dimanche 30 août 2009

COMMISSION DUTROUX : MARTINE DOUTREWE ACCUSE (« La Dernière Heure » du mercredi 18 décembre 1996)


COMMISSION DUTROUX : MARTINE DOUTREWE ACCUSE

« Grave erreur des gendarmes »

« La Dernière Heure » du mercredi 18 décembre 1996

BRUXELLES- La gendarmerie a voulu jouer cavalier seul et a commis une grave erreur de jugement.

Elle s'est privée de moyens d'investigation plus importants. Je ne décolère pas en voyant comment elle a pu ainsi mettre de côté M. Lamoque (chef d'enquête PJ de la cellule Julie et Mélissa, ndlr), et comme elle m'a mise de côté. Avec les éléments en possession des gendarmes sur Dutroux, des éléments extrêmement percutants, il n'y a pas l'ombre d'un doute que j'aurais ordonné des perquisitions et un interrogatoire de Dutroux. Ces perquisitions auraient été faites avec une équipe spécialisée. Dutroux aurait été interpellé et

interrogé par des enquêteurs professionnels durant des heures, qui l'auraient bluffé. Je suis convaincue que Dutroux aurait pu passer aux aveux ! »

Au cours d'une audition de près de sept heures, la juge d'instruction liégeoise Martine Doutrewe a cherché à démontrer que la gendarmerie et son état-major lui avaient sciemment caché les recherches sur Dutroux. C'est une question clef que la commission se pose pour expliquer l'échec des recherches : la juge était-elle au courant des soupçons pesant sur Dutroux ?

Les deux parties campent sur leurs positions depuis que l'affaire a éclaté. Hier, Mme Doutrewe a certainement marqué des points. Les gendarmes liégeois répliqueront ce mercredi.

« Jusqu'à présent, je me suis tue. Aujourd'hui, je suis heureuse de pouvoir m'expliquer publiquement, d'être déliée de mon devoir de réserve», explique Martine Doutrewe (39 ans), qui avait été chargée du dossier de la disparition de Julie et Mélissa dès le 26 juin. Elle enchaîne : « J'ai été horrifiée par ce qui s'est passé. Je suis

maman d'une fillette de 8 ans et je comprends la peine des parents. En conscience, je pense avoir fait tout

ce qui était en mon pouvoir mais je garderai un sentiment de tristesse et de frustration de ne pas avoir pu retrouver les petites Julie et Melissa vivantes.

« Il n'y a pas de PV»

Mme Doutrewe, qui chapeautait l'enquête menée par une cellule mixte (PJ/gendarmerie) avait donné des consignes précises à ses limiers: travailler notamment sur les suspects de la région liégeoise, ou d'ailleurs s'il y avait un lien objectif avec les enfants, et de ne pas lui faire des procès-verbaux (compte-rendus) sur des vérifications mineures qui n'ont pas donné de résultat. Mme Doutrewe est formelle: alors que des gendarmes lui ont fait rapport sur des pistes fantaisistes », ils ne lui ont jamais dit que Dutroux était à considérer comme un suspect intéressant. « Je n'ai reçu aucun PV concernant Dutroux avant la découverte des corps. La gendarmerie soutient qu'elle a donné toutes les informations et que c'est sur mon insistance qu'il n'y a pas eu de PV. C'est complètement faux! En août 95, sans doute à la fin du mois, M. Lesage (adjudant à la BSR de Seraing, ndlr), au milieu d'une énumération de toute une série d'informations, a signalé qu'un informateur signalait qu'un suspect moeurs, à Charleroi, Dutroux, faisait des travaux dans ses caves pour abriter des jeunes filles. Il a dit qu'il y avait une enquête à Charleroi. Il a rapporté cela de manière presque anecdotique. Plus tard, M. Lesage a signalé que l'enquête sur Dutroux était négative. C'est tout ce que j'en ai su.

Mme Doutrewe estime qu'on ne peut lui reprocher d'avoir été passive. Son dossier comporte effectivement 2.100 procès-verbaux. Elle a ordonné 11 perquisitions, 25 visites domiciliaires, 58 commissions rogatoires, dont 14 à l'étranger.

Des dizaines de pistes ont été suivies. Une seule était la bonne. Celledont Mme Doutrewe dit avoir été écartée.

