lundi 20 octobre 2008

La justice Belge est pourrie par Maître Garaud ( Ciné Télé Revue du jeudi 26 septembre 1996 page 28 ,29 et 30)


La justice Belge est pourrie par Maître Garaud

 Ciné Télé Revue du jeudi 26 septembre 1996 page 28 ,29 et 30

 Ancien avocat de l'affaire Villemin Me Garaud juge les errements de l'affaire Dutroux.

Un réquisitoire impitoyable Pour les Belges, la justice est une vaste pantomime dirigée par Guignol »

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 « Tuer un enfant, c'est tuer le futur. Une société qui ne comprend pas cette règle est vouée à sombrer dans le chaos. C'est ce qui se passe en Belgique»

« J'ai entendu des violeurs d'enfants déclarer : « Faire l'amour à un gosse, c'est lui donner de l'amour »

Cette absurdité, on la doit à des comités qui partent du principe que le monde évolue »

 

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C'est un plaideur de talent, un vieux bretteur des prétoires, qui a la force de convaincre, même dans les situations les plus désespérées.

 Un avocat hors du commun.

A presque 70 ans,l'homme est massif, bien planté sur ses jambes et toujours encombré d'une lourde serviette de cuir bourrée de dossiers. Me Garaud n'accepte pas la banalisation de la violence. Mais, c'est évident, il se place plus volontiers dans le camp des victimes que dans celui des méchants.

Ainsi a-t-il en charge la plupart des dossiers des policiers blessés ou tués dans l'exercice de leurs fonctions.

Au moment le plus critique de l'enquête sur l'affaire Grégory, Me Garaud a soutenu le couple Villemin,ce « couple martyr ».

Sa manie : avouer l'inavouable. Il nous le prouve de manière magistrale en mettant le doigt sur l'épineux scandale qui secoue la Belgique.

- En tant qu'avocat, vous avez « côtoyé » sur le banc des accusés des criminels plus ou moins sanguinaires. Vous, le spécialiste du barreau et de la misérable condition humaine, des individus comme Dutroux, vous pensiez que ça pouvait exister?

S'il y avait un « clignotant » de l'atrocité, Dutroux serait, sans l'ombre d'un doute, dans la zone rouge. Celle de l'innommable, de l’intolérable monstruosité. Il est en effet difficile d'imaginer qu'une personnalité aussi diabolique, aussi machiavélique, puisse exister sur terre. On entre là dans le domaine de l'exceptionnelle cruauté, de l'incarnation du Mal.

Ce qui me frappe dans les affaires Dutroux, c'est le laps de temps qu'il s'est donné pour ses crimes. Voyez-vous, généralement, les viols, les séquestrations s'effectuent brièvement, furtivement... Dutroux, lui, sadique hors norme, a - si j'ose dire - fait durer le plaisir. Je ne voudrais pas heurter les parents de ces petites et de ces adolescentes, en vous déclarant que face à une telle bâte, la mort immédiate, subite, aurait été souhaitable. On ne concevra jamais les souffrances, les sévices que Marc Dutroux a fait endurer à ces martyres.

 Adressons-nous maintenant à l'homme, au père de famille que vous êtes. Quelle attitude adopteriez-vous si vous étiez à la place des parents de Julie et de Mélissa ?

- En premier lieu, je voudrais leur faire part de mon admiration. Ces familles décimées, déchirées, ont fait preuve d'une dignité exemplaire. Après les larmes, il est difficile de ne pas songer aux armes. Maintenant, pour répondre à votre question, je vous dirais que perdre un enfant, c'est, pour un père ou une mère, le malheur absolu. Il n'y a d'ailleurs pas de mots pour exprimer, « évaluer », qualifier cette douleur ressentie. Tenez, un exemple: lorsqu'une femme perd son époux, on dit qu'elle est «veuve ». S'il s'agit d'un enfant qui voit disparaître ses parents, on emploiera le  mot « orphelin ». Mais dès que l'on évoque un papa et une maman perdant le fruit de leur amour, il n'y a pas de mot pour traduire cette situation. A croire que le langage lui même refuse d'admettre la mort d'un enfant.

En tant qu'avocat, je peux, « à la rigueur », comprendre les mobiles qui poussent certains individus à tuer leur voisin pour un bout de terrain ou un membre de leur famille pour une sombre histoire d'héritage. Ces actes font partie de ce que j'appellerai « le fonds de commerce de l'humanité ». Mais tuer un enfant, c'est tuer l'innocence. Tuer un enfant, c'est aussi tuer le futur. Une société qui ne comprend pas cette règle élémentaire est vouée un jour ou l'autre à sombrer dans le chaos. C'est un peu ce qui se passe actuellement en Belgique.

