lundi 7 juillet 2008

Nos lecteurs réagissent(CinéTéléRevue jeudi 22août1996'P2)


Nos lecteurs réagissent

« Ciné Télé Revue » du jeudi 22 août 1996 (P2)

ADIEU JULIE ET MELISSA

Un sentiment d'horreur et d'effroi m'envahit en pensant au sort de Julie et de Melissa. Pour moi, ce genre de fait relevait de la fiction, de films du genre « Ça s'est passé près de chez vous ». Cette fois, c'est arrivé près de chez moi. Aucun châtiment ne pourra punir un tel acte. Pas même la mort. Il faut ouvrir les yeux des gens, en premier lieu ceux des ministres, les vrais responsables de ce drame. Et si on s'en était pris à leurs propres enfants ? Il est déjà trop tard, mais des mesures adéquates et sévères peuvent encore être envisagées.
F.G.,Liège.

Grand-mère de trois petits-enfants,je suis très affectée par la souffrance et la disparition de Julie et de Melissa. Je n'ai plus de coeur ! En passant samedi soir sous le fameux pont de l'autoroute, j'ai senti ma gorge se nouer. Les affiches sont passées, mais la douleur, elle, est toujours aussi intense. D'autant plus que l'on va de révélations en révélations. On sait leur mort, maintenant, mais aussi leur martyre. Et nous, nous sommes impuissants. Au XXe siècle, c'est honteux !
D. L., Crisnée

Institutrice maternelle, j'aime par dessus tout les enfants. Ils sont notre espoir d'un monde meilleur. Des adultes, nous ne pouvons apparemment plus rien espérer. Il y a ceux qui commettent des actes odieux impunément, et ceux qui tolèrent cela. Je ne suis pas pour la peine de mort : ce serait encore un châtiment trop doux pour les coupables d'actes irréparables. Face à ce genre d'individu, je sens monter en moi une haine irrépressible.
Dutroux et ses acolytes me dégoûtent. Comment sa femme,mère de famille et institutrice, a-t-elle pu prendre part à ce carnage ? Faute de lois valables et de ministres compétents, ne faudrait-il pas mieux faire appel à la loi du talion : oeil pour oeil, dent pour dent ?
Que diriez-vous d'un bol de nic-nac à déguster pieds et poings liés ?
A.M., Bruxelles.

M. Wathelet, dans l'usine où je travaille, on en a déjà licencié pour moins que cela. Vous avez commis une faute grave dans l'exécution de votre tâche. Au nom de quoi libère t-on des violeurs d'enfants, prêts à céder tôt ou tard à leurs pulsions ?
J'ai déjà signé la pétition pour l'incompressibilité des peines, mais s'il en circulait une contre les ministres incompétents, je le ferais aussi. Chaque jour, je constate des injustices, mais cette fois, c'en est trop.
R.H., Trivières.

Nous avions fait la connaissance de Julie et de Melissa par l'intermédiaire du petit écran. Nous retrouvions souvent leur sourire sur des affiches, au détour d'un carrefour, ou sur une voiture qui nous précédait. Chaque jour, nous avions une pensée pour elles. Chaque jour, nous espérions la bonne nouvelle, comme des milliers de gens. Hélas, unies dans l'amitié, unies dans l'enlèvement, nous avons appris que même la mort ne les a pas séparées.
Aujourd'hui, des milliers de gens qui, comme nous, avaient encore de l'espoir serrent les poings et ne peuvent retenir leur chagrin. Selon les convictions de chacun, on ne peut que souhaiter que, quelque part là-haut, il existe un havre de paix et de bonheur pour ces deux enfants.
Pour nous, chaque soir, il y aura dans le ciel deux petites étoiles en plus.

Nos pensées vont en ce moment aux parents : leur courage et leur ténacité ont ému un pays dont la justice ne mérite pas ses enfants.
Adieu, Julie. Adieu, Melissa.
Jacques FASTENAEKELS, Waterloo

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