Benoît Franchimont

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Les parents doutent encore

LA RÉACTION DES LEJEUNE ET DES RUSSO

« La Dernière Heure » du mercredi 18 décembre 1996

BRUXELLES - L'audition de la juge Doutrewe, les parents des petites l'attendaient ! Tout au long de l'enquête, ils ont toujours entretenu des rapports tendus avec elle. «Elle fonctionne sous Windows», avait même lancé un des parents qui la qualifiait de véritable machine.

« Nous avons eu trois réunions avec elle et j'ai toujours eu l'impression de parler à un robot. Aujourd'hui, elle paraissait humaine. Je ne l'avais jamais vue comme ça », commentait hier Jean-Denis Lejeune durant l'audition de Martine Doutrewe. Il ajoute cependant que « des choses très graves ont été dites. Et on nous a directement impliqués dedans. Il faudra donc qu'il y ait une enquête et que M. Lesage (gendarme liégeois qui s'occupait de l'affaire, ndlr) s'exprime pour faire le tri dans tout cela ».

Qu'a donc déclaré Mme Doutrewe pendant son audition ? Selon ses propos, les parents « n'ont jamais vu en elle que l'autorité qui leur refusait l'accès au dossier ». A l'entendre, ils auraient mené deux enquêtes de leur propre initiative: l'une sur un suspect moeurs, l'autre sur sa propre personne.

Pas de faux policier

Jean-Denis Lejeune reconnaît effectivement avoir mené ses propres investigations sur le suspect. « On n'avait aucun retour d'information. Comme on disposait de certains éléments, je me suis permis d'exploiter une piste qui nous semblait intéressante. II s'agissait d'un homme qui arrachait toutes les affiches en ville et qui encadrait des photos de Julie et Mélissa chez lui. Il ne jurais que par elles. J'aurais voulu discuter avec ce monsieur. Je me suis donc rendu à son domicile, en compagnie d'un ami. Mais, contrairement à ce que Mme Doutrewe a dit, il ne s'est absolument pas fait passer pour un policier. Vous pouvez le vérifier auprès de la dame qui nous a ouvert la porte .

De son côté, Gino Russo affirme que la déclaration concernant une enquête menée sur la personne de Martine Doutrewe est totalement fausse. «Nous n'avons jamais mené aucune enquête sur elle. De plus, elle ment car elle déplace les éléments dans le temps pour pouvoir les argumenter comme elle le veut. Vous aurez sans doute remarqué qu'elle ne cite jamais de dates...

Justification

Les diverses déclarations de la juge d'instruction n'ont pas davantage convaincu Louisa Lejeune, la maman de Julie. «A l'écouter, on dirait qu'elle a fait tout le nécessaire possible pour retrouver les petites, qu'elle n'a pris que de bonnes décisions et qu'elle n'a rien à se reprocher. Mais il faudra voir comment l'enquête s'est réellement déroulée. On ne le saura qu'en écoutant les intervenants suivants. En tout cas, je ne suis pas du tout convaincue que ça se soit réellement passé comme elle l'a dit ».

Jean-Denis Lejeune, lui, croit-il la juge ? « Je ne peux pas répondre maintenant. Il faudra d'abord que j'entende les autres intervenants avant de me faire une idée sur la véracité de son témoignage.

Enfin, Carine Russo a été frappée par le fait que Martine Doutrewe ne cessait de se défendre pour se justifier quant aux mauvais rapports entretenus avec les parents. C'était plus une plaidoirie qu'une audition ! Or, on est ici pour écouter ce que les gens ont à dire. Ce n'est pas un réquisitoire pour se défendre. Elle pense qu'elle n'a pas été inhumaine. En tout cas, c'est le message qu'elle essaie de faire passer à la presse. Cependant, il ne faut pas oublier que c'est nous qui avons été confrontés à cette inhumanité. Depuis le début, elle n'a cessé de se retrancher derrière la phrase « la loi est faite comme ça, iI faut la respecter ». « C'est à ça que se résume son humanité

Isabelle Treuttens

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POUR LE SUBSTITUT HOMBROISE : Il y a eu rétention

« La Dernière Heure » du mercredi 18 décembre 1996

BRUXELLES - « Dans le dossier Julie et Mélissa, il y a eu rétention d'information de la gendarmerie vis-à-vis de Liège ». Du 26 juin 1995 au 17 août 1996, période à laquelle il a été saisi du dossier, Charles Hombroise, le, substitut du procureur du Roi à liège, n'a pas une seule fois entendu parler de Dutroux.