 La Belgique dénonce aujourd'hui les enquêteurs et le laxisme de Melchior Wathelet, ex-ministre de la Justice. C'est lui qui a signé la libération anticipée de Dutroux. « Contre l'avis du psychologue et du procureur général de Mons. » Doit-on engager, Me Garaud, des poursuites à l'encontre du sieur Wathelet ?

 J'espère qu'il s'est trompé de bonne foi. Qu'il pensait réellement avoir raison, même si les événements lui ont prouvé le contraire. Je suppose qu'aujourd'hui, cet homme politique doit avoir quelques problèmes avec sa conscience.

 En décodé, responsable mais pas coupable?

- Ce n'est pas tout à fait ça. Je dirais plutôt que son « intime conviction » l'a fourvoyé.                                L'actuel ministre de la Justice, Ste faan De Clerck, le reconnaît lui-même : « Il y a un décalage entre les textes de loi et leur application. Manifestement, le suivi de Dutroux n'a pas été effectué comme il le devait. » La responsabilité du politique semble d'ailleurs être plus engagée qu'on ne le croit. Sur l'un des p.-v. daté fin 1993, on lit : « Il nous a été signalé qu'il (Dutroux) était occupé à faire des travaux dans les caves d'une de ses maisons de Charleroi (...) dans le but d'y loger des enfants en attente d'être expédiés à l'étranger. » Autre rapport, daté de juillet 1995:

« Aucune trace de présence n'a été relevée. L'intéressé a été entendu verbalement sur le but desdits travaux. Il a déclaré qu'il aménageait ses caves, sans plus. Les travaux étaient à leurs débuts. Août 1995 : les enquêteurs liégeois reçoivent une note confidentielle selon laquelle le violeur a proposé à un« individu » de participer à des rapts d'enfants huit mois auparavant. Selon le bureau slovaque d'interpol, Dutroux a séjourné en Slovaquie (un pays connu pour ses filières pédophiles) et s'y trouvait encore dix jours avant son arrestation. Enfin, le bourgmestre de Braine-l'Alleud a assigné l’Etat belge en justice pour défaut d'assistance et de précaution dans les récents événe-mot « orphelin ». Mais dès que l'on évoque un papa et une maman perdant le fruit de leur amour, il n'y a pas de mot pour traduire cette situation. A croire que le langage lui même refuse d'admettre la mort d'un enfant.

En tant qu'avocat, je peux, « à la rigueur »,comprendre les mobiles qui poussent certains individus à tuer leur voisin pour un bout de terrain ou un membre de leur famille pour une sombre histoire d'héritage. Ces actes font partie de ce que j'appellerai « le fonds de commerce de l'humanité ». Mais tuer un enfant, c'est tuer l'innocence. Tuer un enfant, c'est aussi tuer le futur. Une société qui ne comprend pas cette règle élémentaire est vouée un jour ou l'autre à sombrer dans le chaos. C'est un peu ce qui se passe actuellement en Belgique.

 - Comment, dans un pays où il fait si bon vivre, a-t-on pu en arriver là?

Comment ? En relaxant un homme qui aurait dû expier ses crimes jusqu'à la fin de ses jours. N'ayons pas peur des mots : pour le peuple belge, la justice de la nation est une vaste pantomime dirigée par Guignol. Je reste tout aussi dubitatif sur intégrité de certains membres de l'Etat. Un ancien ministre a été inculpé d'assassinat, puis écroué, et d'autres sont dans le collimateur des enquêteurs. Mais où va donc le Plat Pays?

 - Aurait-on pu, selon vous, éviter les morts de Julie, Mélissa, An et Eefje?

- Je le pense, oui. Dutroux séquestrait ses jeunes victimes dans des cellules. Et ce, au beau milieu d'une petite ville. J'ai été le maire d’une petite agglomération et je puis vous affirmer ceci : lorsqu’un des administrés faisait des travaux ,je le savais. Le «bouche à oreilles » fonctionnait. Un homme qui construit des cellules... enfin, diable, cela aurait dû éveiller des soupçons. A plus forte raison s'il est chômeur et possède plusieurs résidences.C'est incroyable. Pour ne pas dire étrange.

