samedi 23 août 2008

Annie Bouty a été arrêtée(«Dernière heure»5 septembre 1996 pg 2)


Annie Bouty a été arrêtée

Plusieurs interpellations sont intervenues hier

« La Dernière heure » du jeudi 5 septembre 1996 page 2

BRUXELLES -Plusieurs interpellations sont intervenues hier, à situer dans le prolongement plus précis du volet Nihoul, l'un des principaux suspects arrêtés dans l'affaire des disparitions et meurtres d'enfants. Parmi celles-ci, l'ex-avocate Annie Bout, la compagne de Nihoul qui, laissée en liberté jusqu'à présent, se retrouve sous les verrous.

Tandis que le « gros poisson » attendu n'était toujours pas coincé, ces interpellations faisaient suite à d'autres devoirs discrets menés depuis quarante-huit heures, et qui ont notamment amené les policiers à perquisitionner chez les chauffeur d'un des hommes politiques belges les plus connus du pays. La perquisition, qui n'a pas été positive, indique peut-être l'orientation que prend l'enquête. Les deux prochains jours, nous promet-on, seront décisifs.

Après la découverte des corps entravés et brûlés d'An et Eefje - mais aussi, près des restes, d'une carte de visite au nom de... Dutroux ! -, Neufchâteau s'est fixé certaines priorités. Les policiers ont provisoirement décidé de réduire voire d'interrompre les recherches d'éventuels nouveaux corps d'enfants victimes de la bande pour se consacrer aux six rapts établis à l'actif de la bande: Julie et Mélissa, An et Eefje, Sabine et Laetitia.

Le choix ne signifie pas qu'il n'existerait pas d'autres victimes, mais qu'il est prioritaire d'enquêter sur des faits certains. A ce stade, investiguer sur des liens éventuels avec d'autres disparitions évoquées (Nathalie Geijsbregts, Loubna Benaïssa, Élisabeth Brichet) est jugé hasardeux.

L'autre priorité s'appelle Michel Nihoul. Selon des sources, les charges s'accumulent contre le Bruxellois. Elles s'appuient sur un rendez-vous de NihouI avec Dutroux et Lelièvre le lendemain du rapt de Laetitia, sur l'ancienneté des liens noués par NihouI avec les deux monstres de Sars-la-Buissière et sur les mensonges à présent démontrés de NihouI au juge Connerotte. Nihoul, détenu à Namur, ne sera plus interrogé avant le début de la semaine prochaine.

L'info vaut ce qu'elle vaut, mais une fillette anversoise, abusée sexuellement par son beau-père et des complices de ce dernier, affirme reconnaître le Bruxellois comme un de ses abuseurs sur les images de la télé. Le renseignement sera vérifié. Le beau-père de la fillette avait été arrêté fin mai pour un enlèvement manqué à Anvers. II avait déjà été condamné pour faits de moeurs.

Le juge et le procureur menacés
Hier, les réunions se sont succédées au blockhaus de Neufchâteau, où le magistrat national André Van doren a été vu. Il a notamment été décidé de renforcer fa sécurité des détenus à la fois contre eux-mêmes
(Éviter les suicides), contre la foulle mais aussi le milieu. Des menaces sont parvenues à Neufchâteau.

Elles sont prises très au sérieux. Les barbelés installés là-bas répondent à des menaces nominatives et qui visent personnellement le juge d'instruction Jean-Marc Connerotte et le procureur Michel Bourlet.

Au rang des rumeurs enfin, il reste celles colportées par certains confrères, qui ont cru pouvoir annoncer que le juge himself 'avait perquisitionné l'étude d'un notaire bruxellois. Ces confrères, Le Soir et La libre Belgique, ajoutaient que des éléments neufs avaient brusquement orienté l'enquête sur le milieu judiciaire carolorégien, les noms de « trois magistrats, de trois gendarmes et de plusieurs membres de la PJ apparaissant au dossier». Selon les mêmes, des faits de collusion entre la justice caroLo et le milieu mafieux » avaient été découverts.
Et d'affirmer que les enquêteurs disposeraient même de «preuves photographiques ». Ces allégations, qui ont discrédité le milieu judiciaire de Charleroi, ont été démenties par le procureur de Neufchâteau.

Perquisition
S'agissant de la prétendue perquisition chez le notaire – qui n'était pas bruxellois, mais de Charleroi - la justice a simplement voulu se procurer les actes attachés à la vente de la maison de Sars-la Buissière achetée en 1992 par Marc Dutroux lors d'une vente publique.

Bref, pas de quoi fouetter un chat. Encore moins d'ameuter l'opinion publique et de jeter l'opprobre sur les gendarmes, la PJ, les notaires et la magistrature.

Nous confirmons, en revanche, la saisie par la PJ de Bruxelles, de 200 à 300 cassettes vidéos à caractère pornographique, mais pas pédophiliques, sous réserve d'examen plus complet... a tout le moins.

