vendredi 29 août 2008

Annie Bouty arrêtée(«Meuse» 6 septembre 1996 p10)


Annie Bouty arrêtée

« La Meuse » du vendredi 6 septembre 1996 page 10

Fouilles dans un immeuble d'Ixelles

Des fouilles importantes ont commencé dans cette maison, située 35, rue du Conseil à Ixelles. C'est la première opération du genre menée à Bruxelles depuis le début de l'affaire Dutroux.
Les enquêteurs s'intéressent surtout à une « anomalie » architecturale de l'immeuble.

Comme on le prévoyait, c'est à Bruxelles que les enquêteurs de Neufchâteau concentrent désormais leurs efforts. L'ex-avocate bruxelloise Annie Bouty, ancienne compagne de Michel Nihou!, a été placée sous mandat d'arrêt ,jeudi après-midi par le juge d'instruction Connerotte.
Appréhendée par la 23e brigade mercredi, vers 17 h, et interrogée une bonne partie de la nuit, elle a été inculpée d'association de malfaiteurs dans le cadre du dossier «pédophilie» (86/96).

Au même moment, une perquisition était menée à Ixelles, rue du Conseil (à deux pas de la maison communale), chez un pédophile de 49 ans arrêté depuis le 1er juillet dans le cadre d'une autre affaire (le viol présumé de quatre mineurs). Cet homme aurait entretenu des relations suivies avec plusieurs membres de la bande à Dutroux.
Annie Bouty avait déjà été interpellée une première fois dans ce dossier à la mi-août, en même temps que Michel Nihoul, mais elle avait été libérée faute de preuves. Elle avait toutefois été «reprise» régulièrement par les enquêteurs.

Mercredi, vers 17 h, elle était interpellée une nouvelle fois par les policiers de la 23e brigade. On sait qu'elle est soupçonnée d'avoir assiste son ancien ami (ils ont vécu ensemble de 1975 à septembre 1982 et ont eu deux enfants, un fils et une fille âgés aujourd'hui de 17 et de 15 ans),
Nihoul étant lui-même soupçonné d'être «l'organisateur commercial» du réseau. Annie Bouty pourrait, notamment, avoir fait usage des téléphones attribués à la petite secte installée notamment dans son immeuble, la « Celestian Church of Christ », pour aider le réseau de son ami et cela en toute discrétion.

Un prête-nom?
On sait aussi que Bouty pourrait avoir servi de prête-nom à Nihoul pour la gestion de certaines sociétés. Dans l'immeuble qu'occupaient Nihoul et Bouty, 99, avenue Henri Jaspar, à Saint Gilles, la police locale a relevé une boîte postale ouverte au nom de la société IMMOCAUD attribuée à Nihoul. Cette société entretenait des relations commerciales avec la Guinée. Cinq autres sociétés, n'appartenant officiellement à personne, pourraient également avoir été utilisées par le couple. Interrogée longuement sur de très nombreux éléments d'enquête recueillis par les policiers, Annie Bouty a fait des aveux partiels. Elle a reconnu sa participation a des infractions «périphériques» du dossier (recel et vol) mais nie avoir participe au réseau en tant que tel.
En milieu de matinée, Annie Bouty a été transférée à Neufchâteau. A 12 h 50, elle entrait, menottée, par l'arrière du palais de justice, à bord d'une Ford Mondeo. Elle était ensuite longuement interrogée par le juge: a 15 h 25, elle ressortait du cabinet de M. Connerotte, inculpée et arrêtée.

Un informaticien au chômage
Au même moment, des fouilles impressionnantes étaient entamées dans une maison située 35, rue du Conseil à Ixelles, les premières à Bruxelles depuis le début de l'affaire Dutroux.
En réalité, tout a commencé mercredi lorsque la chambre du conseil de Bruxelles a reporté sine die l'examen d'un dossier de pédophilie à charge d'un Ixellois de 4 ans, Roland Corvillain. Cet homme, placé sous mandat d'arrêt le 1 juillet dernier par le juge d'instruction bruxellois Guy Laffineur, est accusé d'avoir violenté quatre mineurs d'âge, les enfants de proches du suspect. Interrogé par la brigade judiciaire de la police d' Ixelles, Corvillain, un informaticien au chômage depuis quelques mois, avait reconnu un viol mais niait les trois autres. Il était pourtant formellement reconnu par un deuxième enfant et les deux autres cas étaient dénoncés par un témoin.

Un lien avec Loubna ?

