dimanche 30 août 2009

Sur la piste des enfants enlevés(« La Dernière Heure » du samedi 7décembre 1996)


Sur la piste des enfants enlevés

AFFAIRE BENAISSA: GENEVOIS NIE TOUJOURS

« La Dernière Heure » du samedi 7décembre 1996

« Pas de chance le bon agenda a été brûlé... »

BRUXELLES - Nous ne confirmons pas l'information d'une radio, qui annonçait dès hier matin que Viviane Lefèvre se serait rétractée dans les bureaux de la gendarmerie de Bruxelles. Mme Lefèvre est l'alibi principal de Jacques Genevois dans l'enquête sur la disparition de Loubna Benaissa.

Encore que nous n'ayons aucune certitude, plusieurs signes semblent plutôt indiquer que ce n'est pas le cas. Son audition s'est achevée à 1 h du matin. Mme Lefèvre est incarcérée à Forest. Me Daniel Van Bossuyt, qui devait la défendre au palais pour un litige commercial, ne l'a pas rencontrée.

Les P.-V. d'audition ont été transmis sous scellés à Neufchâteau.

Jacques Genevois n'a toujours pas été inquiété. Hier à 16 h, l'ancien indic de la PJ se promenait à Bruxelles, attendant la tempête sans broncher. «Je n'ai aucune crainte de la justice. J'ai le souhait d'être interrogé, même si je ne vois pas ce que je pourrais dire de plus qu'il y a quatre ans. Si je me montre peu, c'est parce que je ne me sens pas en sécurité y, nous confiait-il, à 15 h 50. Bref, Genevois attend d'être convoqué.

II traîne l'affaire comme un boulet depuis quatre ans et quatre mois. Bref, il marine à petit feu dans son jus, convaincu d'avoir prouvé son innocence en août 92 et persuadé que les prochaines (?) auditions ne seront pas de tout repos.

Son alibi s'est-il rétracté. Si c'était le cas, c'est bien sûr à Neufchâteau, et pas à Foret, que Mme Lefèvre aurait été transférée. On peut faire confiance aussi aux gendarmes que si le témoin avait admis avoir menti, Genevois se serait retrouvé dans le quart d'heure dans le bureau du chef Legendre.

L'agenda 92

La veille, le juge Damien Vandermeersch, quatre gendarmes et le trésorier du conseil de l'ordre avaient perquisitionné le cabinet et le privé de Me Van Bossuyt. La perqui a commencé vers 11 h. la fouille a duré une heure trente. Les enquêteurs recherchaient l'original du témoignage écrit donné par Mme Lefèvre en août 92. C'est une copie que son avocat avait adressée au parquet de Bruxelles.

Les enquêteurs ont également saisi un pense-bête (dates de l'affaire) remis à l'avocat par Genevois à son conseil. S'ils voulaient saisir l'agenda 92 de Me Van Bossuyt, ils n'ont trouvé que ses agendas 91, 93, 95 et 96 - pas celui de 92 que l'avocat a jeté au feu. « Sans intention, bien sûr », nous précisait-il hier. «Je n'ai rien à

cacher. Je leur aurais immédiatement remis l'original s'ils me l'avaient réclamé. La perquisition était inutile. C'est vrai, mon client Jacques Genevois a peur. Mais il ne craint pas de répondre dans l'affaire Benaïssa.

Il a peur d'un coup fourré. Je suis sceptique quand on me dit que Me Lefèvre se serait rétractée. En fait, c'est elle qui, le jour de la disparition de Loubna, m'a dit en entrant dans mon cabinet qu'elle avait croisé M. Genevois vers 12h30 à la gare du Midi.

