lundi 27 octobre 2008

Interview : Thierry GIET (Télé Moustique du jeudi septembre 1996 page 35)


Interview : Thierry GIET

« Difficile de faire part de ma conviction personnelle »

Télé Moustique du jeudi septembre 1996 page 35

Fils de l'ancien procureur général de liège, Thierry Giet est aujourd'hui député du Parti socialiste et comme tel il s'intéresse particulièrement aux dossiers relatifs à la justice. Au début des années quatre-vingt, il intervint aussi comme avocat dans le dossier CME.

Exercice de mémoire.

Connaissez-vous personnellement Michel Nihoul?

Thierry Giet. - Non.

Vous ne l'avez jamais rencontré?

T.G. T Rencontré? Disons que je l'ai vu une demi-heure au fond d'une salle d'audience en 1983. II était là. Je savais que c'était Nihoul. Mais c'est tout. Je ne lui ai jamais serré la main. Je ne lui ai jamais adressé un mot.

Vous avez plaidé naguère dans l'affaire du CME. Pour vous, s'agit-il d'une simple affaire d'escroquerie ou bien ce dossier faisait-il apparaître d'éventuels pots-de-vin?

T.G. - Dans cette affaire, la défense de notre client M. Guffens était de dire qu'il avait dû payer des pots-de-vin. En réalité, lui ni personne d'autre d'ailleurs n'a pu établir qu'il y avait un corrompu. Or, pour qu'il y ait pots-de-vin, il faut tout de même qu'il y ait un corrupteur et un corrompu. Par conséquent, les condamnations qui sont intervenues et donc la vérité judiciaire, c'est que ce dossier relevait de l'escroquerie.

C'est votre conviction aussi?

T.G. - Je vous le répète: la défense de M. Guffens était de dire qu'il n'avait pas profité de l'argent détourné et qu'il l'avait donné à un intermédiaire, on ne sait pas très bien qui. Alors voilà! Mais comme j'étais avocat dans ce dossier, c'est un peu difficile pour moi de vous faire part de ma conviction.

Dans cette affaire, les avocats Georges Dehousse, Marcel Cools et vous, avez demandé des honoraires d'un montant de 2,5 millions de francs. C'est une somme importante!

T.G. - Il faudrait en parler à Georges Dehousse et Marcel Cools. En 1983, je n'avais qu'un an de barreau et par conséquent, j'étais stagiaire. Si je suis intervenu dans ce dossier, c'est que j'avais un peu plus de temps que Georges Dehousse et Marcel Cools qui étaient déjà des avocats confirmés. II y avait quatorze ou quinze audiences à préparer, c'était important. De toute façon, les honoraires ont été fixés à l'époque par rapport à l'activité professionnelle des deux autres avocats qui défendaient M. Guffens. Etant encore stagiaire, je ne suis pas intervenu là-dedans.

Mais maintenant que vous êtes vous même un avocat confirmé, est-ce que ces honoraires de 2,5 millions de francs vous semblent démesurés?

T.G. - Vous n'êtes pas sans savoir que dans ce dossier il y a eu une contestation d'honoraires (faite par M. Guffens en fin de course. Et que la sentence arbitrale qui a été rendue nous a donné raison.

Est-il exact que ce soit Michel Nihoul qui ait donné l'ardent de ces honoraires en tant qu'intermédiaire de Jean-Pierre Guffens?

T.G. - Personnellement, je n'ai pas vécu cet épisode. C'est à Georges Dehousse qu'il faut poser cette question.

Question subsidiaire qui n'est pas directement liée à l'affaire du CME. Cela ne vous pose-t-il pas un problème de conscience d'être le fils de Léon Giet et d'être en même temps chargé par le PS d'examiner au parlement l'enquête sur l'enquête concernant notamment l'affai re Julie et Melissa?

T.G. - Mais je ne suis pas chargé par le PS de faire cela! Il n'y a aucune décision de principe qui a été prise à ce niveau. Simplement, il se fait que ma formation me permet de réagir plus facilement qu'un ingénieur dans ce genre de dossier.

Ce n'est pas vous qui vous occupez de ce dossier? Pourtant, c'est vous que l'on entend à son sujet!

T.G. - Tout le monde est susceptible d'intervenir sur ce dossier! Maintenant, c'est vrai que c'est moi qui l'ai fait. Mais pour répondre à votre question sur le fond, je dirais que très franchement mon père a pris ses responsabilités dans le cadre de son activité professionnelle. Jusqu'à preuve du contraire, personne ne lui reproche quoi que ce soit dans le cadre de l'enquête « Julie et Mélissa ».

II y a tout de même une polémique concernant l'accès au dossier par les parents des petites?

T.G. - Encore une fois, il a pris ses respon sabilités. A-t-il bien fait, a-t-il mal fait, chacun pense ce qu'il veut. C'était son problème. II a pris position. Pour ma part, l'ai été élu député par la population et j'assume mon mandat de député.

Et si d'aventure il devait apparaître qu'il y a eu des manquements graves au niveau du parquet général de Liège dans cette affaire?

T.G. - Je me retirerais du débat. Cela va de soi.

 Entretien: M.Bf.

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PLAINTE EN DIFFAMATION?

De son côté, Marcel Cools nous annonce que son cabinet, ainsi que celui de Georges Dehousse, préparent ensemble une plainte en calomnie et diffamation contre Georges Frisque, leur principal accusateur actuel dans le dossier du CME. "Celle-ci serait déjà lancée s'il n'y avait pas eu les développements actuels de l'affaire Cools ", précise-t-il. A propos d'éventuels pots de vin dans ce dossier, l'avocat flémallois s'en tient aujourd'hui à la vérité judiciaire: "Cela a été jugé comme étant une escroquerie" . Enfin, pour ce qui est de la question des honoraires importants qui furent réclamés dans ce dossier, il rappelle lui aussi que cette question fut officiellement arbitrée à l'avantage du trio d'avocats.        

M.Bf.

 

 

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