dimanche 27 juillet 2008

Guerre ouverte aux pédophiles('DH'30 août 1996 p3)


La lutte contre l’Internet rose

L’informatique au cœur d’un odieux business


"La Dernière Heure" du vendredi 30 août 1996 page 3

BRUXELLES - Un million d'images pornographiques, dont des dizaines de milliers de pages Internet consacrées à la seule pornographie enfantine: les experts réunis à Stockholm ont pointé du doigt le plus grand réseau d'information mondiale. « La rapidité des progrès technologiques a ouvert de nouvelles perspectives aux producteurs, distributeurs et utilisateurs de la pornographie enfantine, lit-on dans les documents de base du congrès. Plus encore, l'ordinateur a révolutionné la transmission pendant les années 90.
Et, contrairement aux films vidéo et aux photographies, la pornographie transmise par ordinateur est beaucoup plus difficile à détecter et ne connaît pas de frontières ».
Les ordinateurs ont été le plus grand cadeau aux pédophiles », a ajouté dans la capitale suédoise, Ron O'Grady, coordinateur d'Ecpat, une des associations de lutte qui a mis le congrès sur pied. Coïncidence : comme pour conforter ces propos, on annonçait hier chez nous, à Termonde, l'arrestation d'un habitant de Tamise, soupçonné d'avoir tenté d'écouler 3.000 photos pornographiques via le Web. Près d'un millier de ces photos représentaient des mineurs d’âge...
A Bruxelles, la cellule Computer crime unit de la PJ, spécialement mise sur pied, en automne dernier, pour lutter contre les abus d'Inter net, confirme de son côté que depuis l'arrestation de Dutroux et consorts, tous les sites sont vérifiés un par un. Enfin, ce vendredi, au conseil des ministres, il sera encore question, dans le programme d'action présenté par les ministres De Clerc et Derycke, d'Internet. A Stockholm, la délégation belge a suivi avec attention l'intervention des Hollandais, venus expliquer que, depuis quelque temps, l'instauration d'une ligne téléphonique verte permettait de dénoncer bien des abus en matière de pédophilie sur Internet.
Exemples odieux
Pas besoin de surfer bien loin sur le réseau pour se rendre compte de la réalité de ces affirmations: à la rubrique entertainement (divertissements), l'introduction du mot clé paedo (pour pédo en anglais), donne déjà lieu à une bien curieuse littérature. Comme, par exemple, les bons conseils de ce groupe de soutien aux hommes qui aiment les jeunes garçons, dont le but est de rassurer les pédophiles qui se sentent isolés en fonction de leurs tendances. « Il est malheureux, peut-on lire en cinq langues différentes, que le pédophile soit aujourd'hui considéré comme un personnage tellement dégoûtant.
Le mot est innocent, mais suscite des réactions déplacées ». Plus loin, le groupe pousse le cynisme jusqu'à établir une comparaison avec Copernic, qui s'est retrouve bien isolé, lui aussi, quand il fut le premier à dire que la terre était ronde !
Un autre site dévoile encore l'échange de courrier entre pédophiles (ou bi, pour boy-lover) : l'un d'eux raconte son attirance pour les jeunes garçons de 10 à 15 ans, expliquant que son meilleur ami préfère, lui, les petites filles, de préférence entre 8 et 13 ans.
Quelques considérations ahuris santés terminent ces propos: ainsi, ne voit-on pas ces individus discourir sur l'âge de consentement de leurs petites victimes. « Cela n'a pas de sens de fixer un âge de consentement officiel... Néanmoins, il faut définir une frontière : à 5 ou 6 ans, par exemple, on peut estimer - sauf exceptions qu'il n'y a pas consentement. Cela commence vers 10-12 ans. A cet âge, les enfants commencent réellement à penser et sont prêts à décider ».
Au-delà des belles déclarations officielles, quand va-t-on enfin prendre des mesures efficaces pour interdire de telles incitations à la pédophilie ?

Nancy Ferroni
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Les personnalités de l’enquête judiciaire

La Dernière Heure du vendredi 30 août 1996 page 3

Le procureur général
Membre du parquet général, supérieur hiérarchique du procureur du Roi, il supervise son travail, pouvant l'incliner dans telle ou telle direction. Le procureur général dépend de la cour d'appel, qui peut couvrir plusieurs arrondissements ou provinces. Dans le cas présent, le procureur général de Liège, Anne Thily, est compétent pour les provinces de Liège, Namur et de Luxembourg. Le procureur général est l'interlocuteur privilégié des autres hiérarchies, Cour de cassation pour le judiciaire ou ministère de la Justice pour le politique.