Jacques Genevois d'ajouter : Si elle s'est rétractée, c'est qu'elle a fait un faux témoignage. Mais je n'y suis pour rien. Moi, je n'ai jamais rien demandé à cette personne... »

Mme Lefèvre n'est pas détenue pour l'enquête sur la disparition de Loubna, mais parce qu'elle traîne des reliquats de condamnations à purger. Née à Jamioulx le 11 juin 1945, elle a d'abord été condamnée pour faillite frauduleuse. Plus récemment, le 1er avril 93, à dix huit mois pour faux et usage et, le 18 novembre 96, à neuf mois pour escroquerie. Sur papier, il lui resterait une douzaine de mois à purger. Étant primaire, elle pourrait sortir au tiers de la peine, après quatre ou cinq mois...

Deux autres pistes sont suivies.

Gilbert Dupont

Légende photos :

1- Me Van Bossuyt l'avocat de Jacques Genevois, affirme qu'Il n'a « rien à cacher » et que son client a « peur d'un coup fourré. » (Ph. Etinne Ancotte

2- Les enquêteurs explorent plusieurs pistes pour expliquer la disparition de Loubna Benaissa. (Doc. Belge)

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Le Centre de l’espoir sur la RTBF demain

« La Dernière Heure » du samedi 8 décembre 1996

WASHINGTON - Plus personne en Belgique n'ignore l'existence, aux États-Unis, du Centre national pour les enfants disparus, qui se montre d'une efficacité remarquable. A tel point que les parents de gosses disparus en Belgique planchent, avec le gouvernement, sur la création d'un tel organisme chez nous. Ce dimanche midi, la RTBF consacre un reportage à ce Centre vu de l'intérieur (*).

Le journaliste Marc Bouvier donne d'emblée la parole au papa du petit Junior, disparu il y a trois ans, qui explique à quel point l'action du Centre a été d'un grand réconfort pour lui et sa famille. Quelques heures après le signalement de la disparition, un spécialiste était présent chez eux, des affichettes étaient imprimées et toutes les polices américaines étaient alertées.

Après une semaine de reportage, Marc Bouvier s'avoue « impressionné » par ce qu'il a vu à Washington.

« C'est le contrepoint de tous les dysfonctionnement que l'on a connus en Belgique remarque-t-il.

Mais il aura également fallu un drame d'ampleur nationale aux États-Unis, avec mort de 29 enfants victimes d désaxé entre 79 et 81, pour que les choses bougent. « Le parallèle à la Belgique est frappant », explique Ernie Allen, une responsable du Centre. « Il est dramatique qu'il faille une crise pour que les choses bougent mais une crise peut créer des opportunités. »

L'expérience américaine n'est pas pour autant transposable telle quelle chez nous. « Pour eux, c'est l'efficacité qui prime, mais leur méthodes posent des questions note Marc Bouvier. De plus, un centre n'est imaginable qu'a l'échelle européenne. Or, ont connaît les lourdeurs de la coopération judiciaire au sein des Quinze.

D.

(*) L'Hebdo, à 13 h 05. Rediffusion sur 21 lundi vers 22 h 30.

Légende photo :

Aux États-Unis, les pouvoirs publics et des entreprises privées mettent des moyens importants au service du Centre pour les enfants disparus. (Doc. RTBF)

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Jean Denis Lejeune optimiste, de retour des Etats-Unis

« La Dernière Heure » du samedi 8 décembre 1996

LIÈGE - Satisfait. Jean-Denis Lejeune est rentré, hier, des États-Unis, le sourire aux lèvres. II s'est rendu pour la troisième fois au « National Center for Missing and Exploited Chiidren » à Arlington, aux Etats-Unis.

Cette fois, il était accompagné de Steve Du bois, chef de cabinet du Premier Ministre Jean-Luc Dehaene, et de membres du ministère de la Justice, des Affaires étrangères, de la Commission européenne, de la cellule disparition et de la Fondation européenne des victimes.

Premier pas

Le but de ce périple de 5 jours était d'étudier sur place le fonctionnement du centre afin d'en implanter un en Belgique. Le Premier ministre avait en effet manifesté son intérêt pour ce centre et s'était engagé à le créer.

« Cette mission là-bas était le premier pas », souligne Jean-Denis Lejeune.