Mercredi, le parquet de Bruxelles s'apprêtait à demander le renvoi en correctionnelle du quadragénaire lorsque, à la demande du parquet de Neufchâteau (qui arguait d'éléments nouveaux), l'affaire fut reportée.
Hier matin, dès 9 h, la rue du Conseil était barrée et les riverains invités à enlever leurs véhicules. En début d'après-midi, des policiers ixellois et des gendarmes bruxellois entamaient les recherches dans l'immeuble, en attendant un collègue de Neufchâteau. Les enquêteurs s'intéressent surtout à une « anomalie » architecturale de l'immeuble: c'est la raison pour la quelle deux camions de la voirie (pour embarquer les débris) sont arrivés sur place vers 13 h.

Dans les heures qui ont suivi, on a vu arriver six chiens, le radar de John Bennett et des marteaux piqueurs. Preuve que les recherches n'allaient pas se limiter a une perquisition, d'ailleurs déjà effectuée en juillet par la police locale, sans résultats. On sait que dans la cave notamment, une dalle de béton qui semble inutile a été repérée.

C'est elle que les enquêteurs attaquaient prioritairement hier. Mais, peu avant 19H, les recherches ont été étendus sur l'ensemble du bâtiment, ainsi qu'au jardin.

Pourquoi Neufchâteau s'intéresse-t-il à Roland Corvillain ? Il semble que quelques années plus tôt M. Corvillain ait été détenu après une condamnation sans rapport avec les faits actuels. Au cours de sa détention,le quadragénaire aurait rencontré à peu près tous les membres de la bande à Dutroux. Et on sait aujourd'hui qu'il avait maintenu ses relations avec les principaux suspects de l'affaire.

On sait aussi que des témoins affirment avoir vu des membres de la bande dans cet immeuble. Coïncidence ? La rue du Conseil est située précisément à côté de la rue Goffart... où devait se rendre la petite Loubna Ben
Aïssa (9 ans à l'époque) pour rejoindre le magasin Match, en août 1992. Une disparition qui n'a toujours pas été résolue.
Mais qui le sera peut-être bientôt: peu avant 20H, hier soir, en effet, le lieutenant Surin, officier de liaison de la gendarmerie, annonçait à la presse qu'un « élément concernant cette disparition a peut-être été retrouvé», rue du Conseil. Il s'agissait d'un vêtement d'enfant, découvert enterré dans le jardin...

Philippe Crêteur

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Le juge Connerotte et le procureur Bourlet sous haute protection

« La Meuse » du vendredi 6 septembre 1996 page 10

De jour en jour, les mesures de protection entourant le juge d'instruction Jean Marc Connerotte et le procureur du Roi de Neufchâteau, Michel Bourlet, sont renforcées.

On se croirait en Italie quand il s'agit de protéger les magistrats traitant de dossiers mafieux. Preuves que les rumeurs selon lesquelles les deux hommes feraient l'objet de menaces sont prises très au sérieux.
On connaissait déjà les Mercedes blindées encadrées de véhicules de la gendarmerie. Jusqu'à mercredi, la surveillance était plutôt discrète aux abords du domicile du juge Connerotte, dans le village de Lacuisine (Florenville): un combi de gendarmerie et quelques membres de l'escadron spécial d'intervention dont deux personnes qui logent dans le salon du magistrat instructeur!

Mais depuis hier, la petite rue où habite le juge a carrément été coupée à la circulation ; hier après-midi, on installait même aux abords de l'habitation des fils barbelés et des chicanes sur la chaussée
Par ailleurs, la fille du magistrat est accompagnée à l'école du village par la gendarmerie, ce qui, dans un premier temps, a inquiété les parents des autres enfants.

Impressionnante aussi, la sortie, mercredi soir, du procureur du Roi, Michel Bourlet qui fait l'objet des mêmes mesures de protection de la gendarmerie de Neufchâteau. Avant que la Mercedes blindée ne quitte l'arrière du bâtiment, deux gendarmes, vêtus de gilets pare-balles, mitraillette au poing, ont examiné les alentours.

Sécurité encore à la prison d'Arlon, ou,, hier, des travaux importants de rénovation de la façade ont été interrompus. L'échafaudage qui avait été installé devra être démonté...


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La caissière du « Gel 2000 » : à joindre au dossier Dutroux ?

« La Meuse » du vendredi 6 septembre 1996 page 10

Marc Dutroux est-il aussi impliqué dans l'assassinat de Laurence Wojtcyk,cette jeune caissière du «Gel 2000» disparue en mars et retrouvée dans le canal à Charleroi, trois mois plus tard ?


