dimanche 16 novembre 2008

La justice savait dés 1985 ! (« Le Vif / l’Express » du vendredi 4 octobre 1996 pages 42 et 43)


La justice savait dés 1985 !

 « Le Vif / l’Express » du vendredi 4 octobre 1996 pages 42 et 43

 EXCLUSIF : Les agissements du couple Dutroux-Martin étaient connus depuis le milieu des années 80.

La justice n'a pas exploité les informations qui auraient permis d'éviter les tragédies actuelles.

Voici l'essentiel du dossier

Marc Dutroux, ses complices et leurs horreurs ne sont pas sortis du néant, ce jour maudit d'août 1996, lorsque la découverte des corps sans vie de Julie et de Mélissa a suivi le sauvetage in extremis de Sabine et de Laetitia. On le savait déjà : des acteurs du monde judiciaire connaissaient, dès avant l'enlèvement des petites Liégeoises, les éléments qui faisaient de Dutroux et de Martin des suspects de première importance. Ce que l'on découvre aujourd'hui, c'est que l'essentiel des agissements du couple maudit » était parfaitement connu dès la seconde moitié des années 80 et non, comme on le disait jusqu'ici, depuis le début des années 90.

Sous la houlette de trois juges d'instruction, la gendarmerie et la police judiciaire de Charleroi avaient alors mené une enquête serrée qui avait permis de confondre la première « bande Dutroux ».

En 1985 et 1986, cinq jeunes victimes avaient été entendues après avoir subi des sévices identiques - sauf la mise à mort - à ceux infligés aux victimes ultérieures : elles avaient été enlevées, séquestrées, trompées, menacées, violées, filmées. Seule différence par rapport aux tragédies découvertes cet été : à l'heure actuelle, elles sont toujours en vie !

En août 1995, un résumé de cette première affaire, vieille alors de dix ans, était parvenu au parquet de Charleroi. Sans suite. Pas un seul des éléments pourtant très précis que contient ce premier dossier répressif, n'a été exploité dans l'enquête sur les disparitions de Julie et de Mélissa, d'An et d'Eefje... Pourtant, tout était dit dans l'affaire Dutroux-Martin survenue en 1985 : même « modus operandi » pour enlever les enfants, moyens matériels et aménagements comparables pour les séquestrer, mêmes tromperies et mêmes menaces pour soumettre les victimes au joug sexuel du couple. Dix ans plus tard, qu'a fait la justice de ces milliers de devoirs d'enquête ?

Certains acteurs judiciaires connaissaient le contenu intégral du premier dossier Dutroux-Martin, que Le Vif/

L'Express retrace aujourd'hui dans ses grandes lignes. Tout cela suffisait à mesurer l'ampleur des risques à venir. Ils étaient donc parfaitement prévisibles. Pourquoi ceux qui savaient cela n'ont-ils pas donné l'alerte quand ont disparu Elisabeth, Kim et Ken, Loubna, Katrien, Inge, Nathalie, Tanja, Laurence, Sylvie, Liam, Julie et Métissa, An et Eefje... ?

Cette question s'impose en filigrane des informations que nous publions : comment un dossier répressif de première importance, au vu des événements tragiques qui secouent aujourd'hui le pays, est-il accessible à une journaliste alors que des responsables judiciaires prétendent en avoir ignoré le contenu?

Dans l'incroyable embrouillamini qui les divise aujourd'hui, des acteurs du monde judiciaire sont prêts à prendre des risques pour contribuer à la manifestation de la vérité. Dans son entièreté, même si elle dépasse le contenu de l'« enquête sur l'enquête », tel qu'il apparaît dans les rapports Thily et Velu.

II faudra briser, si elle existe, la « loi du silence » qui dispenserait la justice d'analyser ses propres interventions, d'en critiquer les carences, d'y porter remède pour l'avenir et, le cas échéant, de réparer, même imparfaitement, les erreurs du passé.

Il est 7 h 15, ce matin de décembre 1985, lorsque la jeune Anne quitte la maison familiale pour se rendre à l'école à vélo. Arrivée à la moitié du parcours qu'elle emprunte chaque jour, une grosse camionnette de couleur claire s'arrête à sa hauteur et l'empêche de poursuivre son chemin. Aussitôt, la portière latérale droite coulisse. Un homme saisit Anne par derrière, lui passe un bras autour du cou, agrippe son vélo de l'autre main et l'attire dans le véhicule. Elle crie mais la rue est déserte ……(Suite page 44 à 46)

 

 

 

 

 

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