La première fois que j'ai entendu son nom, c'est quand Mme Thily m'a téléphoné, le 17 août 1996. M. Bourlet lui avait annoncé que Marc Dutroux avait participé à l'enlèvement de Julie et Mélissa, qu'elles étaient mortes et inhumées ».

La nuit d u 17 au 18 août 1996, M. Hombroise participe à l'autopsie des corps des deux fillettes. Mme Doutrewe, M. La moque, des gendarmes sont également présents. « M. Gilot était en possession d'un dossier comportant des investigations menées sur Marc Dutroux. Bien qu'il était frappé de confidentialité, nous avons pu le consulter. Il s'agissait d'un ensemble de faxes échangés entre les divers services de gendarmerie.

La brève lecture de ces papiers nous a révélé que Marc Dutroux était considéré par la gendarmerie comme le suspect principal dans l'enlèvement de Julie et Mélissa ».

C'est également lors de cette lecture que M. Hombroise a pris connaissance de l'opération Othello... Le parquet de Charleroi n'avait rien fait suivre non plus. « J'ai éprouvé de la colère car les éléments étaient à portée de la main et on ne nous les a pas donnés. Mais j'ai également été animé par un sentiment d'incrédulité. En effet, je ne pouvais pas croire qu'on ne nous ai pas donné ces renseignements ».

Tutelle judiciaire

M. Hombroise ne voit qu'une seule raison pour laquelle la gendarmerie n'a pas transmis les informations à la juge d'instruction « Le seul risque qu'ils encouraient était de voir ce dossier confié à la PJ ».

Le 1er substitut donne son analyse des faits, notamment après avoir consulté une série de documents.

Pour le magistrat, il est probable que l'état-major de la gendarmerie, son BCR, a volontairement décidé de court-circuiter liège, parce que le responsable de la cellule 'enquête Julie et Mélissa, M. Lamoque, était un commissaire de la PJ. Le procureur relève une question posée dans le rapport du Comité P : n'a-t-on pas fait une erreur en nommant un commissaire de la PJ à la tête d'une cellule composée à 80 % de gendarmes ?

« Si cette question est posée dans ce rapport, c'est qu'elle est forcément venue sur le tapis dès le départ.

Fort d'une expérience de 20 ans dans la magistrature liégeoise, M. Hombroise constate une évolution, rapide ces dernières années, dans le chef de la gendarmerie Il a une volonté de s'exonérer de la tutelle judiciaire. »

I. T.

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DOUTREWE : DES CONFRONTATIONS ET DES EXPLICATIONS

« J'avais vraiment besoin de ces vacances !

« La Dernière Heure » du mercredi 18 décembre 1996

BRUXELLES - « Dès la réunion organisée à l'initiative du BCR, le 9 août 95, la gendarmerie a déjà choisi sa stratégie. Cela se passe bien avant que l'adjudant Lesage ne parle de Dutroux.

Pour Mme Doutrewe, tout est parfaitement clair : les gendarmes, chapeautés par leur Bureau central de recherches (BCR), ont court-circuité l'enquête en ouvrant un dossier parallèle sur Dutroux via Charleroi.

« Une erreur fatale à Julie et Mélissa », dit-elle. La juge relève d'autres éléments troublants. En septembre 95, elle contacte la nouvelle cellule disparitions (imbriquée dans le BCR) en demandant que ses enquêteurs reçoivent tous les renseignements utiles. Le major Decraene, responsable de la cellule, l'assure de sa collaboration étroite. «Aucun renseignement ne m'a été communiqué », clame-t-elle.

La commission a rapidement procédé à la confrontation de Mme Doutrewe et du major Decraene. Et personne n'a cédé. Le BCR donnait toutes les informations aux gendarmes liégeois de la cellule Julie et Mélissa.

Nous n'avions pas de contact avec le juge ou M. Lamoque. Ces gendarmes maintiennent qu'ils ont informé Mme Doutrewe », explique le major Decraene. Peu après les événements, Mme Doutrewe a écrit au major pour se plaindre. Celui-ci a répondu. La juge dit n'avoir jamais reçu la lettre.

