jeudi 14 août 2008

« Mon dieu faite qu’au moins nous sachions »(«Soir illustré»4 septembre 1996 p14,15


L’angoisse de tous les parents belges fait écho au calvaire des parents des disparues

« Mon dieu faite qu’au moins nous sachions »

« Soir illustré » du mercredi 4 septembre 1996 page 14,15

Suite de la page 13 ….

……aux nouvelles, figés dans l'attente. Tous ont veillé, durant d'interminables heures, sous le ciel noir déchiré d'orages, sous cette sale pluie battante inondant les caves de Marchienne-au-Pont, envahissant des routes proches de la Sambre, achevant de casser le moral.

Une foule trempée par ce temps à ne pas mettre un chien dehors veillait, derrière les barrières isolant cette petite rue de Jumet du vaste corps de la région de Charleroi. Le lieutenant Jongen,de la police des Pays-Bas, avait lâché ses chiens dépisteurs de cadavres sur le site et les limiers avaient décelé des traces dans le hangar, qui fut littéralement évidé, ajoutant des camions de déblais aux dizaines de transports déjà effectués.

Ensuite le super intendant John Bennett, le spécialiste qui déterra les victimes de Frederick West, dans la maison de Gloucester, actionnait son radar pour déceler les cavités dissimulées dans la terre.
Une simple bouteille enterrée renvoie un écho. On parlait de galeries, de tunnels, de cavités. Une excavation de près de six mètres, menée avec la pelleteuse, transforma la cour en un vaste trou d'obus, et les terrassiers de l'horreur descendirent à un mètre cinquante sous le sol de la remise.

Ensuite, ils s'attaquèrent à l'intérieur du chalet, faisant sauter le pavement. Les chiens, épuisés, revinrent à la charge, et il fut décidé de suspendre les opérations jusqu'au lundi à midi.

Trop d'eau, trop de fatigue, - même les chiens tremblent sur leurs pattes, trop d'angoisse, il fallait prendre un temps de répit, avant de continuer à creuser vers ce qui pouvait être la tombe de plusieurs enfants,
Sont les parents parcourent au moment où vous lisez ces lignes un chemin de croix plus cruel que celui du Christ.

LE VIEIL ALEXANDRE AVAIT RACHETÉ LA MAISON DE L'AMÉRICAIN

Jumet. Parallèle à la chaussée de Bruxelles, la rue Daubresse s'étire dans un quartier paisible comme il y en a tant dans ce Charleroi qui a honte. Les voisines qui appréciaient la politesse de Bernard Weinstein n'auraient jamais, au grand j aurais, imaginé qu'autre chose que des trafics de camions et de voitures puisse se dérouler dans l'ancienne tanière du vieil Alexandre, que tout le monde surnommait l’inventeur.

Les gosses du quartier aimaient écouter l'original qui accumulait les vieux outils, les vieilles machines, les carcasses déglinguées, pour prolonger la vie de ces objets en bout de course.
Alexandre aimait le bric-à-brac de ce pavillon construit après la guerre 14-18 par un Américain.

Le voyageur qui s'était arrêté à Jumet, nostalgique de Cape Cod ou du Maine, avait demandé à l'architecte d'élever une réplique de bungalow en bois. L'ensemble devait être joli, dans les premiers temps.
Quand Bernard Weinstein, le Français enterré vivant par Marc Dutroux à Sars-la-Buissière, s' y installa, la maison avait commencé à prendre sa triste allure actuelle, comme tirée des décors de Stephen King, avec sa peinture verte délavée par les hivers.

Devant la porte, un vieux camion militaire est toujours couché dans les herbes folles. Sur la gauche, le passage qui conduit à la vaste cour, au hangar et à la remise, est un couloir de boue.
C'est ici, qu'en décembre 1995, des coups de feu furent tirés, alors que les gendarmes arrêtaient Dutroux, qui avait séquestré trois jeunes gens, impliqués, disait-il, dans le vol d'un camion effectué par Weinstein. L'occupant du bungalow avait disparu, Dutroux le …..

Suite page 16
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Légende des photos :

RUE DAUBRESSE, LIEU TRAGIQUE
Vus du ciel, les lieux des fouilles.
Nos photos montrent combien le bric-a brac de la propriété de Weinstein détone, dans l'univers propret et coquet des jardins de Jumet.
Touchés dans leur vie quotidienne, frappés par la proximité du drame, les gens de la rue Daubresse se souviennent du temps où le vieil Alexandre habitait le bungalow construit après la guerre 14 par un Américain
(En bas à gauche).

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En pensant aux familles des jeunes filles

(En haut à droite, les parents d'An, ci-dessus, le papa d' Eefje et le ministre De Clerck) que l'on recherche, ils ont voulu montrer aux envoyés spéciaux et à tous les journalistes,que le Pays de Charleroi n'est pas le pays de Dutroux.

Un coin de terre qui souffre de la crise, mais qui veut s'en sortir. Une région dont les habitants sont chaleureux et solidaires, pas très riches, sans doute; dignes, certainement.

Au fil des jours, la tension était perceptible, alors que les enquêteurs et les hommes de la protection civile, étaient hantés par l'idée de ce qu'ils pouvaient exhumer de la terre qu'il leur fallait remuer, malgré la pluie.

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