due au danger de la délation, relève bien plus, une fois encore, de graves erreurs judiciaires ,fuites inadmissibles, pré jugement intéressé, dossier ficelé à la va-vite juste digne de ces dossiers antisémites que ficelaient expéditivement la magistrature du III ème Reich) que d'esprit de délation venant du citoyen. Et à ce que chacun sache, ces débordements ne sont en aucun cas imputables à M. Connerotte »

« Un grand juge »

Les parents de Julie et Mélissa veulent remettre les pendules à l'heure. "Fin d'année, temps des bilans, il est temps de rendre à César ce qui appartient à César. M.Connerotte n'est pas un petit juge.

M. Connerotte est un grand juge. Il a réussi ce qu'aucun autre en Belgique n'avait réussi avant lui : extirper des enfants d'un réseau de pédophilie criminel, organisé et de surcroît protégé.

Il a pris tous les risques, il a mis tous les moyens, il a mis toute l'urgence et toute sa disponibilité. Un numéro de plaque, ce n'est pas l'élément chance qui a manqué aux autres juges chargés des mêmes affaires d'enlèvements d'enfants.

Restons sérieux, objectifs, un numéro de plaque, c'est un élément d'information comme un autre et parmi d'autres. A relier à d'autres. A bien vouloir exploiter jusqu'au bout (...). Pour lui (le jeune qui a donné le numéro de plaque), quoi de plus naturel que son témoignage. Le juge en question aurait pu le négliger. La preuve : quels éléments d'importance n'ont-ils pas été négligés à Liège dans l'enquête sur l'enlèvement de Julie et Mélissa ".

« Apaiser la souffrance »

Jean-Marc Connerotte reste à leurs yeux « celui qui, non seulement a sauvé des enfants, mais aussi, a apporté la vérité sur la disparition de nos enfants. L'effroyable réponse que nous avons obtenue à notre angoissante attente de quatorze mois, c'est lui qui nous l'apporte. »

« Grâce à lui, Julie et Mélissa ont aujourd'hui au moins une tombe décente, où nous pouvons aller nous recueillir et que nous pouvons fleurir. Un petit coin de terre où nous pouvons planter un arbre à notre guise, un arbre qui, en poussant, puisse nous réconforter sur le sens de la vie. Un arbre qui peut tirer toute sa splendeur de la terre à laquelle nos petites filles n'en finissent pas d'offrir leurs petits corps meurtris jusqu'à ce qu'ils ne soient plus. Un arbre qui portera des fleurs, des fruits, qui accueillera des oiseaux, le soleil et la pluie.

Des fruits qui nourriront peut-être toute une petite faune, petite faune qui sera vie et qui portera la vie de chaîne en chaîne. Et peut-être retrouvera-t-on, un jour, une petite fille, deux petites filles ou tant d'autres, grandissant de la vie de cet arbre. Au moins, avec cette pensée sommes-nous capables d'apaiser un peu notre souffrance d'avoir perdu notre Mélissa, notre Julie. Ce qui aurait été impossible si nous étions restés dans l'ignorance. Ce qui aurait été impossible sans l'intervention humaine du juge de Neufchâteau. »

En conclusion, les parents Lejeune et Russo estiment que « ce n'est pas encenser le juge Connerotte que de le citer comme l'homme providentiel de l'année 96, ce n'est que lui rendre justice ! »

B. F.

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Des mots qui resteront dans nos mémoires...

30 PHRASES POUR NE PAS OUBLIER

« La Dernière Heure » du mardi 31 décembre 1996 page 9

- « Je vais vous donner deux filles. »

Marc Dutroux, le 15 août 96, lors d'un interrogatoire mené par le Parquet de Neuchâteau qui enquête sur la disparition de Sabine. Sabine et Laetita seront retrouvées vivantes dans une cache située au domicile de Dutroux à Marcinelle.