Le 15 août 96, après la découverte de Sabine et Laetitia, la juge Doutrewe a demandé à l'adjudant Gilot de Grâce-Hollogne et au commissaire Lamoque d'aller rencontrer les enquêteurs du juge Connerotte et déterminer s'il ne pouvait y avoir un lien entre Dutroux et Julie et Mélissa.

Passant au-delà de cet ordre, Decraene a conseillé à Gilot de rester dans la région liégeoise et de ne surtout pas venir avec Lamoque. Une nouvelle manoeuvre pour écarter les Liégeois ? Pour Mme Doutrewe, c'est une preuve : « II y a un juge d'instruction qui donne un ordre. Et l'état-major de la gendarmerie vient contredire cet ordre. Voilà la preuve de ce que nous vivons régulièrement.

Le major Decraene reconnaît qu'il a pris cette décision, en demandant à l'adjudant Gilot de venir le lendemain. Pourquoi ? « Parce qu'il n'y avait personne pour le recevoir ce jour-là » Pourquoi écarter Lamoque?

« Parce qu'il y avait une réunion en cours où l'on discutait de l'éventuelle implication d'un membre de La PJ

dans l'affaire Dutroux». On sait aussi que le procureur Bourlet a préféré que cette visite soit postposée.

Châteaux de la Loire

Une seconde (et courte) confrontation a été organisée dans la foulée entre Mme Doutrewe et deux membres du Comité P, la police des polices qui a remis un rapport dévastateur sur le rôle de la juge d'instruction.

Le Comité P a reconnu s'être intéressé à des aspects de la vie privée de Mme Doutrewe, notamment aux

problèmes judiciaires de son mari, qui auraient pu nuire au travail de la juge. Ce que celle-ci conteste formellement.

Mme Doutrewe a également souhaité répliquer à de multiples critiques, notamment celle d'avoir pris des congés alors que l'enquête sur la disparition commençait à peine. «Tous les devoirs étaient ordonnés. Mon collègue remplaçant avait été informé. M. Hombroise et les enquêteurs restaient.

De plus, j'avais annulé un voyage de 15 jours en Grèce pour partir seulement 4 jours, dont un week-end, dans les châteaux de la Loire. J'avais u n GSM, un fax et des contacts quotidiens avec Liège. Je pouvais rentrer d'urgence s'il le fallait. Ces vacances, j'en avais vraiment besoin. J'avais connu de graves ennuis de santé », explique Mme Doutrewe.

B. F.

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Impossible de montrer les corps aux parents

HUMAINEMENT INSOUTENABLE

« La Dernière Heure » du mercredi 18 décembre 1996

BRUXELLES -La juge Doutrewe a tenu à s'expliquer sur les mauvaises relations qui s'étaient installées entre elle et les parents de Julie et Mélissa.

L'un des derniers problèmes est survenu au lendemain de la découverte des corps des fillettes à Sars-la-Buissière. Les mamans souhaitaient légitimement pouvoir voir une dernière fois leurs enfants, au moins pour être certaines qu'il s'agissait bien de Julie et de Mélissa. Mme Doutrewe leur a interdit de venir à la morgue.

Je n'ai pas été informée de cette demande par les personnes qui ont rencontré les parents dans un premier temps, explique la juge. Je n'ai appris cela que plus tard, après l'autopsie pratiquée dans la nuit du 18 au 19 août. Humainement, j'ai estimé que c'était impossible. Le spectacle était totalement insoutenable.

Les fillettes étaient mortes depuis plusieurs mois. Les corps étaient en décomposition. De plus, elles étaient mortes de faim et avaient été autopsiées. Humainement, il était impossible de montrer les corps aux mamans et aux papas.

On sait que les parents ont toujours voulu être impliqués dans l'enquête, tenus au courant des recherches. Mme Doutrewe, qui a les a reçus à quelques reprises, a toujours refusé de leur donner des informations, « Ils voulaient être au courant de tout. Ce n'était pas possible, vu le secret de l'instruction, le secret professionnel. Je leur ai conseillé de prendre un avocat, qui servirait d'intermédiaire. Mais, devant Me Hissel, je me suis à nouveau retrouvée devant quelqu'un qui n'acceptait pas que je respecte les règles de droit. Comme les parents, c'était la politique du tout ou rien.

