dimanche 27 juillet 2008

INCROYABLE ! HUIT CELLULES VOISINES !!('MEUSE'30 août 1996 p11)



INCROYABLE ! HUIT CELLULES VOISINES !!

Dutroux et ses complices sont l'un a côté de l'autre à la prison d'Arlon
Ils pouvaient donc communiquer ensemble


« LA MEUSE » du vendredi 30 août 1996 page 11


Tout à fait étonnant mais vrai : Marc Dutroux et sept autres de ses complices sont, depuis le début de l'enquête et au fil des arrestations, logés l'un à côté de l'autre, au premier étage de la prison d'Arlon. Seul l'inspecteur de la PJ Georges Zicot (prison de Huy) et Michèle Martin (prison pour femmes de Namur) sont dans d'autres lieux.

C'est ce que nous a confirmé hier le directeur de la prison d'Arlon, Germain Chalon, précisant que chaque détenu avait le droit de louer une T.V. et d'acheter les journaux et qu'il ne disposait d'aucun renfort particulier pour assurer la sécurité.

La règle générale veut que les prévenus soient emprisonnes dans la maison d'arrêt dépendant de l'arrondissement judiciaire où ils ont été placés sous mandat. Mais l'arrondissement judiciaire de Neufchâteau ne possédant pas de maison d'arrêt, logiquement, ces prisonniers sont conduits à Arlon.
Mais le juge d'instruction chargé d'un dossier peut très bien, pour des motifs propres à l'enquête (éviter les contacts entre eux par exemple), demander le placement de ses prévenus dans des prisons autres que celle de son arrondissement judiciaire.

Bizarrement, dans l'affaire qui nous occupe, le juge d'instruction de Neufchâteau Jean-Marc Connerotte ne l'a pas fait d'emblée. Et aujourd'hui, il doit s'en mordre les doigts.

Aucune instruction particulière
«Oui, excepté Georges Zicot et Michèle Martin, Marc Dutroux et ses complices sont ici depuis leur arrestation », nous confirme le directeur de la prison d'Arlon, M. Germain Chalon. « Et mis à part les trois premiers jours oie ils ont été mis au secret (trois jours est le maximum possible. Marc Dutroux y fut du 13 au 16 août), le
juge ne m'a donné aucune instruction parti
culière pour traiter ces détenus. »

- Sont-ils dans le quartier des «pointeurs»?
« A Arlon, nous sommes plus une maison d'arrêt que de peines. Il s'agit d'une petite prison et je n'ai pas ici de quartier spécifique pour les pointeurs. Mais il est vrai que nous avons vidé un étage pour y rassembler Dutroux et ses complices. Au début, le climat était très difficile avec les autres détenus. Il valait donc mieux les rassembler. Mais ces derniers jours, la tension est tout de même redescendue d'un cran. »

- Ils sont donc tout près l'un de l'autre?
« Oui. Chacun dans leur cellule, mais les cellules sont l'une à côté de l'autre. C'est petit ici, on ne sait pas faire autrement. »

- Ils peuvent donc communiquer entre eux, s'échanger des informations, s'arranger pour mettre au point des versions de défense...?
« Que voulez-vous? On ne peut tout de même pas les empêcher de crier... »

Aucun renfort

- Et les informations? Disposent-ils de journaux, de la T.V. ?
« Comme tout prévenu, ils peuvent louer un appareil de télévision pour 1.050 F par mois et commander des journaux à la cantine. La plupart des huit prévenus en profitent mais je dois signaler que Dutroux n'a pas demandé la télévision. »

- Et les promenades?
« Ils ont droit comme tous les prisonniers à des promenades au préau. Mais elles ne se font jamais en compagnie des autres, détenus, pour éviter des incidents. Pour le moment, ils n'en profitent pas beaucoup puisqu'ils sont constamment pris par les enquêteurs pour des interrogatoires. »

- A leur étage, la sécurité est-elle renforcée?
« Vous savez, on fait avec ce qu'on a. Nous n'avons reçu aucun gardien supplémentaire pour renforcer la surveillance. »

- Et comment se comportent-ils depuis leur incarcération?
« Ils sont raisonnables, comme les autres prisonniers. »

- Marc Dutroux laisse-t-il tout de même filtrer quelques soupçons de remords?
« Cela fait 35 ans que je fais ce métier, et jamais je n'en ai vu un seul manifester des signes de remords. Alors... »

Luc Gochel
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Le juge Connerotte n'était pas au courant !