Des témoins le prétendent, et il se dit que des gendarmes de Neufchâteau se penchent sur cette affaire depuis plusieurs jours. Laurence Wojtcyk, 25 ans, habitant à Farciennes, était caissière du supermarché de produits surgelés «Gel 2000» à Châtelineau.


Quelques minutes avant la fermeture du magasin, le 16 mars, la jeune femme avait disparu. On avait cru à un braquage qui aurait mal tourné, puisqu'on n'avait pas retrouvé la trace de la caisse du magasin. Des semaines durant, les recher ches n'avaient rien donné, malgré la diffusion par affichettes du portrait de Laurence, et celle d'un portrait-robot d'un homme qui aurait été vu à proximité.

Le 3 juin dernier, un batelier apercevait un corps flottant dans les eaux du canal, à Charleroi, à la limite de Montignies-sur-Sambre. Alerté, l'éclusier de service avait averti les autorités judiciaires qui avaient fait ramener sur le chemin de halage le corps d'une jeune femme qui avait visiblement séjourné plusieurs semaines dans l'eau. L'autopsie pratiquée par le médecin légiste, le docteur Beauthier, n'allait pas tarder à confirmer ce que les proches craignaient: il s'agissait bien du corps de Laurence Wojtczyk, identifiée grâce aux radiographies de sa dentition, mais aussi aux bijoux d'un type particulier et d'origine polonaise qu'elle portait.


La malheureuse avait été victime d'une véritable mise à mort: elle avait les mains liées dans le dos et les pieds entravés, et un bâillon lui avait été attaché sur la bouche.

C'est précisément la présence de ces liens qui aurait, dit-on, attiré l'attention des enquêteurs qui travaillent actuellement sur l'affaire Dutroux. Comme on le sait, les corps d'An et Eefje exhumes mardi rue Daubresse à Jumet avaient été entravés eux aussi.

Faut-il y voir une signature macabre, de la même nature que celle découverte sur le corps de Laurence ?

D'autre part, des témoins auraient reconnu en Dutroux un homme qu'on a vu rôder à plusieurs reprises autour du «Gel 2000» peu avant la disparition de Laurence Wojtczyk. Enfin, on fait valoir que l'endroit où on l'a retrouvée n'est pas très éloigné de la maison du 128, route de Philippeville, à Marcinelle, où habitait Dutroux, et où il a séquestré Sabine et Laetitia.

Reste à savoir quel aurait été le mobile de cet assassinat. Selon de premières informations, on pencherait pour l'hypothèse d'un acte de vengeance, exercée non pas sur la jeune femme, mais en guise de règlement de comptes, vis-à-vis de quelqu'un qu'elle aurait connu.

On en est là actuellement, mais il faut évidemment se garder d'anticiper. D'ailleurs, le dossier relatif à l'assassinat de Laurence Wojtczyk est toujours à l'instruction à Charleroi. Ni le parquet carolorégien, ni le magistrat instructeur, M. Hennuy, n'ont encore reçu de demande de transfert de ce dossier vers Neufchâteau. Mais il va de soi que, dans cette affaire comme dans d'autres, tout ce qui a trait à des disparitions non élucidées ne manque pas de susciter des recherches plus approfondies, à Neufchâteau.

Po MK.
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Un avocat du barreau d’Arlon pour Michèle Martin

« La Meuse » du vendredi 6 septembre 1996 page 10


Me Victor Van Aelst, un des ténors du barreau flamand bruxellois, a été approché mercredi par le bâtonnier de Neufchâteau pour défendre Marc Dutroux. Au nom du principe sacré qui exige que tout inculpé puisse être défendu, Mc Van Aelst, qui s'est illustré dans de nombreux procès d'assises et qui bien sûr est parfait bilingue, était prêt à assister le monstre de Sars la Buissière, mais il réservait sa réponse, car il devait se concerter avec son épouse et ses enfants.

Hier, Me Van Aelst a refusé «pour des raisons familiales » de défendre Dutroux. Comme Me Didier de Quevy. ancien avocat du pédophile, l'avait fait avant lui et pour les mêmes raisons. Toutefois, il se disait hier à Neufchâteau qu'un avocat du barreau local serait prêt à assurer la défense de Dutroux ; il l'aurait même rencontré hier à la prison d'Arlon.

Quant à Michèle Martin, elle a trouvé un avocat du barreau d'Arlon, M: Philippe Darge, un habitué des cours d'assises en province de Luxembourg. Contacté hier, celui-ci nous a déclaré à propos de sa cliente: «Il semble qu'elle ne réalise pas grès bien tout ce qui se passe.»


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