lundi 21 juillet 2008

La colère de nos lecteurs(Nvl Gazette'28 août 1996 p9)


La colère de nos lecteurs

« La Nouvelle Gazette » du mercredi 28 août 1996 page 9

Nos lecteurs continuent à nous faire part de leur indignation et de leur colère. La plupart d’entre eux se montrent sans pitié pour les ravisseurs et les violeurs d’enfants pour lesquels ils réclament de lourdes peines ; Et incompressibles. Beaucoup s’en prennent également au ministre de la justice et à son prédécesseur.

M.Hubert Baerten et Michèle Denis, de Monceau sur Sambre, font savoir qu’ils apportent leur soutien total aux campagnes menées par Marie France Botte et réclament des mesure concrètes et des budgets suffisants afin de pouvoir lutter avec efficacité contre la prostitution des enfants

Mme Houari, de Châtelet, se demande si l'ancien ministre Wathelet se prend pour Dieu le Père, lui qui prétend ne pas avoir commis d'erreur en cette circonstance. «Il eut été plus humble de reconnaître son erreur et à son successeur de la réparer.»

Mme Cl. Évrard, de Souvret: «Je ne suis pas triste de vieillir. Mais je suis triste pour tout ce qu'on laissera derrière soi. Une jeunesse traumatisée, bafouée...

Mme Nadine Doumont, institutrice, de Vogenée, nous écrit une très longue lettre dans laquelle elle tient à faire part de sa douleur, de sa colère, de sa révolte. Elle rend un vibrant hommage aux parents de Julie et Métissa, remarquables de dignité. «Un mot pourtant, dit-elle, n'a pas été prononcé: le mot pardon.
Julie et Mélissa, je vous demande pardon au nom de toutes les femmes dont la définition première est d'aimer et de comprendre, de faire preuve d'intuition et de sensibilité... Je vous demande pardon au nom de toutes les mères.., au nom de tous les enseignants dont le rôle premier n'est pas d'apprendre mais d'aider l'enfant à prendre son envol... Une institutrice, pourtant, a éteint la lumière vers laquelle vous marchiez avec confiance...»

M. Yvon Van Winckel et Mate Simone Forthomme, et Mme Christiane Van Winckel, de Havre, sont volontaires pour «s'occuper de ces bêtes sauvages, avec raffinement...»

M. et Mme Picroa-Duguesnoy, de Dour, qui ont eu une fille assassinée en 1988, ont eux aussi vécu dans l'ignorance. «Vous ne voulez pas de peines incompressibles, écrivent-ils au ministre de la Justice, alors, laissez faire la justice du peuple.»

Mme Marte-Ange Denier, de Quiévrain, ne sait pas répondre au pourquoi de son petit garçon de 9 ans. «Je pense à ces milliers de parents qui, eux non plus ne savent que répondre aux pourquoi de leurs petits...»

M.P.Fontignie, de Ciply, a trouvé une solution au trop plein des prisons: mettre certaines catégories de détenus dans les casernes vides... Il écrit d'autre part: «Il n'y a pas d'argent pour permettre des progrès importants dans les enquêtes criminelles mais il y en a beaucoup pour installer des radars sur les routes pour arnaquer les honnêtes citoyens...»

Mme Yola Tavernel, de Montigny-le Tilleul, est pour la loi du talion: oeil pour oeil, dent pour dent. «Une bête enragée, on l'abat, Puisque nos politiciens ne l'entendent pas de cette oreille, que chacun, lors des prochaines élections, se souvienne de Julie et Métissa.»

Mme Matou Bruno-Watbelet, d'Overijse, suggère de publier les noms et adresses de tous ceux qui étaient les clients des ravisseurs d'enfants afin que plus personne n'ose encore assouvir ces vices ignobles...»

Mme Henin et une douzaine de voisins de la rue Degrange à Châtelet, réclament des peines incompressibles d'une extrême sévérité pour les violeurs d'enfants; «la seule peine à infliger à des salauds de ce genre c'est de les castrer ou de leur faire subir les mêmes traitements que leurs petites victimes.»

M.Raymond Cuvelier d'Anderlues, ex-prisonnier de guerre: «En 1940, des milliers de soldats belges ont été marqués d'un signe qui les distinguait de la race des seigneurs: P.G. Pourquoi ne pas marquer les pédophiles libérés de deux lettres P.L. dans leur dos?»

Mme Rita Gianfreda, de Dampremy, rend hommage au courage des parents de Julie et Mélissa et appellent tous les Belges et les étrangers à rester mobilisés dans les mois à venir car on aura besoin de tout le monde comme l'a dit M.Russo.

Mme Milan, d'Anderlues, estime que l'enquête n'aboutira pas car, selon elle, il y a trop de puissants personnages impliqués: entre loups, on ne se mange pas.»

M.Michel Kerremans, de Mont-sur-Marchienne: «En temps de guerre, le soldat qui déserte passe devant un peloton d'exécution, et cela pour n'avoir pas voulu tuer ses semblables... Mais des individus comme Dutroux sont remis en liberté... Je suis heureux de ne pas être ministre, j'ai la conscience tranquille...»