Question brute, M° Garaud : le gouvernement actuel, devant tant d'incompétence, d'inertie, ne devrait-il pas démissionner, ou du moins faire un sérieux examen de conscience?

II est clair que nous sommes en présence de dysfonctionnements surréalistes, gravissimes. Plusieurs unités de gendarmerie de la banlieue de Charleroi avaient en effet détaillé, dans un rapport accablant, les louches activités de Dutroux, depuis sa sortie de prison en 1993. Travaux de maçonnerie,       de cachettes, vols de voitures : les gendarmes savaient. Mais le parquet de Liège, auquel ils affirment avoir transmis ce rapport, déclare n'avoir jamais reçu le précieux document. Qui ment ? C'est la clé de voûte, la question fondamentale à laquelle il faudra trouver LA réponse. J'ajoute qu'en France comme en Belgique, un fonctionnaire n'est jamais responsable à titre personnel si la faute qu'il a commise n'est pas détachable de sa fonction. A partir de ce constat sidérant, comment voulez-vous qu'il y ait des coupables ? Ne nous voilons pas la face : dans l'administration, l'incompétence, la faute, on la sanctionne par un placard doré ou une mutation. Jadis, c'étaient les archives. Aujourd'hui, un fonctionnaire qui commet une « erreur », une « bourde», finira chef d'un service quelconque. Avec, en prime, une augmentation!

- Vous espérez encore quelque chose de l'enquête?

- Oui, qu'il y aura un VRAI rapport à l'issue d'une VÉRITABLE enquête dans les arcanes du gouvernement. J'espère en l'occurrence que les enquêteurs pourront faire leur travail, sans aucune pression, et qu'il ne s'agira pas d'une pseudo-gesticulation dans le but de calmer les foules. Des tètes doivent tomber, des sanctions exemplaires doivent être infligées. Le peuple belge attend des réponses, des faits, des actes, et non des palabres.

 On spécule sur d'éventuels soutiens à Marc Dutroux. Des soutiens policiers, voire politiques. Votre intuition?

Si protection il y a eu, c'est parce que des gens détenant un certain pouvoir, pour ne pas dire un pouvoir certain, avaient tout intérêt à ce que Dutroux poursuive son odieux commerce. Au sein de la gendarmerie, de la police ou des instances gouvernementales, des « amateurs d'enfants » se cachent probablement. Si c'est le cas, qu'ils soient « consommateurs » ou rémunérés pour fermer les yeux, ils devront un jour s'expliquer et payer.

- Marc Dutroux est-il, d'après vous, un Landru moderne créé par une crise de civilisation ? La fin des interdits, un environnement permissif, les institutions en déliquescence et l'absence de toute prévention n'expliquent-ils pas, en partie, la multiplication des drames actuels?

- Dutroux est un pervers. Il n'est, hélas!, ni le premier ni le dernier. C'est une créature engendrée par une société qui a une fâcheuse tendance, ces dernières années, à banaliser la pédophilie. Au cours de ma carrière, j'ai pu entendre ici et là des violeurs d'enfants déclarer : Faire l'amour à un gosse, c'est lui donner de l'amour. » Ce qui est absurde, bien entendu. Ce non-sens, on le doit notamment à des comités divers qui partent du principe que le monde évolue et que les enfants « ont le droit à une vie sexuelle autonome ». Tenez, j'ai sous les yeux une pétition en date du 26 janvier 1977. Dans celle-ci, signée Jack Lang, Philippe Sollers, Bernard Kouchner, etc., et parue dans le journal « Le Monde », que lit-on ? « La disproportion manifeste entre le caractère désuet de la loi et la réalité quotidienne d'une société qui tend à reconnaître, chez les enfants et les adolescents, l'exercice d'une vie sexuelle ! » Après ce genre de postulat, comment voulez-vous que les choses tournent rond ? Notre culture reposait sur un certain nombre d'institutions très fortes : la famille, la religion, la justice, par exemple. Depuis quelques années, beaucoup de ces certitudes ont plus ou moins volé en éclats, on a fait sauter énormément de verrous de sécurité. Il ne s'agit pas d'un jugement de valeur, mais d'une constatation... Jugée contraignante, la famille ne se développe plus; l'Occident ne fait plus d'enfants. Or, si la famille génère de la violence, elle en endigue aussi beaucoup.