A Arlington, la délégation belge a rencontré le directeur du centre, M. Allen, ainsi que M. Rabun et

Mme Yorre. Les débats ont duré deux jours. Les responsables américains ont expliqué en détail comment le centre fonctionnait au quotidien, tant au niveau des subsides que des rapports avec les autorités ou des statuts juridiques.

«Cette rencontre était très intéressante. Tout le monde était très attentif, a posé de bonnes questions.

On sentait que chacun avait la volonté de vouloir avancer et de faire du bon boulot»,remarque le papa de Julie.

Une collaboration

Les Américains ont également conseillé leurs visiteurs sur la façon dont le centre devait être créé en Belgique.

« Ils nous ont dit que le centre devait absolument travailler en accord avec le gouvernement: Cette condition est impérative pour que le centre soit reconnu par son homologue américain. En fait, il existe un petit centre qui a les mêmes fonctions en Angleterre. Mais il est strictement privé. Le National Center d'Arlington ne s'est donc pas associé à lui », explique M. Lejeune.

« Le centre belge sera le deuxième au monde. Les Américains nous ont promis de nous aider en collaborant avec nous et en nous donnant des moyens. Attention, il ne s'agit pas nécessairement d'argent, mais surtout de moyens matériels. Ainsi, le centre assurera la formation des gens qui travailleront dans le centre belge ».

Mais quand ce centre verra-t-il enfin le jour ? « Pour l'instant, nous n'en savons rien. Mais le voyage, que nous venons de faire, est déjà un grand pas en avant », se réjouit Jean-Denis Lejeune.

M. Dubois va maintenant faire son rapport au Premier ministre. Une réunion entre les membres de la commission préparatoire du centre et le Premier est en tout cas programmé à la fin du mois de décembre.

Nathalie Evrard

Légende photo :

Jean-Denis Lejeune a retenu beaucoup d'enseignements de son troisième voyage à Arlington.

(Ph. Way Press)

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2 CD POUR NOËL : Au profit des disparus

« La Dernière Heure » du samedi 8 décembre 1996

GRÂCE HOLLOGNE -- Dans nos éditions du 4 novembre, nous annoncions que les neveux de Gino Russo, Ilona et Nicolas, accompagnés de 6 gamines figées de 7 à 13 ans, avaient enregistré un CD au profit de l'asbl Julie et Melissa. Une grande inconnue est sorti hier, tiré à 2.000 exemplaires. Mais les bénéfices ne seront plus versés à l'asbl Julie et Mélissa. « La directrice artistique de l'asbl a finalement refusé le projet sous prétexte de problèmes techniques.

Mais ce CD était interprété par des enfants, des copains des gamines. Ces petits n'auraient pas compris que leur enregistrement ne serve à rien. Nous voulons éviter tout conflit d'adultes dans un combat d'enfants », explique Ilona Russo.

Ni les paroles ni le titre n'évoquaient Julie et Mélissa. Le texte est en fait un hommage à tous les enfants disparus. les bénéfices seront donc répartis entre deux associations, Kim et Ken à Anvers et La Teignouse à Comblain-au-Pont. « L'argent leur sera versé intégralement, soif dans un premier temps, 198.000 F, le CD étant vendu 99 f.

Mais nous attendons l'aide de donateurs. Avec l'argent que nous espérons récolter, nous essayerons de retirer de nouveaux disques », poursuit Ilona. Ce disque comprend un titre chanté de 5'56 et une version instrumentale.

De son côté, l'association Julie et Mélissa, en collaboration avec l'asbl CD pour l 'Enfance Violée a également créé un CD, mis en vente le 18 décembre. II comprend 6 plages pour une durée de 20 minutes.

II alterne lecture de textes, chants et moments de silence. Certains de ces textes ont été lus à l'enterrement des enfants.

N.E.

Pour se procurer le CD Une grande inconnue au profit des asbl Kim et Ken et La Teignouse, 04/233.45.85.

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