M J.Monseur, de Marcinelle, nous envoie un poème:
Je vous salue, Marie, Mère de Dieu
Une vierge martyre et son amie sont dans vos cieux
Libérées d'atrocités ignobles et indicibles
Imaginées par un sadique horrible
Entourez-les de vos grâces imprescriptibles...

M.Robert Marit, de Jumet: «Qu'en est-il de la justice et de la démocratie? Le procureur Bourlet n'a-t-il pas déclaré que «dans certaines affaires On ne lui avait pas permis d'aller jusqu'au dénouement de son enquête? C'est une preuve indubitable de la corruption généralisée des autorités politiques, religieuses, judiciaires et financières de notre pays. Pauvre démocratie! Pauvres électeurs! Il serait étonnant que cette note soit publiée dans un média dont le seul but est de vendre du papier.»

Mme. Sarah Trillet de Courcelles: «Comment oser parler de démocratie, comme le font certains, et se gargariser de discours moralisateurs face à une telle bestialité qui tient de l'absurde? Avant de vider, de détruire, de tuer, ces bourreaux se sont-ils demandés si leurs actes étaient démocratiques?»

M. Y. Daix de Ransart: «Lorsqu'on a découvert les camps nazis, on a dit : «plus jamais ça». Aujourd'hui à l'aube de l'an 2000, des monstres plongent la Belgique dans l'horreur. Ils ne payeront jamais assez cher pour leurs crimes, même s'ils sont condamnés à vie.»

Mme. Laplanche de Lodelinsart: «La pédophilie a toujours existé; souvenir de l'affaire des ballets roses à Liège... Je souhaiterais que l'on publie dans le journal le nom et la photo de tous les pédophiles.»

M. Guy Remont de Mont-sur-Marchienne: «Que faire de ces ignobles personnages? Ils sont faits, à mon avis, pour remplacer les animaux de laboratoire...»

Mme. Gh. Gennaux de Ransart: «Pour ma part, tant qu'il n'y aura pas une solution pour punir ces profiteurs d'enfants, ces pédophiles et tant qu'on les relâchera de prison après quelques années, je ne voterai plus.»
M. et Mme. Gaster-Tilmant de Genval: «Nous soutiendrons les familles des deux petites filles jusqu'au bout car il faut que cela change. Et que tous les auteurs de sévices sur les enfants, du plus petit au plus haut placé, soient punis et leurs noms affichés en place publique.»

Mme. R.S. de Fleurus: «Il faut que Dutroux dise le nom de ses protecteurs aux enquêteurs... Mais ce ne serait quand même pas la première fois que l'on trouverait des brebis galeuses au sein de la Justice belge. En tous cas, j'espère que personne ne baissera les bras dans un mois ou dans six...»

M. J. Carbo de Charleroi: «Lorsque j'entends parler de congés pénitentiaires, je me demande de qui l'on se moque. Le meurtre de Marc et de Corinne n'a t-il pas été commis par des récidivistes Muselle et Bauregard. Alors que penser de ces «congés». Un fauve reste un fauve, psy ou pas psy...»

M. Claude Demanet de Châtelet: «Je crains que la conférence de presse du Procureur Bourlet, qu'il avait annoncée comme pas anodine, n'ait été habilement montée de toutes pièces pour calmer les esprits: «du pain et des jeux». A mon avis, Dutroux et sa bande sont en train de conduire les enquêteurs sur des voies de garage. Nous n'avons que faire, dans l'immédiat, des casseurs, des garagistes et autres trafiquants de voitures. Je crains que, quelques jours après le deuil nous ne soyons déjà dans la phase de dérive.

Mme Nadine de Paturages : Marc Dutroux doit rester en vie pour que la vérité soit faite. Dutroux, sa femme et ses complices doivent rester enfermer à vie pour qu’on n’oublie jamais tout le mal qu’ils ont commis.

M.Oscar Lecomte de Dampremy : Je suggère que chaque ville où commune du pays dédie les noms de Julie et Mélissa à une avenue, une rue, une place, etc. Ou même donner leur nom a des écoles, des instituts Qu'on ne les oublie jamais.»

Mme. Leclercq de Hantes-Wihéries: «Pourquoi de telles atrocités, pourquoi des enfants sans défense sont-ils livrés à des êtres qui ne sont humains qu'en apparence?»

M. E. Vandenabeele de Pont-de-Loup: «Pourquoi faire de la thérapie à des pédophiles? Qui va payer tous les soins accordés à cette pourriture; surtout qu'on dit qu'ils ne guériront jamais!»

M. Jacques Vassart de Gilly: «Est-il encore possible de croire à ce jour que notre pays est gouverné par des gens qui sont réellement conscients de leurs responsabilités, quand on découvre autant d'anomalies constatées et prouvées dans le dossier de Julie et Melissa?»