Notre civilisation a rendu l'homme insatiable, elle exacerbe toutes les passions, tous les désirs. Cela a de bons côtés, car elle incite au dépassement de soi. Le mauvais côté, c'est que la libération des désirs, c'est aussi la libération des désirs les moins recommandables. Les interdits profonds ne sont plus à la mode. Et comme la culture inculque de moins en moins la protection des faibles, le respect des autres, ce sont les petites filles et les vieilles dames qui en paient les conséquences. De façon triviale, je dirais : plus les gens s'éclatent, plus les faibles trinquent.

 - Que faut-il faire alors des agresseurs sexuels ? Les mettre à l'ombre ou les soigner? Les parquer dans des établissements spécialisés ou les renvoyer, sous contrôle, à la rue et à ses tentations ?

Il y a, hélas!, dans ce genre d'affaires, un petit nombre d'individus qui sont amenés a récidiver. Une question se pose : a-t-on le droit de les remettre en liberté, ce qui revient tout simplement à immoler des enfants ? Je ne vois dans ce cas qu'une solution, la peine de mort. Arrêtons de refuser l'évidence. Pour des cas particulièrement difficiles, l'arsenal répressif (quand il est appliqué), on le sait, ne résout rien et l'arsenal médical reste insuffisant. Il ne faut pas oublier que dans ces pénibles affaires, il y a de nombreuses victimes l'enfant, bien sûr, mais aussi sa famille et la famille de l'agresseur. Cela fait beaucoup de monde, vous ne trouvez pas ?

« La seule issue, c'est la peine de mort »

 - Plusieurs personnalités belges, dont Robert Urbain, ancien ministre socialiste des Affaires européennes, ont demandé un référendum sur le rétablissement de la peine de mort pour les assassins d'enfants. Vous le soutenez donc complètement ?

Incontestablement. Soyons clairs : on ne peut pas se permettre deux poids, deux mesures. On n'a pas le droit de remettre dans le circuit social un ou plusieurs individus susceptibles de tuer ou de violer à nouveau. D'ailleurs, rares sont les psychiatres – encore aujourd'hui - qui peuvent vous affirmer que tel ou tel monstre est devenu un agneau inoffensif. La récidive est toujours latente. Une fois libérés, certains malades sexuels ne suivent pas les traitements médicaux qui annihilent leurs pulsions. La suite, on la connaît. Elle fait la une des journaux et le désarroides familles!

 - Oui, mais la condamnation à mort a été abolie en Belgique. Celle-ci peut-elle, dans l'Europe d'aujourd'hui, faire machine arrière et réactiver la peine capitale ? En a t-elle le pouvoir et, surtout, le droit?

- Rien n'est définitif. Les textes et les mentalités, ça se change. Il ne faudrait tout de même pas être masochiste.

 Mgr Gaillot, interviewé par « Ciné Télé-Revue » il y a plusieurs mois, affirmait que la peine de mort et la prison n'arrangeraient rien. Due seul le traitement médical était efficace. Que lui rétorquez vous?

Que la peine de mort, d'une manière incontestable, empêche la récidive. Ensuite, que, jusqu'à preuve du contraire, un individu, tant qu'il est derrière les barreaux, ne peut pas violer les petites filles. Cela me semble d'une logique implacable, non?

 - Vous ne croyez pas aux peines de prison à perpétuité ou aux peines incompressibles?

Ecoutez. Pour garder un individu en prison à vie, c'est-à-dire pendant quarante ou cinquante ans, il faudrait que l'État s'en donne les moyens. Est-on en mesure de créer les structures indispensables ? Je ne le crois pas. A mon avis, il y a bien d'autres priorités. Les enfants assassinés sont les vôtres, les miens, ceux du gendarme, ou de ta concierge. Ce sont eux que l'on doit protéger avant tout. On n'a pas le droit d'être généreux avec ce qui ne vous appartient pas.

 Une sévérité accrue des peines ou la suppression des remises de peines seraient donc pour vous sans effet?

Affirmatif.

- Y a-t-il un portrait-robot du pédophile?

- Considéré par l'OMS (Organisation mondiale de la santé) comme la victime d'un trouble de la préférence sexuelle, le pédophile peut, selon les psychiatres, être le fait de gens très différents. Il y a ce que l'on appelle les déficients mentaux immatures, qui ont l'âge mental de leurs victimes, et les névrosés, qui souffrent de leurs pulsions mais ne parviennent pas à les maîtriser. Ils présentent des profils réellement pathologiques. Plutôt séducteurs, ils exercent pour la plupart un métier ou un bénévolat en relation avec l'enfance. Réputés excellents pédagogues, ils bénéficient de la considération générale et se lient souvent d'amitié avec les parents de leurs victimes. Viennent ensuite les prosély tes pervers. Ce sont de grands consommateurs de tourisme sexuel. Ils s'inventent des alibis intellectuels pour justifier leur conduite et militent pour la dépénalisation de la pédophilie. Elitistes, ils se font les hérauts du « nouvel amour » : il faut, selon ces Pygmalions, enseigner aux enfants les plaisirs du corps, au nom de leur épanouissement futur. On en revient un peu à la pétition que je vous évoquais tout à l'heure. Ces pédophiles ne prennent, pour la plupart, que des risques calculés !