Le juge d'instruction
Personnage-clef de l'enquête. Il est le seul à pouvoir inculper un suspect, à le placer sous mandat d'arrêt (cette décision de détention est ensuite confirmée ou non par la chambre du conseil ou, en appel, par la chambre des mises en accusation). Le juge d'instruction délivre également les mandats de perquisition. C'est lui qui centralise toutes les informations récoltées par les enquêteurs sur le terrain et oriente leurs recherches. Le juge d'instruction est indépendant. Il doit instruire à charge et à décharge, c'est-à-dire découvrir les éléments qui accablent ou, au contraire, disculpent un suspect.

Le procureur du Roi
Membre du parquet, il représente ce qu'on appelle le ministère public. Il est chargé de défendre les intérêts de la société. Sur base d'informations initiales recueillies par la police ou la gendarmerie, il décide ou non de mettre l'affaire à l'instruction, ensuite de poursuivre ou non le ou les suspects. Au vu des résultats de l'enquête du juge d'instruction, le procureur du Roi peut classer une affaire sans suite ou, au contraire, demander la tenue d'un procès.

Les magistrats nationaux
Ces nouveaux postes ont été créés après l'échec de l'enquête sur les tueries du Brabant wallon, lorsque l'on s'est rendu compte de l'urgence de coordonner les actions sur différents arrondissements. En Belgique, il y a deux magistrats nationaux, dépendant du parquet général, et donc de la cour d'appel, et hiérarchiquement équivalents à un procureur général. Ils ont compétence pour représenter le parquet dans les grandes enquêtes dont l'ampleur dépasse les besoins de coordination à l'échelle d'un simple arrondissement.

Les enquêteurs.
Dans les grandes enquêtes, si les polices communales ou les brigades de gendarmerie locales peuvent également travailler, on fait surtout appel aux polices judiciaires, rattachées aux parquets, et à la gendarmerie (spécialement les BSR, les brigades de surveillance et de recherche). Ces enquêteurs travaillent sous la direction du juge d'instruction saisi du dossier.

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Plaidoyer pour Zicot

Ses avocats contre attaquent


La Dernière Heure du vendredi 30 août 1996 page 3

CHARLEROI - « Quand la justice est dans la rue, les avocats, les juristes se doivent de réagir!». C'est en ces termes que les avocats de Georges Zicot, Mes Philippe et Jean-Philippe Mayence ont justifié la conférence de presse qu'ils ont tenue hier à Charleroi. Les avocats ont lu tant de choses sur leur client dans la presse, « des indiscrétions distillées au jour le jour, des informations souvent tronquées et toujours orientées », qu'ils ont décidé de monter au créneau. Les avocats pointent du doigt la gendarmerie qui est, selon eux, responsable de ces accusations, qui ont détruit M. Zicot professionnellement et humainement », le tout baignant dans un contexte de guerre des polices exacerbées.

Dans le collimateur
La bataille pour le partage des compétences entre gendarmerie et PJ fait rage actuellement: pour les avocats, Zicot, qui a toujours été dans les collimateur du procureur général de Mons, M. Demanet, sert ainsi la cause de la gendarmerie dans un conflit qui déchire le monde judiciaire. Zicot, victime des dysfonctionnements graves de notre machine judiciaire.
Dans les faits, on reproche à Georges Zicot d'avoir rédigé un PV qui n'était pas conforme à la réa lité. En fait, Zicot, lorsqu'il a eu vent de la présence d'un camion volé se trouvant chez un de ses informateurs, à savoir Pinon, est allé le chercher pour le restituer mais, désireux de couvrir son indicateur, a notifié que le camion avait été retrouvé ailleurs que dans le garage de Pinon.
«C'est une pratique tout à fait courante en Belgique, puisque le Parlement n'a pas encore légiféré, dans notre pays, sur le secret des sources et les opérations sous couverture, comme c'est la cas dans beaucoup d'autres pays.»assurent les avocats.
Lors du déménagement du camion, le hangar de Pinon a été endommagé, l'assurance, via de Haan, a réglé les dégats, 150.000 francs versés par Zicot à Pinon.

