lundi 21 juillet 2008

Dutroux aurait avoué le meurtre d’An et Eefje('Nvlle Gazette'28 août 1996 p3)


Dutroux aurait avoué le meurtre d’An et Eefje

«La Nouvelle Gazette» du mercredi 28 août 1996 page 3

Mardi soir, les enquêteurs cherchaient toujours des cadavres sous la maison de Weinstein à Jumet

L'escalade dans l'horreur n'est pas encore terminée. Mardi, durant toute la journée, les rumeurs les plus folles ont circulé sur les énormes fouilles entreprises depuis le matin à Jumet, au domicile de Bernard Weinstein, ce complice français que Dutroux a avoué avoir assassiné en mars dernier et que l'on a retrouvé mort enterré, aux côtés de Julie et Mélissa. L'imposant déploiement de forces avait pour objectif de faire sauter la dalle de béton qui sert de plancher à un hangar annexe au chalet de bois.
Le but avoué officiellement par les enquêteurs: trouver des cadavres!

Confrontation

Tout se serait précipité en fait lundi soir, lors d'une confrontation organisée à Neufchâteau entre Marc Dutroux et son épouse Michèle Martin. Fort discrète jusqu'à présent, celle-ci s'était tue depuis son arrestation le 13 août dernier.
Mais il semblerait qu'elle ait enfin craqué, enjoignant à son mari d'avouer le crime des deux jeunes Flamandes, An Marchal (19 ans) et Eefje Lambrecks (17 ans), dont il avait par ailleurs déjà reconnu l'enlèvement, le 22 août 1995 à Ostende, en compagnie de son complice Michel Lelièvre. Marc Dutroux aurait alors accepté de conduire les enquêteurs jusqu'à l'endroit où il les aurait enterrées, à savoir dans le sol de ce hangar de Jumet.

Ne pouvant commencer les fouilles en pleine nuit, c'est vers 9 heures ce mardi matin qu'un important dispositif, maintenant les journalistes et les curieux à l'écart, a été installé dans la commune afin de laisser travailler les équipes de recherches (voir hors texte).

Vers 13 heures, Michèle Martin a également été emmenée sur place, comme pour confirmer les dires de son mari.
Vers 16heures, les travaux de déblaiement de l'énorme fatras d'objets de toutes sortes accumulé dans ce hangar était terminé et un officier de gendarmerie faisait rentrer une délégation de journalistes pour qu'elle puisse confirmer à ses collègues qu'aucun cadavre n'avait encore été découvert.
En effet, les rumeurs les plus folles faisaient état depuis la matinée d'une dizaine de cadavres repérés sous la maison.
L'édition de l'après-midi du journal « Le Soir » annonçait même que Dutroux avait avoué dans la foulée la présence de trois autres cadavres de jeunes filles, ce qui faisait piquer une énorme colère au procureur du Roi Michel Bourlet qui infirmait totalement cette «information».

«C'est sur les déclarations de Marc Dutroux que les travaux de déblaiement, puis de creusement sont effectués, a confirmé cet officier.
Nous travaillons pour trouver des cadavres et avec davantage encore de certitude que lorsque nous opérions à Sars-la-Buissière. Nous irons jusqu'au finish.

A l'heure où nous mettions sous presse pourtant, les recherches avec une sonde thermique et l'excavation du terrain avaient repris, mais toujours sans résultats. Ils risquaient de se prolonger encore durant de nombreuses heures.
Il se peut également que Marc Dutroux ait voulu mener les enquêteurs en bateau, mais ceux-ci ne doivent négliger aucune piste. Et si vraiment des cadavres sont découverts, il n'y aura de certitude quant à leur identité que lorsque les médecins légistes auront accompli leur pénible devoir.

La manière dont Marc Dutroux ne laisse filtrer les informations qu'au compte-gouttes donne véritablement la nausée. Il fait durer un suspense insoutenable pour les familles des victimes. Et son histoire est décidément à rapprocher des plus horribles monstres que notre terre ait connus depuis la guerre.