Enfin, les occasionnels : ils ne sont pas réellement pédophiles au sens psychiatrique, mais achètent une fillette, après avoir trop bu, à la faveur de la liberté soudain ressentie dans un pays exotique.

Clients habituels des prostituées, ils sont d'autant moins regardants sur l'âge de leurs partenaires que progresse la menace du sida.

 -Tous les pédophiles sont ils des criminels en puissance, en latence ?

Non. Mais ils sont tous dangereux. Et forts. Les pédophiles ne sont généralement pas des agresseurs violents. Plutôt des séducteurs, bons pères de famille, des gens au-dessus de tout soupçon, exerçant - comme je vous le disais précédemment – pour la plupart un métier ou un bénévolat en relation avec l'enfance.

Certains jettent leur dévolu sur une femme divorcée avec enfants ou une mère célibataire, dont ils deviennent l'ami : ils ont ainsi des enfants à leur disposition. Quand ils pratiquent le tourisme sexuel, c'est par facilité : cela leur évite de passer par la phase de séduction.

Ils font semblant de croire qu'il n'y a pas de barrières morales, que la pédophilie est « normale ». En Europe, nous n'avons pas de lobby puissant, à part une poignée d'intellectuels. Mais aux États-Unis, des groupes constitues, a la faveur du 1er amendement de la Constitution (sur la liberté d'expression), militent en faveur de la légalisation des relations sexuel les entre adultes et enfants !

 - Les pédophiles ne bénéficient-ils pas d'une sorte d'impunité face aux témoignages d'enfants ?

Quand la justice déçoit, c'est un deuxième viol. Dans les pays occidentaux, le seul moteur, c'est la volonté politique, donc les budgets. Il faudrait davantage d'unités spécialisées. On n'auditionne pas un enfant comme un adulte. Il faudrait utiliser des moyens audio et vidéo. La Grande-Bretagne vient, par exemple, d'aménager spécialement vingt maisons pour recueillir des témoignages d'enfants.

Chaque pièce est équipée de micros et de caméras, et l'ensemble ressemble à une vraie maison, avec cuisine, salon, chambres, etc. La Grande-Bretagne envisage de prendre aussi des initiatives plus répressives : elle veut créer un registre des pédophiles condamnés. Ces derniers seraient contraints, une fois leur peine purgée, de s'inscrire au commissariat de leur résidence et de signaler leurs antécédents à leur employeur.

 

Propos recueillis par Franck ROUSSEAU

Ce mercredi 2 octobre à 20 h 50 sur France 3, Jean-Marie Cavada consacre « La marche du siècle » aux délinquants sexuels et pose les vraies questions combien y a-t-il de pédophiles en liberté et comment les découvrir ? Que faire des délinquants sexuels et comment soigner les enfants ?

 

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 Ils n'iront pas jusqu'au bout !

Peut-on comparer la Belgique et la France ? Pour le célèbre juge Jean-Pierre, les ressemblances entre le système judiciaire belge et son homologue français expliquent la situation actuelle en Belgique.          

 L'institution judiciaire belge, explique-t-il au « Figaro-Magazine », « s'est largement inspirée du droit français. Elle en a donc aussi copie les dysfonctionnements des juges débordés par le nombre de dossiers à gérer, des blocages ordonnés par la hiérarchie, etc. C'est tout ce qu'on a vécu en France il y a cinq ans. » Très sceptique quant à la réelle volonté des responsables politiques d'aller jusqu'au bout des affaires, l'ancien juge est amer : « On devine dans l'affaire Dutroux l'existence d'un réseau criminel international. Or, malgré les demandes réitérées, il n'existe toujours pas de coopération judiciaire internationale. Plusieurs commissions rogatoires restent bloquées en Suisse et au Luxembourg. Je crains que l'immense émotion vécue par les Belges ne suffise pas à bousculer le système de corruption. »

 

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