dimanche 27 juillet 2008

Les odieux mensonges d’un tueur('DH'30 août 1996 p2)



Les odieux mensonges d’un tueur

L’assistante sociale n’y a vu que du feu …

«La Dernière Heure» du vendredi 30 août 1996 page 2

BRUXELLES - Un document, révélé hier par la RTBF dans son nouveau journal télévisé de 12 h 45, montre combien Marc Dutroux a pu berner la justice. Ce document est l'ultime rapport de guidance sociale concernant Dutroux.
Il est rédigé en juillet dernier, alors que Dutroux a, au moins, enlevé An, Eeifje, abattu Weinstein, enterré Julie et Mélissa et qu'il séquestre Sabine...
Interrogé le 11 juillet par l'assistante sociale chargée du suivi de sa libération conditionnelle, Dutroux sort le grand jeu. Il se dit « innocent», «détruit nerveusement et moralement », « brisé », « éprouvé dans son âme et dans son coeur », « victime de sa naïveté et de son bon coeur. » Il raconte qu'il s'est éloigné de son épouse, de peur de devenir violent.
Dans le rapport, l'assistante sociale précise que Dutroux en veut « à mort » à la justice, au juge d'instruction, aux enquêteurs, qui ont fait des amalgames «sans preuve ». Dutroux s'écrie: «A cause des interrogatoires, mon épouse a perdu un enfant, mort dans son ventre».. L'assistante note qu'il en est ému jusqu'aux larmes.
Conclusions du rapport « Contrat de libération respecté, objectivement. Ce client présente un profil psychologique particulier. Il crie son innocence bafouée par la justice injuste et impitoyable, selon lui. II en est devenu malade de désespoir et son épouse également (...).
Le 9 août, soit moins d'un mois après cet entretien, Dutroux enlève Laetitia à Bertrix. «Contrat de libération respecté ».

Pas seule
Deux jours après la découverte des corps de Julie et Mélissa, le ministre de la Justice avait déjà mis le doigt sur l'absence de contrôle réel après la libération anticipée de Dutroux. Il constatait que l'assistante sociale avait été mystifiée.
Il n'est cependant pas acceptable de désigner cette assistance sociale, que l'on dit aujourd'hui très éprouvée, comme la responsable de ce qui s'est passé ultérieurement. D'abord, elle n'a pas été la seule personne trompée. Une majorité d'avis favorables (quatre sur six) ont été émis par d'autres instances, visant à remettre Dutroux en liberté. Ensuite, c'est l'ensemble du système de surveillance qui pèche par défaut de prévoyance.
La procédure veut que les libérés se présentent eux-mêmes chez les assistants, qui ne se déplacent pas.
Ces assistants sociaux n'ont aucune formation particulière leur permettant de mieux cerner la personnalité de tueurs ou de ravisseurs tels que Dutroux.
On rappellera aussi que Dutroux se présentait tous les mois chez un neuropsychiatre.
Agé de 82 ans, celui-ci n'a jamais émis le moindre avertissement. Le secret médical lui interdisait de toute manière de communiquer des éléments à la justice.
Le ministre De Clerck veut modifier cette procédure manifestement dépassée. Il y a urgence, dit De Clerck. Effectivement.
Par ailleurs, les fouilles à fumet ont été retardées par la pluie et interrompues jeudi après midi. Elles reprennent ce vendredi. D'autres recherches continueront à Sars-la-Buissière.
Le procureur général de liège, Anne Thily, poursuit en outre son enquête sur l'enquête. Après un premier rapport au procureur général près la cour de Cassation et au ministre de la Justice, elle a entendu à Liège des gendarmes de Grâce-Hollogne.
Enfin, alors que quatre de ses co-inculpés sont venus prendre connaissance au palais de justice de Neufchâteau les charges retenues contre eux, Marc Dutroux s'est officiellement adressé, jeudi, au bâtonnier du barreau de Neufchâteau pour qu'on lui désigne un avocat commis d'office.
N. E., M. Pe. et B. F.

