vendredi 7 novembre 2008

Les ombres du dossier Nihoul (« Soir illustré » 9 octobre 1996 pg 30 et 31)


Les ombres du dossier Nihoul

« Soir illustré » du  mercredi 9 octobre 1996 pages 30 et 31

Après l'avocat de Marc Dutroux, ce sont les avocats de Michel Nihoul et Marlène De Cokere, Frédéric

Clément de Cléthy et Virginie Baranyanka, qui déposent une requête en suspicion légitime sur trois point précis. Et ils estiment que le dossier de Michel Nihoul, tel qu'il est constitué à ce jour, ne justifie pas que la chambre du conseil refuse, une nouvelle fois, sa libération.

Depuis que les enquêtes progressent sur l'affaire Dutroux, les projecteurs se braquent immanquablement vers Nihoul, appréhendé et inculpé de participation à une association de malfaiteurs impliquée dans des enlèvements et des séquestrations d'enfants, notamment de Laetitia, le 09.08.96 à Bertrix. Une trentaine d'enquêteurs seraient chargés de ce seul dossier Nihoul et étudieraient toutes les pistes possibles qui permettraient de découvrir l'une ou l'autre organisation ou réseau de pédophilie car on reste persuadé qu'elles existent. Michel Nihoul connaissait beaucoup de monde. On sait qu'il était un adepte de l'échangisme.

Et c'est à l'occasion d'une de ces parties fines qu'il aurait fait la connaissance, entre autres, de Marlène De Cokere, devenue sa compagne pendant 14 ans. Parmi ses nombreuses relations, différentes personnalités politiques ont été citées car elles auraient assisté à l'une ou l'autre des soirées qu'il organisait pour établir les liens indispensables au développement de ses affaires.

Ainsi, au château de Faulx-les-Tombes, dans lequel lui et sa compagne ont vécu. Nihoul a développé de nombreux contacts dans le monde politique et des affaires et il n'est donc pas étonnant que toute une série de personnages se retrouvent maintenant sous les feux des projecteurs, ne fut-ce que pour tenter de remonter l'une ou l'autre piste.

Nous l'avions écrit précédemment, Michel Nihoul a eu de nombreuses activités dans des domaines divers, louches pour la plupart, c'est le moins qu'on puisse dire, et qui lui servaient avant tout à s'introduire un peu partout avec le culot qu'on lui concède, fût-il exploité à mauvais escient.

Hormis sa radio-libre, Radio Cinquantenaire, il y aura eu aussi J and M (du prénom qu'il se donnait, Jean-Michel) et Radio activité, dont le président, Didier Jenaert, était le gendre de Léon Defosset. De faillites en escroqueries, en passant par l'affaire de SOS Sahel, pour laquelle il devrait être jugé prochainement, les restaurants qu'il livrait de diverses victuailles, la confrérie de la bière Li Crochon, les moules, les crustacés, les médicaments, Nihoul aura aussi vendu des véhicules utilitaires en afrique. Il se serait même rendu à Saint-Domingue pour les mêmes raisons. Il se dira expert en bâtiment et ingénieur civil de formation. Il a, semble-t il, été diplômé de l'école de La Cambre à Bruxelles, en tant qu'architecte d’intérieur. Mais il avait également d'autres projets: louer un magasin à Jumet pour y vendre des cassettes vidéo, reprendre le bail d'un magasin de mode à Jumet et, juste avant de se faire appréhender, signer un contrat d'exploitation d'une taverne danoise rue du Trône à Ixelles.

Mais Nihoul a aussi joué les détectives. Informé par Lelièvre, le copain de Dutroux, il aurait été mis au courant d'un trafic international de voitures volées en Belgique, stockées en Hollande, puis expédiées au Maroc.

A l'occasion du transfert d'une Mercedes vers l'Espagne, Nihoul aurait donc suivi la voiture inscrite au nom de Lelièvre et conduite par un certain Walch. Il avait, dira-t-il, l'intention de connaître la personne qui devait réceptionner ce véhicule et démanteler le réseau.

Ce voyage a, semble-t-il, été effectivement organisé pour le compte de la compagnie d'assurance, La Royale Belge, et ce serait à cette occasion qu'il a fait la connaissance de l'inspecteur de la BSR de Dinant, Vanesse, inculpé depuis dans l'affaire Dutroux, et dont Nihoul se disait l'informateur. La compagnie d'assurances lui aurait payé une somme totale de 80.000 francs.

Mais le rôle d'informateur, que se donnait donc Nihoul, ne se serait pas limité à débusquer un trafic international de voitures volées. Il aurait aussi démasqué une affaire de drogue en faisant tomber le même Walch, qui transportait, quelques mois plus tard, une dizaine de kilos d'amphétamines dans un sac. Nihoul attendrait encore d'être rémunéré pour cette affaire-là.

UN EMPLOI DU TEMPS CRITIQUE

Nihoul aurait fait la connaissance de Lelièvre par l'intermédiaire d'un Hollandais, un certain Casper Flire, ancien codétenu de Lelièvre à la prison de Forest et client de la compagne de Michel Nihoul, l'avocate Annie Bouty.

Apparemment, Lelièvre, qui était au chômage, aurait sollicité les  bons conseils de Nihoul pour l'aider à résoudre quelques problèmes administratifs relatifs à sa mutuelle et aussi l'aider à trouver un moyen pour échelonner le paiement d'une amende de roulage qui s'élevait à une quarantaine de milliers de francs. Ils se seraient rencontrés quelques fois à ce sujet, dans le courant de l'été 1995. Lelièvre aurait ensuite présenté Marc Dutroux à Nihoul pour faire l'expertise d'un de ses immeubles.

