mardi 11 août 2009

Suite de Veut on stopper net la déferlante judiciaire ?


Suite de Veut on stopper net la déferlante judiciaire ?

« Le Soir Illustré » du mercredi 4 décembre 1996 pages 38 à 39

………….Surtout lorsqu'on a eu connaissance du rapport que le lieutenant-général Deridder, le patron de la gendarmerie, a envoyé en août dernier au ministre de la Justice pour tenter de justifier le dossier Othello. Un rapport de quatre pages, dans lequel le patron de la gendarmerie réussit le tour de force de ne pas écrire une seule fois dossier Othello. Un rapport truffé d'inexactitudes dont le seul but est de rejeter toute la faute de cette affaire sur la juge d'instruction Martine Doutrewe qui, en substance, ne se serait jamais intéressée aux informations que lui transmettaient « verbalement » les gendarmes.

Dans ce climat de mensonge généralisé, il faut prendre au sérieux les déclarations du député Écolo, Vincent Decroly. Sur les ondes de RTL-TVI, il a déclaré que des témoins avaient menti devant la commission d'enquête et que cela fait actuellement l'objet d'enquêtes en Justice.

Le député Ecolo a évoqué, sans autre précision, « les témoignages contradictoires de deux membres de services de police ». Il ne faut pas être grand devin pour affirmer qu'il s'agit plus que certainement de membres de la police judiciaire.

Et il n'y a pas que la gendarmerie de Charleroi et la PJ de Bruxelles à être mises en cause. L'émission Au nom de la loi de la RTBF a révélé que Marc Dutroux avait fait l'objet d'un contrôle de police, en novembre 1992, à la patinoire de Montignies-surSambre. Deux petites filles s'y étaient plaintes d'avoir été bousculées, à plusieurs reprises, par Dutroux qui se livrait sur elles à des attouchements lorsqu'il les aidait à se relever. Maîtrisé par le personnel de la patinoire, Dutroux avait été contrôlé par la police communale qui l'avait laissé repartir sans autre formalité. La police communale de Charleroi a réagi en précisant que les parents des deux fillettes n'avaient jamais déposé plainte contre Dutroux. Mais elle a aussi précisé que les informations sur cette interpellation avaient été transmises au parquet de Charleroi et au parquet de Neufchâteau, où l'on avait entendu les deux policiers qui avaient effectué le contrôle. Rien ne leur avait été reproché.

- Il n'empêche que cette affaire est symptomatique de ce climat favorable dans lequel Dutroux a évolué. On se pose ainsi la question de savoir comment les policiers communaux n'ont pas obtenu, par radio, de la part de leur commissariat, des informations sur ses antécédents. Faut-il encore le rappeler? A cette époque, le monstre de Sars la Buissière avait déjà été condamné, avec son épouse, pour des faits d'enlèvement, de séquestration et de viols de mineures d'âge.

MÊME EN ITALIE ET EN POLOGNE

- La (triste) célébrité de Dutroux a, en tout cas, largement dépassé les frontières du Royaume. On a un peu l'impression que toutes les polices européennes sont devenues particulièrement attentives au drame de la pédophilie. Ainsi, la police italienne a eu, le week-end dernier, son attention attirée par un homme d'origine asiatique qui débarquait à l'aéroport Leonardo Da Vinci de Fiumiccino (Rome). Il était accompagné de quatre jeunes enfants asiatiques.

Au moment du contrôle des papiers, l'un des enfants, une fillette de 12 ans, a dit, en français, aux policiers: « Ce n'est pas mon père ». Devant la mine terrorisée des autres enfants, les policiers ont interrogé cet homme de 51 ans. Il était en possession d'un passeport belge grossièrement falsifié, volé en Belgique il y a quelques mois. Dans ses bagages, les policiers ont découvert un carnet rempli d'adresses et de numéros de téléphone italiens, français, allemands et belges. Cao Leng Hout, Cambodgien d'origine, a été arrêté pour séquestration d'enfants et aide à l'immigration clandestine.

- Mais, toujours en fouillant ses valises, la police italienne a découvert des photos de centaines d'enfants asiatiques âgés de 8 à 14 ans. Ce qui laisse supposer que cet individu pourrait alimenter en jeunes enfants les réseaux pédophiles européens.

Du coup, le quotidien italien La Repubblica n'a pas hésité à franchir le pas en écrivant qu'il pourrait exister un

lien entre ce marchand d'enfants et l'affaire Dutroux, en Belgique.

Affirmation prématurée ou non, il est vrai qu'il sera intéressant, pour la justice belge, de pouvoir consulter ce répertoire d'adresses.

Comme elle devrait pouvoir entrer en possession des adresses belges figurant dans le fichier informatique saisi chez un pédophile polonais, responsable d'un véritable réseau, arrêté à Varsovie la semaine dernière.

L'internationale des pédophiles existe depuis longtemps et est dénoncée depuis des années. L'occasion est trop belle pour les justices des différents pays concernés de travailler, enfin, à son démantèlement.

S.I.

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ET LE RESTE !