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Enfin la fin du mutisme politique

Le gouvernement présente sa parade aujourd'hui


«La Dernière Heure» du vendredi 30 août 1996 page 2

BRUXELLES - Le mutisme du monde politique avait profondément marqué la population, dès le début des tragiques découvertes de l'été, à Sars-la-Buissière. Ce matin, le gouvernement tentera de rattraper le coup. Dans l'ambiance lourde que l'on devine, un kern élargi à Stefaan De Clerck s'est déjà réuni, hier, avec pour objectif la préparation d'une vaste réforme judiciaire, pour l'adapter à la lutte contre la pédophilie.
Le gouvernement doit encore le peaufiner ce matin. Comme prévu, on y retrouve une assistance préventive et curative aux victimes, un traitement des abuseurs sexuels dès la prison, un renforcement de la procédure de probation des détenus en libération conditionnelle,une modification -de la procédure afférant à cette dernière (la décision ne relevant désormais plus du seul ministre mais d'un collège de magistrats et de techniciens, une possibilité (conditionnée) d'accès au dossier pour les parents des victimes, et un examen de la problématique posée en la matière par le réseau Internet. Il semble, par contre, que l'incompressibilité des peines ne s'y trouvera pas,

Libération
Affirmer que le gouvernement a dû travailler dans l'urgence n'est pas vraiment exact. En fait, au mois de mai dernier, le ministre de la Justice avait déjà transmis à ses collègues une simple note d'orientation qui définissait les grandes lignes de la politique à mettre en oeuvre. C'est ce même document qui se trouvait, hier matin, sur la table de travail du kern.
On veut espérer qu'il aura été profondément amendé. Ainsi, le texte tente de décourager le gouvernement de durcir les conditions d'obtention d'une libération conditionnelle, estimant que « l'instauration de seuils d'admissibilité plus sévères ou d'une exclusion préalable des certaines catégories de condamnés susciterait rapidement des desperados parmi les détenus, entraînant une augmentation du danger et l'impossibilité de maîtriser les établissements pénitentiaires ». Le même document, quelques pages avant, avait mis en garde contre l'accroissement constant de la population carcérale, prônant le développement de peines alternatives à l'emprisonnement, plutôt que la construction de prisons supplémentaires...

Quant aux délinquants sexuels (1 prisonnier sur 10), le document prône un traitement mis en place en prison, ainsi que, notamment, une implication du centre qui sera chargé de suivre le prisonnier après sa libération dès le traitement pénitentiaire fourni au sein de la prison. Il sera alors question d'un « engagement de guidance » et d'une éventuelle libération conditionnelle prise sur base d'un plan de traitement clair.

Ch. C.
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Une pub qui tombe décidément bien mal

Elle scandalise des parents


«La Dernière Heure» du vendredi 30 août 1996 page 2

BRUXELLES - Depuis le début de l'affaire Dutroux, on a assisté à une multitude de réactions et d'initiatives prises par la population. Diverses associations sont également très actives dans le domaine des revendications. Toutes n'ont pas la même portée et, sans se permettre d'en juger l'opportunité, il faut reconnaître que certaines actions surprennent plus que d'autres.
C'est le cas de l'opération de surcollage lancée cette nuit contre la campagne publicitaires Mexx.

En cause : la nudité de deux adolescents enlacés. L'initiative de cette action revient à l'Association de Parents contre la Pornographie et la licence des moeurs (APAP). Ces derniers affirment que « c'est l'industrie du sexe qui produits les Dutroux » et invite le public à ne pas se laisser « dégrader par le porno ».
Si cette campagne d'affichage ne revêt pas, en soi, un caractère particulièrement provocateur, on peut néanmoins comprendre que son lancement en Belgique dans le contexte actuel peut susciter pareilles réactions. La firme Mexx se refuse à tout commentaire.
Quant à l'afficheur, il encourage la liberté d'expression et insiste sur « la relation objective qui existe entre l'image et le produit », en l'occurrence un parfum.
«D'autre part, beaucoup de personnes nous téléphonent pour recevoir cette affiche qu'ils estiment très esthétique», poursuit la responsable de la communication de l'afficheur.

Pas d'avis favorable
Le Jury d'Ethique Publicitaire, pour sa part, « dément formellement avoir donné un quelconque avis favorable concernant cette campagne d'affichage ». Rappelons que ce jury est un organe d'autodiscipline, dont le but principal est de rendre des avis consultatifs en matière de publicité. Des autocollants identiques avaient déjà été utilisés lors d'un Salon de l'érotisme, notamment.

Jean-François Leconte






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