- « M. Wathelet a-t-il la conscience tranquille ? »

Affiche placée par les parents de Julie et Mélissa, le samedi 18 août, après la découverte des corps à Sars-la-Buissière.

- « J'ai pris mes responsabilités dans le dossier sur la libération conditionnelle de Marc Dutroux. »

Melchior Wathelet, dans une interview accordée à la DH le 20 août.

- « A quoi ont servi nos actions et nos prières ? Est-ce que /e bon Dieu est sourd ? »

L'abbé Schoonbroodt, lors des funérailles de Julie et Mélissa, le 22 août.

- « Les critiques formulée par les parents de Julie et Mélissa concernant les dysfonctionnements de l'enquête sont fondées. »

Stefaan De Clerck, ministre de la Justice, le 23 août.

Marche blanche

- « J'irai jusqu'au bout... si on me laisse faire. »

Michel Bourlet, à la RTBF le 24 août.

- « An et Eeefje sont mortes. Maintenant nous allons rentrer chez nous, nous embrasser et embrasser nos enfants. »

Betty et Paul Marchai, le 3 septembre, lorsque la terrible nouvelle a été confirmée.

- « Ne rêvons plus, mais battons nous pour un monde meilleur. «

Paul Marchal, lors des funérailles d'An, le 7 septembre.

- « On a peut-être donné l'impression que l'on ne se souciait pas assez de ces problèmes de société (les disparitions d'enfants) et du problème des institutions. C'est peut-être une erreur. »

Jean-Luc Dehaene, à la RTBF (e 7 octobre.

- « Les sentiments, les états d'âme, il faut les laisser à la porte de ce prétoire, car nous avons juré obéissance à la loi. Or qu'impose la loi ? Le dessaisissement du juge Connerotte. Je le regrette. »

Eliane Liekendael, le 9 octobre, lors du désormais célèbre arrêt Connerotte.

- « Si ça se passe comme cela en Belgique, c'est fini : tout le monde va descendre dans la rue, et

moi avec. »

Paul Marchal, commentant l'arrêt Connerotte, le 9 octobre.

- « Entre les citoyens et les crapules, la Justice a choisi son camp. »

Un manifestant devant le palais de Justice de Bruxelles, le 9 octobre.

- « La Reine et moi sommes convaincus que cette tragédie doit maintenant être l'occasion d'un sursaut moral et d'un changement profond dans notre pays. »

Le roi Albert II, recevant les parents des victimes le 18 octobre.

- « Quand j'étais toute petite, on me disait toujours que la foi déplaçait les montagnes et je ne comprenais pas ce que cela voulait dire. Aujourd'hui je comprends. »

La maman d'Élisabeth, le 20 octobre, lors de la Marche blanche.

- « Maintenant, j'ai le sentiment qu'on ira jusqu'au bout. Même si on ne nous laisse pas faire. »

Louisa Lejeune, le 20 octobre, lors de la Marche blanche.

Les dysfonctionnements

- « Le jour de la disparition de Loubna, les policiers nous ont reçus comme si c'était pour signaler la perte d'un portefeuille. »

Nabela Benaissa, le 27 octobre devant la Commission Dutroux.

- « Nous avons été leurrés pendant quatorze mois. »

Jean-Denis Lejeune, s'adressant aux lecteurs de la DH, le 19 novembre lors d'un débat organisé cent jours après la libération de Sabine et Laetitia.

- « On est écoeuré. Où sont les promesses de la Marche blanche ? Nous ne voyons rien venir et cela n'aide pas à oublier. Si tant est que l'on puisse oublier un jour... »

Patricia Delhez, la maman de Laetitia, le 22 novembre.

- « Certains services de police font des enquêtes sur des membres de la commission Dutroux pour essayer de trouver des moyens de les attaquer. »

Serge Moureaux, membre de la Commission Dutroux, le 23 novembre sur RTL-TVI.