« LA MEUSE » du vendredi 30 août 1996 page 11

NOUS avons essayé de joindre le juge d'instruction en charge du dossier Dutroux, Jean-Marc Connerotte, pour lui demander si cette situation était bien normale. Ce n'est qu'après avoir longuement insisté auprès du personnel du palais de justice de Neufchâteau que le magistrat chestrolais a accepté de nous entendre et de nous confirmer son ignorance de cet état de fait.
«J'étais au courant que la direction de la prison avait dû les rassembler pour éviter des incidents avec les autres détenus, nous confia-t-il. Mais je ne savais pas du tout qu'ils étaient l'un à côté de l'autre et qu'ils pouvaient communiquer entre eux.
Vous faites bien de me prévenir, je fais de suite le nécessaire.
Il n'est pas question ici de crier au scandale. Nous connaissons tous depuis longtemps les difficultés que connaissent nos prisons surpeuplées et les moyens financiers dérisoires qui sont mis à leur disposition.
Mais dans une enquête pareille, qui bouleverse l'opinion depuis 15 jours et qui met en jeu la vie de peut-être une dizaine d'enfants, n'était-on pas en droit de s'attendre à un peu plus d'attention dans le traitement pénitentiaire de ces prévenus?

N'aurait-il pas fallu au minimum incarcérer les trois principaux protagonistes,Dutroux, Nihoul et Lelièvre ,dans des prisons différentes comme en a tout à fait le droit le juge d'instruction ?
Et le directeur de cette prison n'aurait-il pas dû avertir l'autorité judiciaire du danger que représentait cette proximité des inculpés, même s'il ne pouvait pas faire autrement ?
En espérant qu'au moins depuis hier soir le problème soit résolu, il n'est pas inutile aujourd'hui de se poser ces questions.

Car qui peut dire que les fouilles réalisées actuellement à Jumet ne sont pas le fruit d'une version concertée par Dutroux et ses complices, la nuit, au premier étage de la prison d'Arlon ?
En attendant, la vérité se trouve peut-être ailleurs...

L.G.
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O N E : Pas pressée d’aider les enseignants!

« LA MEUSE » du vendredi 30 août 1996 page 11

Le week-end dernier, la présidente de l'ONE (office de la naissance et de l'enfance de la Communauté française), Marie-José Laloy, annonçait des mesures d'urgence pour la rentrée des classes.

En effet, dès lundi prochain, les enseignants vont se trouver confrontés aux questions et aux angoisses de leurs élèves suite à l'affaire Dutroux. Pas facile à gérer! Ce sont tout d'abord les équipes SOS-Enfants, spécialistes de la maltraitance sur le terrain, qui se sont inquiétées de ce problème.

Les instances de l'ONE ont embrayé et ont décidé de constituer une «cellule de crise ». Mardi, un large et long tour de table a eu lieu. Membres de la direction de l'ONE, du bureau, du ministère... tout le monde était là pour le grand raout. Malheureusement, le projet semble avoir perdu en urgence ce qu'il a gagné en ampleur.
Ladite cellule de crise, ayant «exploré des pistes », « examiné les actes appropriés qu'il convenait de poser » et s'étant persuadée qu'il fallait absolument «fournir des réponses concrètes » -le tout « de façon sereine et responsable »- a décidé de se réunir à nouveau... mercredi prochain !
On peut donc espérer les prémices d'un avant-projet d'action trois jours APRES la rentrée des classes.

En attendant, l'ONE rappelle les numéros de téléphone des équipes SOS-Enfants qui sont, elles, bel et bien disponibles.
Bruxelles: hôpital Saint-Pierre: 02/ 535.34.25, UCL: 02/764.20.90.
Genappe : 067/78.01.08.
Liège: 041/42.40.79.
Libramont : 061/22.24.60.
Namur: 081/22.54.15.
Mouscron : 056/34.70.14.
Tournai: 069/22.74.40.
Charleroi: 071/33.25.81.
Mons: 065/36.11.36.
La Louvière : 064/22.41.41.

C.T.

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Michel Bourlet : un Liégeois dont la famille a le droit dans le sang

« LA MEUSE » du vendredi 30 août 1996 page 11

Depuis que l'affaire a éclaté, le procureur s'est remis à fumer...