M. Claude Debeukelaer de Charleroi: «Pourquoi le ministre de la Justice peut-il prendre une décision contraire à un jugement et préconisé par un Procureur général?»

Melle. Nertia Antoiiolli de fraire: «On devrait être honteux de prêter le titre d'être humain face à de telles horreurs. La seule différence est que pour cela , on ne peut être humain.

M. et Mme Manchel-Sore de Mons: «Nous sommes déçus des Montois qui n'ont pas porté le deuil en fixant un ruban noir à leur voiture. Pourtant, cela concerne tout le monde.»

M. Jacques Troch de Houdeng-Aimeries: «Je souhaite que la régie des Postes émette un timbre spécial «Julie et Mélissa-Plus jamais ça», avec une surtaxe qui serait versée à l'association Marc et Corinne qui a sûrement besoin d'un soutien financier.»

M. Fabien Branswyk de Couillet: «Ces actes sont révoltants. Il est incompréhensible de commettre de tels agissements sur des gamines aussi naïves qu'innocentes et la justice belge s'est montrée incapable de gérer la sécurité de nos enfants.»

Mme. Gilmant d'Eugies: «On abat un chien enragé pour le danger qu'il représente. Pourquoi tant de laxisme envers les pédophiles monstrueux. En refusant le principe des peines incompressibles, le ministre de la Justice va applique ce que le bon sens populaire appelle «un emplâtre sur une jambe de bois».

Mme. Marcelle Delnest-Cartier. «Pas tant de verbiage et de clémence. L'essentiel est de protéger nos enfants contre ces anormaux. Mais il est aussi un sentiment essentiel, que je n'ai trouvé dans aucun article de presse, c'est l'amour; un des facteurs importants de la guérison des petites victimes.»

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C’étaient les musiques entendues aux funérailles

Gros succès chez les disquaires pour Dion, Duteil, Bocelli et Fugain


« La Nouvelle Gazette » du mercredi 28 août 1996 page 9

La célébration des funérailles de Julie et Mélissa, retransmise en direct par la télévision,aura arraché des larmes aux plus endurcis. Un des moments les plus émouvants fut sans nul doute l’interprétation de la chanson d’Yves Duteil « Pour les enfants du monde entier » Ce disque connaît aujourd’hui une seconde jeunesse partout en Belgique.

Conséquence indirecte et inattendue des funérailles, retransmise à la télévision,de Julie et Mélissa,les disquaires ont été assaillis de demandes des chansons qu'avait choisies la famille pour la cérémonie.
« Où s'en vont » de Michel Fugain, « Vole » de Céline Dion, « Con te partiro » d'Andréa Bocelli et
« Pour les enfants du monde entier » de Yves Duteil.

Effectivement, nous confirme un vendeur de la FNAC Liège. La demande pour ces disques a été très importante dès le lendemain des funérailles au point que nous avons dû en recommander dare-dare
Même son de cloche chez un disquaire de Fléron ainsi que chez le plus gros marchand de disque de Charleroi
Il faut dire que la cérémonie a été suivie par 1,6 million de téléspectateurs (Moitié francophones,moitié flamands et que les paroles de ces chansons étaient particulièrement bien choisies pour interpréter l'espoir qu'on peut encore tenir après de tels événement
Plus de 800.000 téléspectateurs ont également suivi le débat organisé par la RTBF vendredi soir, en présence de Gino Russo et de Marie France Botte.

« Un record d'audience pour un débat » indique t'on du coté de Reyers.

LG
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Par la poste

La photo de Julie et Mélissa dans toutes les boites aux lettres ?


« La Nouvelle Gazette » du mercredi 28 août 1996 page 9

A la sortie des funérailles de Julie et de Mélissa jeudi dernier, le comité de soutien distribuait à la foule présente une photo couleur des deux fillettes avec ce texte simple et émouvant, écrit dans les deux langues nationales:

« Nous n'avions que huit ans et beaucoup de rêves. On croyait que la vie serait belle... Vous les grands, préparez-nous un monde meilleur. »

Depuis, des centaines de personnes cherchent à se procurer cette photo et le téléphone du comité de soutien Julie et Mélissa est assailli de demandes.
Lors du débat de la RTBF vendredi dernier, le père de Mélissa, Gino Russo, avait déclaré que, pour répondre à toutes ces demandes, il avait dans l'idée de contacter la Poste pour savoir dans quelle mesure les facteurs ne pourraient pas les distribuer dans toutes les boîtes aux lettres du Royaume.
Suite à cette intervention télévisée, de nombreux bureaux de poste étaient déjà sollicites dès lundi matin.

A la direction de La Poste, on nous a répondu que les parents de Julie et Mélissa n'avaient toujours pas pris contact avec eux pour développer cette idée (rappelons qu'ils ont demandé quelques jours de repos), mais qu'il est clair qu'elle serait favorablement accueillie,la Poste ayant également une vocation sociale importante. »

Patience donc pour tous ceux qui cherchent à se procurer cette photo. Il se pourrait qu'elle se retrouve prochainement dans toutes les boîtes aux lettres.

L.G.


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