mardi 22 juillet 2008

Les fouilles se poursuivent inlassablement('DH'jeudi 29 août 1996 p2)


AUCUN CORPS N'A ÉTÉ MIS AU JOUR DANS LA PROPRIÉTÉ DE BERNARD WEINSTEIN

Les fouilles se poursuivent inlassablement

«La Dernière Heure» du jeudi 29 août 1996 page 2

NEUFCHÂTEAU / JUMET - Mercredi soir, le porte-parole de la gendarmerie, le major Boudin, a fait le point sur les fouilles qui ont continué toute la journée de mercredi à Jumet malgré la pluie battante. Elles reprennent ce jeudi. Le temps infect a bien sûr ralenti la progression des recherches mais trois des quatre endroits désignés par les chiens ont cependant d'ores et déjà été abandonnés : ils ne recelaient aucun corps, c'est certain. II faut cependant encore déblayer le fatras qui encombre le chalet de Weinstein.
Les chiens détecteurs de cadavres n'ont manifesté aucun intérêt pour le coin de cave qui a été déblayé.
Le major Boudin a tenu à démentir les rumeurs selon lesquelles des galeries reliant les différents points du site auraient été mises au jour.
Pour le reste, les recherches sur les cavités peuvent parfois receler des surprises puisqu'il a fallu creuser pour trouver une... bouteille qui avait fait réagir le radar.

On redoute pourtant de trouver des corps puisque des investigations sont menées sur au moins 13 dossiers de disparitions pouvant être imputées à Dutroux au cours des dix dernières années.
En cas de découverte, on veut que l'identification soit la plus rapide possible.
A la limite de Keumiée et Wanfercée-Baulet, rue de la Brasserie, le terrain d'un ferrailleur ami de Diakostavrianos, M. Bruno Tagliaffero (décédé en novembre 95), a également été l'objet de fouilles dans la nuit de mardi à mercredi.

Interrogatoires
A Neufchâteau, Michel Lelièvre et Michelle Martin ont été conduits dès le matin dans les locaux du district de gendarmerie. Hier soir, ils y étaient toujours.
L'information du jour à Neufchâteau a été le dépôt de plusieurs dossiers au palais de justice chestrolais.
Celui de An et Eefje, tout d'abord, dont s'est déchargé le parquet de Bruges. Celui de la petite Sabine, de Kain, libérée en même temps que Laetitia. Celui enfin qui concerne l'enlèvement et l'assassinat des deux petites liégeoises, Julie et Mélissa. C'est vers 16h45 qu'un agent de la police judiciaire de liège s'est présenté chez le juge d'instruction Jean Marc Connerotte.
Le dossier a été déchargé du coffre de la voiture vers 17 20: 7 gros cartons et 2 ou 3 enveloppes séparées. Après quoi, le juge Connerotte a quitté son cabinet pour rejoindre le district de la gendarmerie où se poursuivaient les interrogatoires du complice et de l'épouse de Dutroux, qui, nous vous le précisions hier, commence à reconnaître sa participation aux faits reprochés à son mari.
A propos de Lelièvre encore, un hebdomadaire suisse annonçait hier qu'il avait un fils de 3 ans en Slovaquie.
D'autres dossiers pourraient être communiqués prochainement à Neufchâteau. On parle ainsi de l'affaire Laurence Mathues (lire ci-contre) mais aussi de la tentative d'enlèvement, en février dernier, de la petite Rebecca (8 ans), à Welkenraedt. Deux hommes, qui ressembleraient à Dutroux et Lelièvre, avaient tenté de l'emmener de force. Des passants avaient déjoué la tentative.

Rapport Thily
Par ailleurs, ce sont maintenant les policiers allemands qui chargent Georges Zicot, l'inspecteur principal de la PJ de Charleroi. Selon eux, en 1994, il aurait fait obstacle à une enquête menée depuis Cologne contre une bande internationale de voleurs de voitures. « Nous ne sommes tout simplement jamais parvenus à approcher plusieurs suspects de ce trafic dont la plaque tournante était à Charleroi », a déclaré un porte-parole de la police de Cologne. Les enquêteurs belges s'étaient refusés à procéder à l'interpellation des suspects et avaient réclamé une commission rogatoire. La police allemande était à l'époque aux trousses d'une bande surnommée le gang des BMW qui avait volé une impressionnante série de véhicules dans la région de Cologne pour les transférer ensuite en Belgique. Quatre membres belges de la bande avaient pu être interceptés en Allemagne et l'enquête conduisait apparemment vers Charleroi.
Chargée dès jeudi dernier d'une enquête sur l'enquête, le procureur général de Liège Anne Thily avait entamé ses investigations dès lundi en entendant principalement la juge d'instruction Martine Doutrewe et le premier substitut M. Hombroise. Mercredi, Mme Thily s'est rendue à Bruxelles pour y faire un rapport au président de la Cour de cassation Jacques Velu et ensuite au ministre de la Justice Stefaan De Clerck. Une enquête rondement menée dont on ignore encore les résultats...