Gilbert Dupont

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Des fouilles plus intenses que jamais

Moyens impressionnants déployés

« La Dernière heure » du jeudi 5 septembre 1996 page 2

CHARLEROI - Le choc de la découverte des corps d'An et Eefje n'a as fait baisser le rythme des fouilles dans les différentes caches susceptibles d'avoir accueilli les méfaits de Marc Dutroux et sa bande. Hier, un important dispositif de gendarmerie avait ainsi été déployé à Keumiée, dans l'entité de Wanfercée-Baulet, en province de Namur. C'est là, rue de la Brasserie, que Bruno Tagliaferro, un démolisseur, relation d'affaires de Mikaël Dakostavrianos, disposait d'un vaste terrain de près d'un hectare, où il entreposait le lot habituel de carcasses de voitures, de pneus et de ferrailles.
Un terrain forcément suspect de par sa nature.
Depuis mardi, deux excavatrices labourent le sol. Elles ont été rejointes hier par une troisième de l'armée. Une bonne trentaine de gendarmes, venus de la brigade de Sambreville et de la réserve nationale, s'y affairent en compagnie de membres de la Protection civile.
Tout le terrain doit être retourné,sur une profondeur raisonnable », assurent les gendarmes.
Pas plus d'un mètre et demi. Que cherche-t-on? Mystère ! Les gendarmes, qui n'ont pas vu de chiens cadavres, mais qui sont assistés par le round radar du superintendant John Benett (absent des lieur, affirment que l'on ne recherche sur le terrain de Keumiée que des indices matériels », pas de corps.
Le rythme de travail des pelleteuses et l'absence de précautions semblent d'ailleurs corroborer cette version des faits. Qu'y a-t-il dans le sous-sol ? On parle d'armes diverses, sans plus.

Périmètre de sécurité
A Sars-la-Buissière aussi, les recherches auraient repris; du moins, une certaine effervescence y est elle palpable: un périmètre de sécurité particulièrement large y a été délimité. Les gendarmes, en très grand nombre, se montrent d'une vigilance à toute épreuve.

Certains hommes sont même de faction sur les toits du local colombophile et les riverains sont sous haute surveillance. Pas question de sortir un caméscope ou un appareil photo.
Le terrain de Marc Dutroux a continué d'être déblayé et des fouilles systématiques ont repris. Elles devaient s'interrompre vers 18h et reprendre aujourd'hui et demain avant de s'achever.

Par ailleurs, un important convoi de voitures, avec à bord des gendarmes de la DVI, des chiens cadavres allemands, ont sillonné un périmètre important aujourd'hui en s'attardant, à Ragnies, près d'un endroit où pourrait avoir été cachée la fameuse voiture dont le père de Dutroux dit qu'elle a été jetée à la Sambre, puis, non loin du château Grignard, à Sars-la-Buissière.
A un endroit en contrebas de la chaussée, à quelques centaines de mètres de la maison de Dutroux. Les recherches, hier soir, n’avaient cependant encore rien donné.

F.M.

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À CHARLEROI

La réaction du parquet


« La Dernière heure » du jeudi 5 septembre 1996 page 2


CHARLEROI - Le parquet de Charleroi est visiblement dans l'oeil du cyclone. Il ne se passe pas un jour sans que des révélations fracassantes soient faites sur ses dysfonctionnements. Les acteurs judiciaires à Charleroi, qu'ils soient magistrats ou membres de la PJ, ne comprennent pas ce qui se passe et n'hésitent pas à parler de complot.
La guerre des polices, entre la PJ et la gendarmerie, dans le contexte passionnel du partage des tâches, est à son point culminant et d'aucuns pensent à voix haute que la gendarmerie est occupée à mener une véritable guerre de désinformation qui sert particulièrement bien ses intérêts. L'impression générale est que la gendarmerie veut tirer la couverture à elle et s'octroyer le gros des enquêtes.

Contexte exacerbé
C'est dans ce contexte exacerbé que le procureur du Roi, M. Thierry Marchandise, a tenu à réagir a certaines révélations qui mettent en cause certains de ses magistrats sans les citer. « J'ai pris connaissance ce matin des révélations selon lesquelles des magistrats de Charleroi seraient liés à des trafics de voitures et à d'autres activités délictueuses.

Devant l'émotion et l'indignation suscitées et vu l'impossibilité des magistrats de répondre à ces accusations, j'ai demandé au ministre de la Justice de charger une autorité adéquate de faire la lumière sur ces rumeurs.
Le procureur du Roi était visiblement très touché par ces assertions et n'a tenu à faire aucun autre commentaire en la circonstance. A Charleroi, on est sûr en tout cas qu'une cabale se joue, que les Carolos en sont les jouets et qu'il faut vite la contrer.

F.M.

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