Il est aujourd'hui le magistrat le plus populaire de Belgique et depuis l’« affaire », il s'est remis à fumer... Michel Bourlet est originaire de la région liégeoise (il est né à Ans), il aura 48 ans le 8 janvier prochain et dans sa famille, on a le Droit dans le sang.
Son père, Lambert, fut avocat au barreau de Liège. Ils sont quatre fils. Les trois premiers (Alain, Michel, Jean-François) sont juristes. Seul le cadet a pris une autre voie, celle de la comptabilité.Michel est le deuxième.

Etudes de droit à l'ULg. A l'époque, la faculté était encore au centre-ville, place du XX août ; en face des bâtiments, un disquaire. Michel et Jean-François, jobistes, y travaillaient. Jean-François vendait le rock, Michel, le classique. Il préfère Mozart, Haendel, Bach. Les deux frères distribuaient aussi des cigarettes pour une marque américaine et l'été, à Hermée, cueillaient des fruits.

Le calme
Michel Bourlet a prêté serment d'avocat au barreau de Liège le 4 décembre 1974 et fut stagiaire chez la doyenne de tous les avocats liégeois, Marie Nizet, qui porte le n° 1 au tableau de l'ordre des avocats de Liège, où elle exerce depuis 1929.
Stagiaire judiciaire au parquet de Liège dès 1977, Michel Bourlet travailla d'abord à la section roulage avant d'être nommé substitut puis d'être, à sa demande, affecté au parquet de la jeunesse.
Il y a onze ans qu'il est à Neufchâteau. Il n'avait aucune attache en Ardenne mais postula la place de procureur du Roi lorsque l'occasion de présenta.
« Il y est parti avec plaisir et s'est adapté sans difficulté. Il aime le calme», commente son frère Jean-François, avocat au barreau de Liège depuis vingt ans.

Dans son moulin
A Neufchâteau, Michel Bourlet a acheté un moulin entouré d'un magnifique jardin où il abrite sa vie familiale. Il a mis la main à quelques travaux de rénovation. Dans la famille Bourlet, c'est Michel qui est le plus bricoleur.
Il a laissé à Liège ses souvenirs; il revient dans la Principauté une fois par mois à la conférence mensuelle des neuf procureurs du Roi.
Depuis qu'il exerce sa charge de chef de corps et qu'il a quitté Liège, il a abandonné complètement la pratique de son sport favori, le hockey sur gazon.

Cependant, l'après-midi du dimanche 18 août, après la conférence de presse qu'il tint pour annoncer les terribles aveux de Dutroux sur le sort réservé à Julie et Mélissa, Michel Bourlet est revenu à Liège. Pour saluer les copains qui participaient au tournoi de hockey sur gazon à Rocourt. Et oublier quelques instants les salissures.
« Michel a toujours fait son boulot de la même manière. Il considère qu'il ne fait rien de plus que ce qu'il a toujours fait», commente Jean-François.

Nicole JACQUEMIN
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DERNIERE MINUTE

« LA MEUSE » du vendredi 30 août 1996 page 11

Dossier liégeois à Neufchâteau
Les dossiers de Julie et Mélissa et des tentatives de rapt de Rodt (St-Vith) ont étés confiés au parquet de Neufchâteau.
II disposait déjà des dossiers de Laetitia Delhez, de Sabine Dardenne et d'An et Eefje Lambrecks.

2e volet de l'enquête sur l'enquête
Le procureur général, Anne Thi•ly, a entamé hier, â Liège, le deuxième volet de son enquête sur l'enquête relative au rapt de Julie et Métissa, en procédant à l'audition de gendarmes de Grâce-Hollogne.
La veille, elle avait rencontré le procureur général près la cour de Cassation, Jacques velu, et le ministre de la Justice pour leur faire rapport sur ses premières investigations qui l'avaient notamment amenée à entendre la juge d'instruction, Mme Doutrewe, et le premier substitut, M. Hombroise.

Des enquêteurs belges en Tchéquie
Cinq enquêteurs belges, dirigés par le commissaire Luc van Tieghem, effectuent des recherches en République tchèque, selon la télévision tchèque. Ils vérifient notamment des informations sur l'éventuelle «piste tchèque» dans la disparition d'An et Eefje.

Ils opèrent notamment en Bohême du nord, dans le milieu des «salons érotiques», ainsi qu'à Prague et en Bohéme centrale, notamment dans des restaurants, des boîtes et des salles de jeux.Cette mission devrait s'achever samedi.

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