- « Quand la commission Dutroux aura fini ses travaux, j'espère que les ministres Vande Lanotte et De Clerck prendront leurs responsabilités. »

Gino Russo, le 27 novembre.

- « Je n'ai pas signé les yeux fermés. Je prends la responsabilité de ma signature. »

Melchior Wathelet, le 29 novembre devant la Commission Dutroux.

- « De la haine, non... Il m'inspire de l'indifférence. C'est comme un caillou sur la route. »

Jean-Denis Lejeune, le 29 novembre, quand la presse lui demande d'exprimer ses sentiments à l'égard de M. Wathelet.

« Jusqu'au bout ! »

-« Dans cette enquête, tout le monde a travaillé sur son mètre carré, pour sa propre boutique. »

Stefaan De Clerck, ministre de la Justice, le 29 novembre devant la Commission Dutroux.

- « Oui, les gendarmes appelés à comparaître devant la Commission Dutroux ont reçu une liste assez complète des questions susceptibles de leur être posées. »

Le service de presse de la gendarmerie, le 3 décembre.

- « Il est exact que certaines auditions sont pleines de contradictions et d'incohérences. La question est de savoir pourquoi ? »

Les membres la Commission Dutroux, le 13 décembre.

- « Je déplore les pressions incroyables qui s'exercent sur la Commission. »

Vincent Decroly, membre de la Commission Dutroux, le 14 décembre.

- « C'est pour écarter la PJ que les gendarmes n'ont pas demandé de mandat à Mme Doutrewe, pour éviter que la cellule d'enquête Julie et Melissa, dirigée par la PJ, soit au courant »

Jean Laithem, commissaire à la PJ, le 16 décembre devant la Commission Dutroux.

- « La gendarmerie a voulu jouer cavalier seul et a commis une grave erreur de jugement. »

Martine Doutrewe, juge d'instruction chargée de l'enquête sur la disparition de Julie et Melissa, le 17 décembre devant la Commission Dutroux.

- « Ce qui se passe est très grave. Un de vous ne dit pas la vérité. Je me demande si celui ou celle qui est en train de faire cela se rend bien compte de ce qui se passe. »

Marc Verwilghen, président de la Commission Dutroux, le 18 décembre, s'adressant à la juge Doutrewe et à l'adjudant Lesage de la BSR de Seraing, lors de leur confrontation.

- « Ce qui s'est passé lors de cette confrontation est un fait exceptionnel. On a menti devant la Commission. Il faudra des années pour réparer tout cela. Jusqu'à présent, on avait des versions contradictoires mais tout pouvait s'expliquer par un manque de moyens, un manque de communication, voire un concours malheureux de circonstances. Maintenant nous savons que ce n'est pas le cas. »

Patrick Moriau, membre de la Commission, le 19 décembre, au lendemain de la confrontation entre Martine Doutrewe et l'adjudant Lesage.

- « Il ne faut pas perdre espoir et continuer à croire en la bonne volonté des gens. Moi-même, j'ai retrouvé le sourire et j'espère qu'en 97 le soleil brillera à nouveau dans toutes les familles de Belgique. »

Laetitia Delhez, dans son message de Noël le 24 décembre 1995.

L. L.

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Odieuses photos de Julie et Méissa sur Internet

« La Dernière Heure » du mardi 31 décembre 1996 page 9

ANVERS La PJ d'Anvers a interpellé un jeune de Brasschaat âgé de 18 ans qui avait diffusé sur Internet des photos « trafiquées » de Julie et Mélissa nues. L'individu explique qu'il s'agissait d'une blague. Il avait utilisé le nom d'une connaissance à qui, dit-il, il voulait jouer un mauvais tour.

Nous n'avons pas eu le cœur de demander aux parents ce qu'ils en pensaient.

La computer crime unit de la PJ d'Anvers a débusqué le jeune homme qui a été interpellé la semaine dernière pour être mis à disposition du parquet. Son matériel informatique a été saisi.