Mme Doutrewe estime qu'il y a des risques à tout dire aux familles. Elle raconte notamment qu'un suspect a été menacé d'un couteau par les parents et que sa maison a été fouillée.

B. F.

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GRAINDORGE ET LE COLLÈGE ST-PIERRE

Le parquet riposte

« La Dernière Heure » du mercredi 18 décembre 1996

BRUXELLES - Des accusations spectaculaires sur des faits de pédophilie au Collège St-Pierre, à Uccle, ont été lancées, dimanche, sur le plateau de Controverse, à RTL-TVi, par deux parents d'élève et leur avocat Michel Graindorge.

Non content de mettre en cause le collège, l'avocat s'est attaqué au parquet de Bruxelles et a son patron, le procureur Benoît Dejemeppe, accusé de chercher à étouffer le scandale par sympathie politique : Michel Graindorge reprochait au procureur d'être PSC.

Hier, le parquet bruxellois a réagi, avec la voix de son porte-parole habituel, le premier substitut dos Colpin.

1. Présentée comme neuve, l'affaire ne l'est pas. Deux quotidiens, dont La Dernière Heure, l'avaient révélée le 9 mars 1996.

2. L'affaire n'est pas traitée par le procureur du roi de Bruxelles, mais se trouve dans le cabinet d'instruction du juge Damien Vandermeersch, qui a hérité du dossier au départ de son collègue Patrick Mandoux. Plainte(s) avai(en)t été déposée (s) en septembre 95. A titre personnel, M. Dejemeppe n'a jamais rencontré M. Pinte, directeur de l'établissement cité.

Secret professionnel

3. Me Graindorge reproche au procureur du roi d’avoir permis à la direction du collège de consulter le dossier d’instruction. Scandaleux et illégal ,selon l’avocat : très simplement,le parquet rappelle à Me Graindorge que la loi –c’est l’article 215 du tarif criminel – confie au parquet l’appréciation de l’opportunité d’autoriser pareille consultation. Cette autorisation n’a pas été donnée à M.Pinte, mais à l’avocat du collège mis en cause,avocat tenu par le secret professionnel. Elle n'a pas été donnée par le parquet ou M. Dejemeppe, mais, selon la procédure prévue par la loi, par le parquet général. Le but était de permettre à l'établissement de prendre d'éventuelles mesures à l'endroit des six enseignants mis en cause.

4. Le parquet de Bruxelles précise que Me Graindorge était parfaitement au courant de ces précisions, ce qui ne l'a pas empêché de ne pas en tenir compte, dimanche, lors de sa prestation télévisée.

5. En fait, ce droit de regard sur le dossier n'a... même pas été exercé par l'avocat du collège.

L'autorisation a été suspendue le jour où des éléments nouveaux sont apparus, qui ont amené le juge d'instruction a inculper un enseignant de coups et blessures volontaires.

Perquisitions

6. Quant au fond de l'affaire, personne, pas même Me Graindorge, n'est en droit de se prononcer. Aucun enseignant du collège St-Pierre n'est inculpé pour faits de moeurs sur enfants. Ce qui signifie quoi ?

Début mars 96, la section centrale de la PJ de Bruxelles avait mené une opération sur l'établissement.

En y mettant le paquet comme l'on dit. Six enseignants furent perquisitionnés, embarques et interrogés jusqu'au lendemain aux petites heures. Le directeur se trouvait dans la charrette. En fin de course, pourtant, le juge relaxait sans inculpation. Les déclarations d'enfants sont, selon le parquet truffées d'invraisemblances, d'incohérences et de contradictions.

Chacun est persuadé que la maman qui s'est exprimée dimanche est de bonne foi. Mais elle ne fait que reproduire des récits. Ce qui est sûr, c'est que le juge Vandermeersch est l'un des meilleurs du pays, qu'il possède toutes les pièces du dossier - y compris les déclarations de la maman - et que tout cela, à ce stade, ne l'a pas amené a inculper.

7. S'agissant de l'avocat Graindorge et de sa prestation médiatique dominicale, le procureur du roi de Bruxelles a entamé une démarche auprès du bâtonnier de l'ordre francophone de Bruxelles.

Gilbert Dupont

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