Cette première rencontre entre Marc Dutroux et Michel Nihoul aurait eu lieu chez Dutroux, à Sars-la-Buissière. La deuxième dans la maison que Dutroux voulait faire expertiser. La troisième rencontre chez Annie Bouty; et la quatrième, lors de la prise en charge du véhicule de Nihoul, qui serait tombé en panne et que Lelièvre et Dutroux auraient proposé de dépanner. Le 11/07/95, Lelièvre serait venu chercher la voiture de Nihoul en panne. En cours de route, il se fait arrêter lors d'un contrôle de routine par la police de la route. Les documents de la voiture n'étant pas en ordre, celle-ci est envoyée à la fourrière Radar à Bruxelles.

Une semaine plus tard, pendant la période de l'enlèvement de la petite Laetitia, Nihoul harcèle Marc Dutroux au téléphone parce qu'il ne supporte plus d'être sans voiture. Et, finalement, Dutroux et Lelièvre promettent de venir rechercher cette voiture avec une remorque, le dimanche suivant, en début d'après-midi. La veille, soit

le samedi, le lendemain de l'enlèvement de Laetitia, Nihoul et Lelièvre avaient été ensemble à la police pour régler l'amende et les frais de la fourrière et obtenir ainsi l'autorisation de retirer la voiture.

Pour l'avocat de Michel Nihoul, Dutroux et Lelièvre ne parviennent pas à justifier leur emploi du temps pendant la période de l'enlèvement de Laetitia et tentent d'invoquer le remorquage de la voiture de Nihoul comme alibi. «Nous avons le sentiment que, si cette voiture avait été dépannée le week-end précédent, dit encore l'avocat, on n'aurait jamais parlé de Nihoul dans ce dossier. Nous plaiderons la libération de notre client, car j'estime qu'à ce jour, tel que le dossier est constitué, il n'y a pas d'indice de culpabilité de notre client en ce qui concerne le dossier rapt et séquestration d'enfants».

Et qu'en est-il des fameux alibis de Nihoul le jour de l'enlèvement de Laetitia, le 9 août 1996 ?

Différentes déclarations plaident, en effet, en faveur d'un alibi béton, comme on dit. Michel Vanderhelst, l'ancien avocat qui avait été impliqué dans l'affaire de la bande à Haemers, atteste que Nihoul aurait fait des travaux de nettoyage dans son appartement le 8 août. Le 9, Nihoul et Vanderhelst auraient pris un lunch, place Dailly, et se seraient ensuite retrouvé dans un établissement de la rue Edith Cavell, Le Bistouri, vers 15h30. Le même soir, Vanderhelst aurait invité Nihoul à dîner chez lui, dans sa maison de Linkebeek, où ils auraient rencontré un autre couple qui atteste aussi de leur présence. Qu'en est il alors de la patronne du Bistouri et du personnel qui y travaillait et qui ne se rappellent pas avoir vu, ce jour là, les deux personnes dont on leur montre les photos, Nihoul Vanderhelst?

Et pourtant, lors des interrogatoires de Dutroux, qui semble passer aux aveux, et de Lelièvre qui s'embrouille dans des explications bizarres, il ressort que les trois protagonistes entretenaient des relations suspectes

Du moins en ce qui concerne projets dont l'un prétend que c’est l'autre qui en a eu l'idée ou l'initiative.

Dutroux affirme que Nihoul l'aurait contacté car il cherchait des filles à placer dans un réseau de prostitution en Belgique et qu'il savait que Marc Dutroux avait des contacts dans ces différents pays. Quand Nihoul, il prétend que cette verssion est fausse. Ce serait au contraire Dutroux qui lui au demandé s'il connaissait quelques patrons de bars qui pouvaient accueillir des jeunes filles,il aurait même ajouté qu'il fallait choisir des filles avec une cerne classe pour travailler dans les bars et aurait fait mine de marcher dans la combine  dans le but de monter un dossier pour son ami de BSR...

 «Non, insiste l'avocat Nihoul, dans ce dossier, à ce jour,à moins que des éléments complémentaires ne viennent le contredire, il n'y a rien qui puisse justifier l'inculpation de mon client dans le rapt et la séquestration. Il est possible que d' autre P.V. ne soient pas encore verser au dossier. Mais normalement nous avons accès à tout le dossier c'est la loi. Nous devrions repasser en chambre du conseil puisque la cour de Cassation à rejeté le pourvoi».

Vous avez introduit un recourt en suspicion légitime?

Oui pour trois raisons: premièrement, nous estimons, mon associé et moi, qu'il y a une trop grande proximité entre le juge d'instruction et certaines partie au procès. Deuxièmement, nous estimons qu'il y a une trop grande proximité entre le juge d'instruction et le parquet. Et troisièmement, sur certains élément précis de l'enquête,on instruit exclusivement à charge, ce qui nous semble extrêmement inquiétant.

 

Michel Jaspar

 

1 commentaires:

À 14 septembre 2017 à 13:19 , Anonymous achat viagra en ligne a dit...

si vous voulez faire l'achat viagra en ligne en France sans ordonnance et pas cher, rendez vous sur le site des pharmacie en ligne!

 

Enregistrer un commentaire

Abonnement Publier les commentaires [Atom]

Liens vers cet article:

Créer un lien

<< Accueil

Free Web Counters
Free Counter