« Le Soir Illustré » du mercredi 4 décembre 1996 pages 38

- Dans ce contexte particulièrement immonde, on en viendrait presque à parler avec soulagement de Jan Beirens, conseiller à la cour d’appel de Gand. Ce magistrat est, en effet, soupçonné de corruption. Il aurait, à plusieurs reprises, rendu des jugements réduisant de manière significative et anormale les peines prononcées contre certaines personnes par les tribunaux de première instance.

Evidemment, cela se faisait contre monnaie sonnante et trébuchante. Des proxénètes auraient profité de l’indulgence de ce magistrat peu intègre.

- Depuis 1995, le conseiller de la cour d’appel de Bruxelles, M. Mahieu, enquête sur cette affaire de corruption. Il a ainsi fait procéder à 35 perquisitions, dont une au palais de justice de Gand où sévissait Jan Beirens. C’est un avocat de Knokke, Me Piet Cnudde, qu’il fallait contacter pour s’assurer la clémence du juge Beirens, réputé l’un des plus sévères de tout le nord de la Belgique. Il présidait la 6ème chambre de la Cour d’appel de Gand qui traitait exclusivement d’affaire de stupéfiants, de trafic d’hormones et de moeurs.

En même temps que le conseiller et l’avocat, le magistrat instructeur a placé sous mandat d’arrêt Francine Van Assel, la patronne du Caddie, un restaurant chic du Zoute. Cette ancienne mère maquerelle, condamnée à 5 ans de prison pour trafic de drogue, avait été acquittée, ensuite, par... la cour d’appel de Gand.

Son établissement était fréquenté assidûment par le conseiller Beirens et l’avocat Cnuppe.

Enfin, le fils de la patronne du Caddie, Yves Van der Waarden, a également été arrêté. Son nom était déjà apparu dans l’affaire de l’assassinat du vétérinaire Van Noppen. Il était soupçonné d’en être l’un des organisateurs mais avait fini par être blanchi.

Le palais de justice de Gand n’a pas été le seul du pays à recevoir la visite d’enquêteurs fort curieux.

A Liège, c’est le bureau du premier avocat général Franz-Jozef Schmitz qui a été perquisitionné dans le cadre de l’enquête sur les faits de corruption qui lui est reproché.

Les gendarmes ont également perquisitionné le domicile privé du magistrat liégeois, à Eupen, où des documents ont été emportés.

- La cour d’appel de Mons n’a pas échappé à la déferlante judiciaire.

La presse flamande a, en effet, accusé le procureur général, Georges Demanet, et le procureur du Roi de Tournai, Guy Poncelet, d’avoir couvert, pendant deux ans, leur collègue, la substitute Béatrice Annick, inculpée en 1995 dans un trafic de drogue.

MM. Demanet et Poncelet sont soupçonnés d’avoir été au courant de cette affaire dès 1993 et de ne pas avoir transmis l’information. « Dans le climat actuel, je m’attendais à tout, a déclaré, en substance, le procureur Poncelet (dont le fils, inspecteur à la PJ de Mons, a été assassiné en mai dernier), même à être accusé de pédophilie ». Mais celle-là, il ne l’avait pas vue venir...

S.I.

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ANNE THILY AU CENTRE DE LA RUMEUR

« Le Soir Illustré » du mercredi 4 décembre 1996 pages 39

A Liège, plus qu’ailleurs, les rumeurs ne sont jamais innocentes. Surtout lorsqu’elles ont pour cible le procureur général Anne Thily. Et qu’elles sont lancées par des journalistes proches de |’égérie des Happart Brothers.

- Elle court, elle court, la rumeur à Liège. Dès mercredi soir, de la semaine passée, elle annonçait qu’une importante opération policière avait été menée. Jeudi, aux petites heures du matin, elle se faisait plus précise. Le bureau du procureur général, Anne Thily, et ceux de deux avocats généraux avaient été perquisitionnés.

- « On » précisait même que tout cela s’était fait dans la cadre de la plainte pour violation du secret de l’instruction déposée par l’avocat général Marc de la Brassinne.

Rappelons que celui-ci est accusé de tous les maux de la terre et notamment de pédophilie, de fraude fiscale et de meurtre. Bref, la totale, avec un dossier monté sur base de soupçons plutôt que de preuves formelles. Soupçons alimentés par les journalistes qui ont « révélé » l’affaire dans un ensemble médiatico-liégeois assez touchant.

Tout le monde (télés, radios et quotidiens) y allant, en même temps, de son scoop en jurant, la main sur le cœur, que tout cela s’était fait sans concertation aucune.

- Mais revenons à la rumeur qui galopait plus vite que la marée montante au Mont Saint-Michel.

« On » annonçait désormais que les enquêteurs, en perquisitionnant chez une journaliste, deux semaines auparavant, avaient mis la main sur des enregistrements de conversations entre cette personne et Anne Thily, qui lui dévoilait tous les dessous du dossier de la Brassinne.

Bref, c’était la fin pour la pouliche des Happart Brothers. Sauf que, tout cela était entièrement faux

- On aurait voulu faire capoter une série de perquisitions, prévues, dans le cadre de la plainte de la Brassinne, à une autre date et bien dérangeantes pour le procureur général de Liège, qu’on ne s’y serait pas pris autrement...

S.I.

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