Georges Zicot n'a pas touché un franc, il a couvert son indic et restitué le camion; du travail de flic au quotidien: le voilà arrêté par l'ESI comme un malfrat de haut vol, inculpé, placé sous mandat pour des manquements qui n'auraient, selon les avocats, dû regarder qu'un conseil de discipline.

L'inimitié que porte le procureur général Demanet à Zicot (qui a enquêté sur les voitures d'origine louche de son fils) sont un des facteurs de la déchéance de Zicot, dont les avocats estime révoltant le traitement qu'il a connu en prison.
Quant aux bruits fous qui ont couru sur le compte de Zicot, qui aurait été le protecteur de Dutroux, le ripou qui touchait, « il n'en est tout simplement pas question dans le dossier », assurent les avocats. Ils répètent que Georges Zicot n'a rien à voir avec les actes atroces commis par Dutroux.

F.M.
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Offensive contre le tourisme sexuel

Il faut dénoncer cette hypocrisie !


La Dernière Heure du vendredi 30 août 1996 page 3

STOCKHOLM - Il était question de prévention, de tourisme sexuel, d'exploitation et de prostitution enfantine, hier, pour le troisième jour du congrès mondial contre l'exploitation sexuelle des enfants, où les suites du dossier Dutroux continuent de focaliser une bonne partie de l'attention sur la Belgique.
Malgré les avertissements aux agences de voyage, malgré la disparition du fameux guide Spartacus dans certains pays européens
(On le trouve encore en vente libre, néanmoins, dans une centaine de pays), on a ainsi longuement détaillé les facilités existantes pour transformer un voyage ordinaire en tourisme sexuel. Des guides spécialisés se trouvent toujours, apparemment sans trop de difficultés, pour vanter les charmes des hôtels des Philippines, par exemple: «Aucun problème pour emmener les garçons dans votre chambre »...
Et ce qui est valable pour les Philippines l'est aussi au Brésil, à St-Domingue, au Venezuela, en Thaïlande, au Sri-Lanka...
Le tourisme du sexe est un marché international, avec ses grossistes, sa publicité, ses clubs de consommateurs, et ses tests de qualité », explique Bernard Boeton, de Terre des Hommes, une des ONG qui dénonce vigoureusement ce commerce et qui s'est notamment illustrée en se portant partie civile, en Belgique, dans le procès Spartacus en 1994. Un procès dont l'action fut cependant éteinte par le décès de l'éditeur du guide, John Stanford.

Sex-tours
Quant aux flux de touristes sexuels, ils vont essentiellement d'Europe, d'Amérique du Nord et des pays du Golfe, vers des pays pauvres de l'Asie du Sud-est, d'Afrique et d'Amérique latine, sans compter des destinations internes à certains pays riches, comme Amsterdam, la Nouvelle Orléans ou las Vegas, affirme pour sa part Ecpat (End Child Prostitution in Asian Tourism).
Notons qu'aujourd'hui, les sex-tours sont le fait de quelques opérateurs spécialisés, que les professionnels du voyage ne reconnaissent pas comme étant des leurs. L'OMT (Organisation mondiale du Tourisme) a d'ailleurs annoncé à Stockholm qu'elle constituait actuellement une équipe spéciale sur ce fléau.
Membre de la délégation belge à Stockholm, Freddy Gazan, du Crasc, un des rares centres à proposer un traitement aux pédophiles (qui lui sont également envoyés par la justice), confirme en tout cas que ces individus disposent d'un réseau bien structuré, qui les approvisionne en matériel pédophile: Il existe notamment en Hollande des sex rings, des clubs où le pédophile se rend et se procure tout ce qu'il veut.
Et pour ne pas être infiltrés par les forces de l'ordre, ces clubs ont instauré des codes cela passe, par exemple, par la masturbation devant une image d'enfant ».

N.F.
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Pour Régis Dohogne

Le courage mal payé


La Dernière Heure du vendredi 30 août 1996 page 3

BRUXELLES - Régis Dohogne, le leader de la CSC-Enseignement, espère-t-il qu'une directive soit adressée, en matière de pédophilie, par Laurette Onkelinx, à l'occasion de la rentrée scolaire ?
« Nous n'attendons pas qu'un geste de la Communauté française », explique-t-il. « Nous sommes extrêmement déçus de voir quelles sont les réactions des parquets concernés lorsqu'un enseignant leur dénonce un cas de pédophilie dont un de ses élèves lui paraît être victime ».