M. Pe., F. M. et B. F.
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LA JEUNE FILLE AVAIT ÉTÉ RETROUVÉE MORTE À FERNELMONT

Laurence : la piste se confirme

«La Dernière Heure» du jeudi 29 août 1996 page 2


BRUXELLES - Des indices de plus en plus précis relient la mort de Laurence Mathues et les agissements de Marc Dutroux. L'enquête, au point mort depuis 4 ans au parquet de Namur, semble enfin avancer.
En compagnie de son avocat, le père de Laurence Mathues a été reçu, mardi, par le procureur du Roi Bourlet de Neufchâteau et le juge d'instruction Connerotte. Le papa est ressorti complètement ébranlé par ce qu'on lui a révélé.

Son avocat estime que l'enquête avance.
Laurence Mathues, 16 ans, avait disparu le 28 août 92, après avoir quitté le parc d'attractions de Walibi où elle travaillait comme jobiste. Son corps allait être retrouvé le 7 septembre, dissimulé au bord d'une route de Fernelmont. Une première autopsie avait identifié le corps comme étant celui d'une autre jeune fille en fugue, Delphine. Il a fallu que Delphine se manifeste pour que l'on découvre la bévue. Une seconde autopsie a permis d'affirmer avec certitude cette fois qu'il s'agissait de Laurence. Des recherches ont permis de préciser la date et l'origine du décès. Laurence serait morte le jour de sa disparition, après une absorption massive de médicaments.

Dutroux à Orp ?
L'instruction à Namur a conclut au... suicide. Un résultat qui n'a jamais satisfait le papa, Philippe Deleuze (Laurence porte le nom de sa maman), et son avocat, qui demandent aujourd'hui que le dossier soit transféré d'urgence à Neufchâteau.

Qu'y a-t-il de neuf ?
On sait que les enquêteurs ont retrouvé des quantités importantes de médicaments chez Dutroux, qui enlevait ses victimes en les forçant à avaler beaucoup de médicaments. On peut imaginer que Laurence a elle aussi été forcée à ingurgiter les substances qui l'ont tuée.
De nouveaux témoignages ont par ailleurs été communiqués après que les photos de Dutroux soient passées dans la presse.
Une dame, M" M., d'Orp-Jauche, est persuadée d'avoir reconnu Dutroux comme étant l'homme qu'elle a vu rôder à proximité du domicile du papa de Laurence Mathues, lui aussi établi à Orp-Jauche.
Le témoignage de Mme M. figurait déjà dans le dossier du juge d'instruction Marotte à Namur. Elle y faisait état d'un homme moustachu dans une camionnette. Ce n'est qu'en voyant les photos qu'elle a fait le rapprochement avec Dutroux. Le père de Laurence a lui aussi vu cet homme moustachu, dans un café de son village. Il pense aussi aujourd'hui qu'il s'agit bien de Dutroux.
Bémol tout de même : l'apparition à Orp de Dutroux, si c'est lui, date de plusieurs mois après la découverte du corps de Laurence.
Pour l'avocat de Philippe Deleuze, « il y a d'autres éléments » que les enquêteurs vérifient en ce moment.
B. F.

Légende des deux photos du haut


Point de presse après point de presse, le porte-parole de la gendarmerie, le major Jean-Marie Boudin, a fait état de l'avancement des fouilles.
D'importants moyens de la Protection civile ont été dépêchés à fumet (à droite). A gauche, les enquêteurs se sont intéressés mercredi au terrain d'un ami ferrailleur de Diakostavrianos, situé à la limite de Keumiée et Wanfercée-Baulet

(Ph. Associated Press, Ch. Bernard et Visio-Press)


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