Depuis quelques semaines, la PJ surveille Internet. Un point de contact relatif à la pornographie enfantine a été créé sur le réseau. Il est à disposition des cybernautes qui s'en servent pour signaler tout ce qui leur parait anormal.

Gil.

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Tunnel Puit Saint Louis : Trêve jusqu'à jeudi

« La Dernière Heure » du mardi 31 décembre 1996 page 9

JUMET Les pénibles travaux ont continué toute la journée sur le site du carreau de mine du Puits saint Louis à Jumet où les gendarmes du DVI, les membres de la protection civile et les spéléologues prospectent toujours cette vaste étendue, de forme triangulaire, de quatre hectares et demi.

De l'aveu des enquêteurs, le puits aura bientôt cessé de les intéresser. Le site, divisé en 19 zones, a déjà fait l'objet d'un examen approfondi en surface. 18 des zones semblaient même terminées, lundi soir, mais la nouvelle cartographie élaborée à leur demande, semble leur avoir réservé de nouvelles surprises.

Ainsi, outre la cave citerne qui a été, lundi, entièrement vidée, d'autres caves qui n'ont pas été mises au jour, sont mentionnées sur différents documents et ont été répertoriées sur carte. II faudra les trouver et vérifier si elles donnent accès à une quelconque galerie. Lundi, c'est l'entrée du site qui était l'objet de travaux importants.

Pendant ce temps, des repérages continuaient un peu partout. On a ainsi retrouvé les caves des anciens

Baraquements destinés aux mineurs italiens, baptisés maisons des Italiens, qui ont été rasés mais dont subsistent les sous-sols. Dès que le Puits saint Louis aura livré ses secrets, les enquêteurs émigreront.

Les repérages semblent se concentrer actuellement sur le site du Rivage, où les wagonnets de houille étaient amenés pour le lavage et le triage, et qui est proche du canal.

Le Puits Saint Quentin, relié par galeries au saint Louis intéresse aussi beaucoup les limiers qui n'ont pas négligé pour autant les étangs Caluwart et le terril tout proche.

L’adjudant Soumoy et le commandant Dewinne doivent bien admettre que, jusqu'à présent, toutes les recherches n'ont pas permis de découvrir le moindre indice concluant.

La détermination des fouilleurs n'a cependant pas faibli: ils sont toujours persuadés qu'ils finiront par découvrir cette fameuse galerie où Marc Dutroux a séquestré des enfants.

Lundi, les deux juges d'instruction en charge du dossier à Neufchâteau, MM. Langlois et Gérard sont venus à Jumet pour se rendre compte, sur le terrain, de l'avancement des fouilles et prendre des renseignements concernant la suite des événements.

Une visite qui succède à d'autres et qui montre l'intérêt porté aux fouilles par les responsables du dossier.

Nouvelles cartes

L’événement, lundi, était surtout l'arrivée des nouvelles cartes mises au point par un staff d'architectes et de géologues. Ce nouvel outil de travail était très attendu par les enquêteurs qui devaient toujours se dépêtrer dans un fatras de cartes à échelles différentes, prenant chacune des points de repères différents et dont certaines dataient de l'époque napoléonienne.

Les spécialistes ont planché pendant trois jours et trois nuits pour arriver à ce résultat. Ils ont découvert une bonne cinquantaine de sorties de galerie, de puits, de conduits d'aération dont tout le monde avait perdu jusqu'au souvenir.

Certains sont inutilisables: on cite ainsi, par exemple, une bouche d'aération sur laquelle a été construite une maison. D'autres issues n'ont toujours pas été découvertes. C'est notamment à cette tâche que s'attelleront les chercheurs dès la reprise des travaux.

Les cartes ont aussi tenu compte des précieuses données recueillies auprès des anciens mineurs et des ingénieurs de mines qui avaient une connaissance affinée du terrain.

Rendez-vous est pris pour jeudi, en espérant un adoucissement des températures.

F. M.

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