Luc Gochel
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A Jumet les chiens ont senti quelque chose

«La Nouvelle Gazette» du mercredi 28 août 1996 page 3

Marc Dutroux a été amené au chalet de Weinstein à Jumet, dans la nuit de lundi à mardi.
Les indications -les aveux?- qu'il a fournis aux enquêteurs ont été pris au sérieux: toutes la journée, les fouilles se sont poursuivies à Jumet.

Un chien a senti quelque chose...

Certains riverains et des curieux qui passaient par là lundi très tard l'ont vu, et l'information a été confirmée plus tard dans la journée de mardi: lundi soir, après 23 heures, une douzaine de gendarmes se sont rendus au chalet de Bernard Weinstein, rue Daubresse à Jumet, en compagnie de Marc Dutroux, menotte.
Ils y sont restés près de deux heures et ont arpenté le site, à la lueur de lampes de poche.

Déblayer avant de renifler
Cette visite nocturne a été suivie d'importantes fouilles qui se sont poursuivies toute la journée.
Dès 9 heures, la gendarmerie barrait la rue Daubresse à l'aide de barrières nadar.

Moins d'une demi heure plus tard, le périmètre de sécurité était étendu sur plusieurs centaines de mètres: seuls les voisins ont l'autorisation de rentrer chez eux, après avoir montré patte blanche.

C'est dans ce chalet que vivait Weinstein, avant sa disparition; c'est également ici qu'ont été séquestrés, en décembre dernier les trois jeunes gens (dont Pierre Rochow, 25 ans, placé sous mandat d'arrêt lundi) qui avaient voulu «doubler» Dutroux en lui volant un camion.

Dans la matinée, la protection civile a débarqué avec d'importants moyens: deux camions et une excavatrice, afin de déblayer le terrain et les annexes, encombrées de débris en tous genres.
La veille, on avait déjà sorti six bennes entières de ferrailles et de bois...
Ces travaux sont indispensables: le site, le hangar, les remises, tout est couvert de déchets en tous genres, qui bloquent les fouilles et le travail des chiens.

Le chien «très intéressé»
Vers midi, deux camions chargés de déchets quittent le site, mais les opérations de nettoyage ne sont pas encore terminées. Seule communication officielle: «Ne dites pas que l'on a découvert des corps, on n'a pas encore commencé à creuser».

Les chiens de la gendarmerie patientent, ainsi que le «nez hollandais» arrivé sur place le matin. Plusieurs bâches sont également déballées: elles protègent l'ensemble du site des regards curieux.
Les rumeurs vont bon train, non confirmées officiellement: Michèle Martin, la femme de Dutroux, serait sur place, mais personne ne l'a évidemment vue arriver.

On attendrait également cinq procureurs du Roi, qui ont eu des disparitions dans leur arrondissement.

Peu avant 16 heures, le colonel Lemasson, chef de corps de la gendarmerie de Charleroi confirme que les fouilles se déroulent sur base d'informations données par Dutroux, et qu'on a ici plus de certitudes qu'à Sars-la-Buissiere.

On cherche des corps, c'est clair, mais lesquels?
Quelques journalistes reçoivent l'autorisation de se rendre sur le site avant le début des travaux proprement dit. Le superintendant Bennett est sur place, dit encore le colonel Lemasson.

17 heures. Les chiens ont été lâchés dans un hangar de 25 mètres sur 5 à l'arrière du chalet. L'un d'entre eux marque un long arrêt dans un coin.
Cette information doit encore être confirmée a l'aide du matériel de détection anglais, le «ground radar» utilisé à Gloucester en Angleterre.

17h45. Rien de neuf, annonce un autre officier, mais les travaux continuent. Peu avant 19 heures, c'est au tour du major Boudin de donner quelques informations.

Oui, confirme-t-il, les chiens se sont arrêtés à plusieurs endroits. Combien? Il ne peut le préciser.

Oui, les fouilles vont continuer, mais jusqu'à la tombée de la nuit seulement, et elles reprendront aujourd'hui. Pas question donc, d'y aller au finish avec l'aide d'un groupe électrogène en travaillant la nuit.

Mais il se confirme que c'est bien des cadavres qu'on recherche.
Et si on a fait état de l'arrivée sur place de radiographies de mâchoires qui auraient pu être comparées à celles de cadavres à retrouver, le major Boudin n'en sait rien. C'est du moins ce qu'il affirme.

Anne DAUCHOT




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