Il poursuit: « Dans de nombreux cas, six mois après, les enseignants constatent, amers, qu'aucune mesure n'a été prise. Alors que, pour un instituteur ou un prof, dénoncer de pareils abus nécessite un sérieux courage. Il faut en effet souvent affronter l'hostilité des bourreaux, l'indifférence de la Justice, et la peur ou la lâcheté d'un certain nombre de collègues, pour qui tout scandale au sein de l'école pose problème. Il n'est donc pas facile d'être courageux, et lorsque certains le sont, ils ne sont pas toujours suivis par la Justice qui peut tarder à prendre des mesures de protection de l'enfant qui s'avèrent pourtant nécessaires. Cela nous semble inacceptable...

Comment gérer la rentrée scolaire dans pareil contexte? « La chose n'est pas simple. L’enseignant ne doit pas dramatiser et créer une psychose de type paranoïaque chez les enfants, qui doivent continuer a vivre leur enfance avec toutes les richesses et les va leurs qu'elle représente. Mais il faut également ne pas leur présenter de situations naïves: les élèves doivent être prévenus...
De nombreuses associations ont d'ailleurs déjà publié de remarquables documents à ce sujet. Je pense à Missing Children ou à Marie-France Botte.
Ces actions ont évidemment toute notre sympathie...

Recueilli par Ch. C.
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Isabelle a failli être enlevée ;A bord d’une CX grise

La Dernière Heure du vendredi 30 août 1996 page 3

LIÈGE - Alors que, jour après jour, les actes ignobles commis par Marc Dutroux et ses complices prennent une ampleur et une horreur insoupçonnées.
Il y a deux semaines, certains témoignages font craindre que de nombreux enfants et jeunes filles ont échappé de justesse au pire.
Ainsi, un témoignage que nous avons recueilli ne manque pas d'éléments troublants. Isabelle, âgée de 24 ans, habite à Beaufays. En février 1995, elle a failli être enlevée à proximité de son domicile.
Un récit qui, a posteriori, donne froid dans le dos : « Ce soir-là, je me rendais à l'aérobic. Vers 18 heures, j'ai quitté la maison en voiture pour aller chercher, un peu plus loin, mon chien. Je comptais aller le promener après l'aérobic. J'avais immédiatement remarque une voiture derrière une rangée de sapins. Quand j'ai démarré, ce véhicule m'a suivi. Puis, quand j'ai stoppé, la voiture, une Citroën CX grise, s'est arrêtée également...
Isabelle quitte alors, comme prévu, sa voiture pour aller chercher son chien (un dobberman). Quand elle revient, le conducteur de la Citroën se trouve à l'extérieur de sa voiture. Le chien grimpe dans le coffre qu'Isabelle ferme. A ce moment, l'individu interpelle la jeune fille et l'invite à monter à bord ! Isabelle refuse : « Cet homme était très poli, présentait bien. Quand il m'a demandé de l'accompagner, je ne l'ai pas pris au sérieux. Mais quand il a fait un pas dans ma direction pour m'attraper, le chien a aboyé et je suis immédiatement rentré dans ma voiture puis j'ai filé. Il m'a suivi un moment mais j'ai réussi à le semer à un feu rouge.

Un homme et une femme
Ce n'est que le lendemain qu'Isabelle apprendra de la femme d'ouvrage que la Citroën CX grise rôdait dans les environs de sa maison depuis une semaine ! La femme d'ouvrage avait repéré le conducteur (hirsute) et une femme qui tentait de se cacher à chaque passage (Lelièvre et Martin ?).
Par contre, l'homme qui a tenté d'enlever Isabelle ressemblait étrangement à... Michel Nihoul !
Contactée jeudi après-midi, la gendarmerie de Grâce-Hollogne s'est réfugiée derrière le secret professionnel. A la police de
Chaudfontaine, on explique qu'une voiture suspecte a été signalée mais sans plus.

Au mois de juillet 1995, Isabelle s'est rendue à la gendarmerie de Grâce-Hollogne pour raconter son histoire. « Le gendarme qui m'a reçu semblait ne pas se soucier de moi. Les gens entraient et sortaient de son bureau. La télévision attirait régulièrement son attention. Nous étions tout le temps interrompu. Il ne m'a jamais montré de photos de suspects. La gendarmerie n'a jamais contacté la police de Chaudfontaine.

Christian Delcourt


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